‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 71 sur 298 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II. 224f · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II. 224f

dont on n'a jamais analysé ni les trois modes, ni les sept caractères et leurs pivots ; et pourtant , que de volumes sur la liberté, avant d'avoir fait dans cette étude le premier pas exigé selon la Philosophie même, qui veut qu'on procède par analyse et synthèse !

Tel devait être le premier travail des modernes lorsqu'ils commencèrent à s'occuper du commerce ; puis après cette dissection analytique du monstre , leur tâche était de procéder à la contre-synthèse, c'est-à-dire à la construction d'un mécanisme commercial qui présentât une garantie d'extirpation des 36 caractères du commerce mensonger, nommé concurrence individuelle, au tableau (218) des 7 méthodes radicales.

L'étude réguhère du commerce aurait donc conduit , comme celle de la liberté, à reconnaître qu'il faudrait des garanties de toute espèce, dont on est dépourvu dans toutes les branches du mécanisme civihsé. En constatant ce besoin, on en aurait conclu à la recherche et l'invention d'un système de garanties générales , qui est la 6^. période. C'était là le point où il fallait amener l'esprit humain; on devait le convaincre que la Civilisation n'est nullement le but où il tend, puisqu'il invoque partout les garanties qu'elle ne saurait donner.

L'analyse du commerce aurait conduit aussi à spéculer sur l'extension des germes sociétaires (199) qu'on voit s'y développer par instinct économique des marchands. Un travail sur le développement de ces germes , pouvait amener des découvertes en association graduée ou 7^. période. Ainsi une étude méthodique du commerce pouvait nous ouvrir plusieurs carrières de progrès social (142).

Non-seulement on n'a acquis sur celte matière aucune

connaissance exacte, ainsi que je viens de le prouver par les deux tables des méthodes et des caractères qui auraient dû être le premier pas des analystes ; loin de tendre aux notions fixes, on a obscurci le sujet au point de confondre le commerce avec les fabriques dont il est l'ennemi, et de subordonner les fabriques aux intérêts quelconques du commerce. On vient de le voir au sujet d'une polémique de feuilleton : l'erreur de théorie qui fut commise dans ce petit débat , se reproduit tous les jours dans de graves circonstances , où l'on sacrifie systématiquement les manufactures aux machinations de l'agiotage et aux bévues des sophistes.

Tant que chacun s'accorde à prôner un vice, personne ne songe à en chercher l'antidote , et de là vient que notre siècle n'a pas pensé à tenter une réforme du système commercial mensonger : il ne s'est occupé qu'à harceler l'Administration et la Religion, tandis que le remède au mal était dans la réforme de ce Commerce qu'on a su étayer du respect des princes mêmes : il est pourtant leur ennemi capital, en les poussant aux emprunts fiscaux, germes de révolution. Il est pour eux ce qu'est l'usurier pour le fils de famille.

La Providence, qui a prévu que nos efforts de restauration seraient inutiles s'ils portaient ombrage aux autorités, a dû placer les moyens d'issue de Civilisation dans des entreprises qui ne heurtassent aucune autorité; entre autres, dans la réforme des fourberies commerciales, dont les auteurs sont à juste titre haïs de tout le monde.

Cette classe aujourd'hui déifiée par convenance politique, a été longtemps ridiculisée comme elle le méritait ; mais à la fin, le poids de l'or a emporté la balance , et les philosophes ont cru, en flagornant le trafic mensonger,

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