CHAPITRE PREMIER
Des trois Ordres de Basse Enfance.
J'ai désigné vaguement (III, 440), sous le nom de bambins et poupons, toute la classe au-dessous de l'Harmonie active, tout ce qui n'a pas atteint 4 ans 1/2. Maintenant qu'il s'agit de décrire le système de leur éducation, nous aurons besoin de désignations plus détaillées.
Je ne comprends dans la basse enfance , que ce qui est au-dessous de 4 ans 1/2. Si un enfant atteignait 5 ans sans remplir les conditions exigées pour être admis à la tribu des chérubins, il serait considéré comme idiot, ou du moins être subalterne. On le rangerait dans les complémentaires ou tribus accessoires, C (111,440), composées des caractères et personnages les moins actifs de corps ou d'esprit : il s'en trouve nécessairement quelques-uns que l'Evangile a consolés d'avance , dans le verset Beati pauperes spiritu.
La basse enfance est divisée en trois catégories ; Savoir: -< 1. Les Nourrissons, âge's de 0 à 18 mois, S. T. 3 2. Les Poupons, âgés de 18 a 56 mois, S. T. K 3. Les Bambins, âges de 36 à 54 mois , T, Ces derniers sont les seuls qui commencent à fréquenter comme sectaires les ateliers et réunions industrielles. On y Yoit bien quelques poupons de 30 à 33 mois, mais qui n'ont pas rang de néophytes admis. De là vient que j'ai
donné aux ordres 1 et 2 le nom de sous-tribu, S. T. Les bambins sont une tribu, T.
>'ous trouverons même subdivision dans l'autre classe extrême, qui est celle des vieillards, des infirmes et des malades ;
Malades > , Infirmes > , Patriarches \[.
Les patriarches forment une tribu n°. 16, oppose en deçré a celle des bambins n°. i. Les malades et infirmes équivalent a des sous-tribus inactives, comme les poupons et nourrissons. 11 y a dans toutes les distributions barmoniennes correspondance exacte, mais sans égalité.
Chacun des trois ordres de bambins , poupons ou nourrissons, doit se subdiviser en trois genres, qui sont trèsdistincts dans les Séristéres , fonctions et salles : par exemple, quant aux ûges, on peut classer comme il suit et inégalement , par î> , G et 7 mois.
Les Sous-Bambins, Agés de 3G à U mois, 5 m. Les Mi-Bambins, âgés de il à 17 mois, 0 m. Les Sur-Bambins, âgés d 17 à 54 mois, 7 m.
Si l'architecte et les fondateurs d'un canton d'épreuve négligeaient de spéculer sur toutes ces graduationd'échelonner de même les dimensions de leurs salles , il arriverait que les Séristéres seraient faussés , inconvenants; que l'Attraction ne pourrait pas se développer . i I qu'il faudrait employer la science des Algériens et des Philosophes, la contrainte. On ne fera une bonne épreuve
d'Harmonie qu'autan! qu'on aura bien calculé toutes les graduations matérielles et passionnelles qu'établit la nature. Etudions-les donc sur l'enfance , où elles sont plu» faciles à analyser que sur l'âge mûr.
Outre ces classements d'âges, nous aurons a indiquer
des classements de facultés dont on parlera au chapitre
suivant. Commençons à bien subdiviser les trois ordres ou catégories de bambins, poupons et nourrissons, afin de prévoir et prévenir les erreurs qu'on pourrait commettre dans la construction de leurs Séristères. Tout serait manqué en Harmonie, si on manquait l'éducation, soit en matériel, soit en passionnel.
Au contraire , le mécanisme marchera sans peine et les difficultés seront aisément surmontées , si on distribue avec intelligence tout ce qui touche aux relations des six tribus de l'enfance. Elles ont la plus forte influence en Attraction industrielle ; et sur ce point la hiérarchie sexuelle s'établira en sens inverse de la force physique , c'est-à-dire ,
Que le sexe masculin qui est le plus fort est au dernier rang d'influence en Attraction industrielle. Les enfants tiennent le premier rang sous ce rapport. Les femmes viennent en 2e. ligne, et ensuite les hommes.
Je place les hommes au 3e. rang , parce que l'Attraction par contraste avec la violence doit opérer du faible au fort. L'état de choses qui produira Attraction industrielle, entraînera les enfants plus activement que les pères et mères, et les femmes plus vivement que les hommes; de sorte que ce seront les enfants qui, dans l'ordre sociétaire, donneront la principale impulsion au travail. Après eux, ce seront les femmes qui entraîneront les hommes à l'industrie.
On voit par ces aperçus, combien il importera, clans la Phalange d'essai, d'apporter le plus grand soin à l'organisation des enfants , à la distribution opportune de leurs Séristères, à l'assortiment proportionnel des nombres et des âges.
Si les règles d'Attraction et l'échelle progressive sont bien observées, on verra dans la 4re. Phalange, au bout
16 \>SOClUlo> COMPOSÉE.
de trois mois, l'enfant de i ans se montrer en état de pleine liberté , plus prudent et plus expert que n'est chez nous l'homme de 30 et iO ans. En Harmonie, un bambin de i aii^, fùt-il fils d'un monarque, sait gagner sa vie à plusieurs métiers, exercer proportionnément tous membres , s'assurer en tout point le rapide progrés de rigueur el le plein développement de facultés corporelles el spirituelles; enfin, subordonner toutes ses actions aux convenances d'intérêt général.
Combien nos méthodes, en fait d'éducation. son! loin d'un pareil résultat î Quel est parmi leurs élèves de l'i ans et même de 30, celui qui pourrait faire preuve de celte perfection, qu'on trouve en Harmonie chez tout bambin de i ans.
J'insiste sur ces aperçus, pour intéresser le lecteur à la méthode qui va être décrite, et qui réalisera en éducation tout l'ensemble des biens dont on ose à peine aujourd'hui rêver quelques détails sans pouvoir en réaliser aucun . sans savoir former autre chose que des légions de fi Vandales*, qui dans leur enfance épient toutes les isions de détruire au lieu de produire, et qui. par- \t'[iu> a l'adolescence , iront sous l'égide de la morale -''•r miser en légions de fronde Vandales , pillant , ?iolant , brûlant , massacrant, pour l'équilibre des saints doctrines du commerce, et la perfectibilité des absti lions métaphysiques.
I eb lonl les fruits d'un ordre social où l'éducation ne
tend qui étouffer l'Attraction, travestir la nature et 1rs
caractères. Noua allons eoseigoei A opérer en sein i traire, a défelopper l'Attraction. Si elle esl i igemeol distribuée par Dieu, alk doit entratoer l'enfant à l'industrie
productive, puisque Dieu noua donne laricl >ur
premier foyer d'Attraction. Or, dans la solution de cet étrange problème , de cet art d'attirer l'enfant libre à l'industrie , on doit s'attendre à des moyens bien différents de ceux inventés par nos sciences morales et politiques , habiles à former des Tibères et des Nérons, ou tout au plus des oisifs.
Parmi ces moyens que je détaillerai au chapitre suivant , envisageons dés à présent le principal ; l'émulation naturelle ou progressive, dont on n'a aucune idée en civilisation ; elle tient aux dispositions matérielles du nouvel ordre; elle ne peut donc pas naître dans l'état actuel.
Je n'en cite que le principal ressort, l'aspect des tribus chérubiques n°. 2, et séraphiques n°. 3 : elles sont le point de mire de la basse enfance. Un enfant n'admire que ce qui est à sa portée ; [un lutin,] un bambin, voit ces chœurs de chérubins et chérubines , hauts et puissants seigneurs de 4 1/2 à 6 ans 1/2 , portant déjà de grands panaches d'autruche , et figurant dans les manœuvres de la grande parade. Cet aspect est pour le bambin, ce qu'étaient les trophées de Miltiade pour Thémistocle, à qui ils faisaient perdre le sommeil.
Dans l'espoir de parvenir bientôt au rang de chérubin, il fera cent prouesses industrielles; mais il ne voudra pas même planter un chou si c'est pas ordre du père ou du précepteur. Les conseils les plus sages n'auront sur lui aucune influence : en vain le précepteur lui représenterat-il que nos idées naissent des perceptions de sensation pour le bien du commerce ; tout ce jargon scolastique ne servira qu'à désorienter l'enfant et le rebuter de l'industrie; il a besoin d'un enthousiasme qu'on ne sait pas lui créer , et qui ne pourrait naître que de l'aspect des tro-
phëes de Miltiade , ou trophées des chœurs des chérubins <'t chérubines.
A défaut de ce véhicule, on cherche a lui en créer d'autres dans des affections imaginaires, dans la piété filiale , dans l'amour de la simple nature et de la morale douce et pure ; fadaises dogmatiques! L'enfant civilisé manque du seul ressort qui puisse l'entraîner au bien, c'est l'aspect des tribus chérubiques et séraphiques déjà trèshabiles en industrie. Elles sont les seuls modèles qui plaisent à l'enfant. L'intervention des pères et des pédants ne fera de lui qu'un petit rebelle , un hypocrite feignant de la soumission , et brûlant d'impatience d'aller , avec ses pareils , tout briser , tout saccager , dès que le pédant se sera éloigné.
Sur ce, nos habiles analystes s'écrient : Les enfants sont de petits diables : eh non ! ce sont les pères qui sont de grands sots, de n'avoir pas su inventer le régime d'éducation atlra vante ou sociétaire, qui [en Harmonie] est déjà terminée avantquc celle descivilisés ne puisse commencer.
En effet, on ne peut guère entreprendre avant r*àge de .'i ans l'éducation d'un enfant civilisé ; et dans l'état sociétaire, il a dès l'Age de A ans 1^2 reçu en plein la première éducation dite antérieure, au moyen de laquelle il peut déjà voler de ses propres ailes, l'entremettre dans vingt travaux utiles, y gagner plus qu'il ne dépense, y formel son corps à la vigueur, son esprit à l'unité sociale, à la pratique de la vérité : combien ces résultais sont i>i râbles à ceux de nos vaines théories I