‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 91 sur 298 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III. 25S · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III. 25S

core mieux les fournisseurs d'huile et coparlageants, qui étaient les seuls réjouis de ce fatras de lampions payé par cent mille paysans à 5 fr. par homme. Le villageois donnerait cet argent avec joie, si quelque puissance investie de la prérogative divine, lui imprimait attraction pour le paiement des impôts; il les paierait avec autant d'empressement qu'en met une mère à vaquer aux soins immondes mais attrayants qu'exige son nourrisson.

Ces considérations qui n'ont pas pu échapper à la sagesse divine, ont dû la déterminer à nous donner un code quelconque, étayé du ressort d'attraction passionnelle. Ces mêmes considérations devaient stimuler les hommes à rechercher si ce code divin, qui régirait tout par attraction, n'est pas existant et ignoré par suite des méthodes vicieuses de la science, ou par ou'uli d'investigation. Il fallait donc mettre en question, par quelles voies on pouvait procéder à la recherche et atteindre à la découverte de ce code. On verra, au chapitre suivant, que Dieu serait tombé dans un océan d'absurdités, s'il eût manqué à le composer.

Au lieu de s'occuper de cette recherche, îes hommes fabriquent à l'envi des constitutions qui ont beaucoup pullulé depuis 50 ans : la philosophie les enfante par torrents. Gomment se fait-il qu'en voyant l'insuflisance de ces fantômes de garantie contre les fléaux connus. Indigence , Fourberie , Oppression , Carnage , aucun homme n'ait songé à mettre en question si Dieu n'avait pas pourvu à nos besoins en législation sociale, et composé pour nous un code propre à nous conduire aux divers buts où les nôtres ne sauraient atteindre ; aux richesses, à l'harmonie, à la justice, à la pratique de Térilé, à la garantie de travail et de minimum; enfin à-

l'unité sociale, bat essentiel de la législation divine et rêve de la poëtique humaine ?

Si nous en étions au coup d'essai, aux premiers âges de Civilisation, nous serions peut-être excusables de fonder quelque espoir de bien social sur nos propres lumières, sur la législation des hommes sans intervention de code divin : mais nous sommes amplement désabusés par une longue expérience; nous n'avons évidemment rien de bon à espérer de nos quatre sciences, Métaphysique, Morale, Politique, Economisme. Vingt-cinq siècles d'épreuves de leurs systèmes ont prouvé que ces fantômes de garantie sont autant de cercles vicieux qui, loin de remplir aucune de leurs promesses, font éclore de nouvelles calamités, comme les affiliations clubiques, dénonciations, emprunts forcés, droits réunis, réquisitions, conscriptions, émissions de rentes et de papier-monnaie, et tant d'autres perfectibilités révolutionnaires qui aggravent tous les fléaux que la science promettait d'extirper. Quels sont les fruits de la plus vantée de ces constitutions, de celle d'Angleterre, où la capitale contient 11 5000 mendiants, vagabonds, filoux et gens sans aveu? Un secours annuel de loO millions aux indigents, n'empêche pas que le pays ne fourmille d'ouvriers sans pain, sans travail, émigrant par milliers.

Si tel est le sort de la contrée qui soumet à une dîme commerciale toutes les régions du globe, quel doit être le sort des régions pressurées pour enrichir l'Angleterre où règne tant de misère? Combien l'aspect de ces résultats devait nous inspirer de défiance pour les lumières et chartes des philosophes et des conquérants, nous exciter à la recherche du code divin et d'une issue de la désastreuse Civilisation !

Page 1