‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 67 sur 298 · Composé intégral · texte numérisé non relu

Composé intégral

lis ne sauront répondre mot sur toutes ces questions qu'aucun d'entre eux n'a abordées. Que penser, après cela, de leur prétention à régler l'enseignement de l'Harmonie , quand ils ne savent pas même analyser génériquement et spécialement les caractères de la 3®. phase de Civilisation où ils se trouvent embourbés?

Nous disserterons, quand il en sera temps, sur ce tableau et sur les caractères spéciaux de chaque phase. Il

est évident que la Civilisation tend à la 4^. Son fatras de théories commerciales dénote une caducité imminente , une chute prochaine en féodalité mercantile ou ferme générale du commerce, fédération des publicains avec la caste nobiliaire , et partage légal de prérogatives entre ces deux castes déjà liguées de fait.

Lorsqu'on voit la Civilisation s'enorgueillir de cette décadence , de cette chute en phase caduque , on peut la comparer à une femme qui vanterait ses appas de 60 ans; chacun lui répondrait : vous valiez mieux à 30. Il en est de même de la Civilisation qui se détériore en croyant se perfectionner, et qui ne trouverait bientôt dans ses progrès industriels qu'une nouvelle source de commotions et de turpitudes politiques. Le commerce y tend à un partage de puissance avec les gouvernements , dont les opérations sont déjà soumises à la sanction et au veto des agioteurs. Les rêveurs d'équilibre ont cru voir dans cette monstruosité un contre-poids politique, ce n'est qu'une collusion contre l'agriculture. Les ligues d'empiétement ne sont pas des conlre-poids sociaux; les contre-poids doivent être véridiques et d'action double ou composée, comme la monnaie, où l'influence composée du change et de l'orfèvrerie oblige le ministère à soutenir les titres de|fin, sauf le seigneuriage convenu.

On ne trouve pas cet équilibre dans le commerce : il n'est , au contraire, qu'un abîme de fourberie, de rapines et d'anarchie ; un Minotaure industriel qu'il faudrait contenir par des contre-poids. Au lieu d'aviser à y porter remède , notre siècle s'est engoué de toutes ses infamies, sous prétexte qu'il faut du commerce.

Il en faudra dix fois plus dès le début de l'Association , où le produit sera triple et la masse des ventes décuple,

parce que le besoin des productions extérieures s'étendra à toute la classe populaire dans les diverses zones. Mais quel que soit l'essor du uiécanisme commercial , il ne doit pas s'exercer en mode mensonger.

Précisons bien la thèse : le Commerce mensonger est un fonctionnaire qui produit un et grivèle dix , par l'effet des vices indiqués au chapitre 9^. suivant. C'est un valet dont le service produit cetit éciis, et dont les voleries enlèvent mille écus.

Son premier larcin est d'employer cent agents là où il suffirait de dix en mode véridique. C'est neutraliser quatre-vingt-dix individus par un travail parasite, comparaticement an régime de vérité sociétaire.

Celte hypothèse de mode véridique était le problème à résoudre. On devait donc astreindre les sciences à une perquisition forcée sur le mode commercial véridique.

Et sans qu'il fût besoin de recourir à celte sommation, l'honneur ne faisait-il pas une loi aux savants de dénoncer le commerce, qu'il faut éviter de confondre avec les manufactures? ne devait-on pas proposer contre ses vices, des correctifs dont la seule recherche aurait amené de très-heureux résultats ?

Conformément au 4®. principe des Philosophes, procéder par analyse et synthèse , la science dite Economisme devait donner une analyse exacte des caractères du commerce; elle ne l'a sans doute pas osé, car le tableau (218) n'eût pas été flatteur pour le veau d'or; c'est une omission que je réparerai dans cet ouvrage ; et comme rien n'est plus important que de désabuser l'administration , l'agriculture et les manufactures , des sophismes qui excusent toutes les extorsions mercantiles , je vais , dans lechap. O®., préluder à celte analyse du commerce.

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