‹ Œuvres complètes (volume 5)Chapitre 90 sur 298 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III

Lorsqu'une théorie découverte après 2500 ans d'inadvertance nous transmet cette révélation, nous initie à la connaissance du code social divin et du mode de relations qu'il assigne à notre industrie, qu'avons-nous à faire, sinon de rougir de nos fausses lumières , et d'essayer sur une bourgade ce code, qui ne sera repoussé que des sophistes confus de voir dans cette découverte l'arrêt de mort de leurs sciences désastreuses ?

On n'aurait pas douté un seul instant de l'existence de ce code , si on eût observé combien il est aisé à Dieu de nous accorder cette faveur. En effet, pour nous délivrer du fléau des fausses lumières, pour nous donner un code propre à harmoniser nos relations domestiques , industrielles et sociales, qu'en coûte-t-il à Dieu? RIEN : oui, rien du tout. Il n'a pas même besoin de génie, dont sans doute il est bien pourvu; il lui suffit de vouloir.

D'après sa propriété exclusive d'imprimer attraction , le plus mauvais code composé par Dieu et étayé d'attraction, se soutiendrait de lui-même, ainsi que je l'ai observé 246, et s'étendrait à tout le genre humain par l'appât du plaisir; tandis que le meilleur code social composé par les hommes, ayant besoin d'être étayé de contrainte et de supplices, devient une source de discordes et de malheurs, par la seule absence d'attraction pouf l'exécution des lois : aussi, toutes les constitutions des hommes s'écrouleraienl-elles à l'instant, si on cessait de les soutenir de sbires et de gibets.

On peut de là tirer la singulière conclusion, que notre bonheur ne peut naître que des lois divines , lors même que Dieu serait moins habile en législation que les philosophes. Que sera-ce donc si Dieu est leur égal en génie , ce qu'on peut présumer sans leur faire injure? Son code

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ne fùl-il que l'égal des leurs en sagesse, aura toujours un titre de supériorité inappréciable, en ce qu'il sera soutenu de l'Attraction, seul gage de bonheur pour ceux qui obéissent. L'homme est plus heureux d'obéir à une maîtresse que de commander à un esclave : ce n'est donc pas de la liberté que naît le contentement, mais de la convenance d'une fonction avec les goûts de celui qui l'exerce.

Ainsi Dieu serait assuré de faire notre bonheur par un code attractionnel , fût-il inférieur en sagesse aux lois des hommes: et d'autre part, Dieu est assuré de nous voir tomber dans le malheur sous tous les codes venant de la raison humaine, par cela seul qu'ils ne seront pas attractionjiels , et que le législateur /iOtiiinal n'a pas la faculté d'inspirer attraction pour ses percepteurs, garnisaires, sbires, conscriptions et autres perfectibilités perfectibles des constitutions civilisées.

Un législateur homme peut bien nous exciter à aimer ses lois, nous faire avouer, le sabre à la main, que nous les aimons ; mais il ne peut pas nous en inspirer l'amour, à moins de nous donner part aux sinécures, pensions et gages d'oisiveté qui ne sont que pour un très-petit nombre d'élus ; tandis que l'Attraction , une fois attachée par Dieu à l'exécution d'un code, le rendrait aimable à tout le monde.

En vain des moralistes comme Saint-Lambert dirontils aux pauvres : € Payez les impôts avec joie; c'est le mieux employé de l'argent que vous dépensez. » Le paysan ne goûte point ces préceptes , et éprouve au contraire un profond dépit en livrant cet argent au gouvernement : celui-ci l'emploiera comme fit un ministre de 4 799 , à faire en un seul jour une dépense de oOO.OOO fr. de lampions, pour amuser la populace de Paris, et en.-

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