PREMIÈRE PARTIE. TRANS-HÉDIANTE
esl Tefiet des courtes se'ances des Séries Passionnelles , soit en fêtes , soit en travauX' Dans un repas d^une heure de durce , l'avidité est ralentie -, la gloutonnerie est pre'venue par une conversation piquante , vivement intriguée, et qui fait distraction à Tappélit, sans le modérer par raison. L'heure écoulée, d'autres plaisirs entraînent et font déserter la table , d'où l'on sort sans excès , malgré la délicatesse de la chère. C'est ainsi que cinq repas chaque jour , deviennent gages de vigueur pour un harmonien, tandis que deux repas énervent le civilisé qui en fait abus faute d'exercice composé.
L'accroissement de la vigueur dépend donc d'un conlre-poida qui en modère l'essor au travail et au plaisir , qui fasse diversion opportune par un plaisir contrasté et mis en balance. La Civilisation sait rêver ce bien ; mais il est propriété de l'ordre sériaire , et non de l'ordre incohérent, où l'exercice des travaux et des plaisirs est toujours en mode simple, provocateur des excès , minant la santé, ne fût-ce que par ennui , et empêchant dès l'enfance , les corps de s'élever à la vigueur.
3°. Langévité simple : nous demandons à Dieu une longue existence qui, aux approches de la mort, doit nous causer des regrets en raison de notre fortune. Ce contre-temps serait encore plus sensible au début de l'Harmonie: tt Voilà, dirait la vieillesse, un bonheur immense dont nous n'aurons pas joui ^ nous en verrons l'aurore sans y prendre part: nous sommes cassés , inhabiles au plaisir : ce nouvel ordre, tout en assurant la vigueur à ses élèves natifs, ne nous rendra pas nos sens de 20 ans. jSous sommes nés un siècle trop tôt; nous touchons au terme*, il faudrait renaître pour jouir de tant de biens , et personne ne revient de l'autre monde, n
Est-il certain que personne n'en revienne ! ! ! ! ! Si cela était, l'extrême bonheur des barmoniens en ce monde, serait pour eux un gage de malheur idéal , dès qu'ils avanceraient en âge. Las tableaux qu'on nous fait de l'autre vie, excluant l'essor des principales passions sensilives et affectives , formeraient un parallèle effrayant avec * les jouissances dont l'harmonie va combler les habitants de ce monde. Chacun préférerait la Métempsycose où Immortalité composée^ à une immortalité simple qui nous exilerait à jamais de celte terre devenue un séjour de délices : chacun souhaiterait de renaître sur la terre avec le corps d'un Alcibiade ou d'une Aspasie.
Ainsi les deux premiers souhaits , désirs de richesse composée et de vigueur composée, ne peuvent se réaliser sans entraîner le Iroi—
sièmc , la lougévitû composée ou immortalité eu alUraat dans Tun et l'autre monde : encore ce souhait implique-t-il la garantie d^un bonheur supérieur dans l'autre vie à celui dont on jouira dans celleci; à défaut de quoi la mort deviendrait un sujet d'alarme»
Si l'ordre sociétaire peut remplir ces trois souhaits, il aura par le fait réalisé le pivotai ^ la sagesse composée ^ qui n'est que l'accomplissement simultané des trois autres.
Ceci ramène en scène le problème de la métempsycose, effleuré parles anciens, qui l'ont souillé de mille fables absurdes, notamment les Bramines qui envoient l'âme d'un homme dans le corps d'uu moucheron. Les Pythagoriciens se bornant à rhypolhèse des transmigrations humaines , avilissaient encore le dogme par des jongleries, par de prétendus souvenirs impossibles en cette vie; ce n'est que dans l'autre qu'on a souvenir des diflérentes existences qu'on a eues sur la terre.
Ce qu'il y a déji de certain sur la métempsycose, c'est que tout le monde en a le désir ; tout moribond , riche et libre , voudrait revivre dans un corps bien robuste , et retrouver sa fortune au retour eu ce monde : l'esclave et l'indigent souscriraient d'autant mieux à renaître avec un beau corps, l'indépendance et la fortune: on les verrait tous, à cette condition, opter de grand cœur pour une nouvelle vie sur la terre, et différer d'un siècle l'avènement au bonheur de l'autre monde.
INous partirons de cet effet d'attraction bien incontestable, pour établir le théorème des attractions proportionnelles aux destinées j principe que je déduirai de la 3°. notice , et dont la violation supposerait Dieu contradictoire avec lui-même. Ce sera le premier théorème à établir pour traiter de la métempsycose ou immortalité composée.
Mais déjà que de questions sur ce sujet, que d'impatience! J'en ai vu l'effet chaque fois que j'ai touché cette corde; on en plaisante au premier abord; puis, après quelques débats, la curiosité succède au sarcasme; chacun voudrait se voir convaincu d'erreur , surtout au • moment où on apprend que le monde va passer au bonheur : l'espoir d'y renaître devient aussi consolant qu'il aurait été désolaut dans l'état actuel, où la perspective de revivre dans le corps d'un esclave d'Alger, ferait de la métempsycose un épouvantail pour toute la classe opulente.
Aussi Dieu a-t-il voulu que la théorie qui nous démontre la me-