PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III
nous doit beaucoup , puisqu'il peut beaucoup. En voyant le rafïinement qui règne chez les grands, quelle opinion concevrions-nous d'un Dieu qui, ayant inventé tant de variétés pour les plaisirs du riche , n'aurait rien fait pour le pauvre ; n'aurait pas avisé à établir, par un bon système social , une distribution progressive des moyens de jouissance, une gradation telle, que si le riche a de quoi servir cent mets sur sa table et posséder vingt équipages, le pauvre ait au moins le minimum proportionnel, comme serait une table copieusement servie , une bonne voiture en voyage, etc.?
Des Sophistes répondront que Dieu nous réserve le bonheur en l'autre monde, et qu'à ce titre il est dispensé de nous le donner en celui-ci : c'est prétendre qu'il existe des lacunes dans sa providence; qu'elle n'embrasse pas l'universalité du mouvement; qu'au lieu d'être composée, elle n'est que simple, en limitant à une seule vie le bonheur qui doit s'étendre à l'une et à l'autre. Ces Sophistes ne produisant aucun détail certain sur les fonctions de nos âmes dans l'autre vie dont je traiterai plus loin, ils donnent lieu de soupçonner, selon l'unité et l'analogie, qu'elle est malheureuse comme celle-ci. Cependant la puissance du Père commun étant infinie en ce monde comme en l'autre , il nous doit un bonheur infini dans la vie présente comme dans la vie future.
La théorie de l'Attraction passionnelle va démontrer qu'il a rempli ce double devoir, et qu'outre les biens qu'il nous a préparés sous le régime d'harmonie sociétaire auquel le globe va passer, il nous garantit encore les biens de l'autre vie dont nous n'avions jusqu'à présent que des indices. On ne pouvait en acquérir la preuve détaillée que par la théorie intégrale du mouvement, ou théorie unitaire
des cinq branches dont nos sciences, au bout de 3,000 ans, n'ont su expliquer que la moins importante , la matérielle, connue depuis Newton, et dont l'étude ne conduit pas à expliquer les autres branches.
Laissant à part ces questions transcendantes, bornonsnous à raisonner sur les devoirs de Dieu relativement à notre destination temporelle , qu'il a dû régler par un code social antérieur à la création des hommes. Examinons jusqu'à quel point il se serait compromis s'il n'eût pas rempli ce devoir : établissons son accusation simulée, pour le cas où il n'aurait pas composé un code de relations industrielles, révélé par synthèse de l'Attraction, et coordonné aux mathématiques.
Le côté intéressant du tableau qui va suivre, est que tous les griefs articulés ici, au nombre de 16, griefs disséminés dans les précédents chapitres , d'où je les récapitule , retombent à la charge de la raison humaine , si on peut prouver que ce n'est pas Dieu qui a négligé de composer pour les hommes un code social unitaire , mais que c'est la raison humaine qui a refusé obstinément d'en faire la recherche-
Tablead des Chefs d'accusation à produire contre Dieu,
dans l'hypothèse de lacune d'un code social divin.
Nota. Rappelons ici la note (148) sur les redites nécessaires : elles sont , dans tout le cours de cette notice , obligées rigoureusement , puisqu'il s'agit de lever la cataracte à l'esprit humain, sur la plus importante question dont il puisse s'occuper, celle de l'existence du code passionnel.
A Dieu est imprévoyant, limité en providence et en lumières, si, après l'expérience qu'il a dû acquérir pendant une éternité passée à créer et gouverner des mondes, il n'a pas prévu le besoin qu'auraient leurs habitants,