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PRÉFACE

i des préjugés, ils les on( prises poui des principes. Quand les » choses en sonl venues à ce point, quand les erreurs se son! i ain-i accumulées, il n'y a qu'un moyen de remettre l'ordre i dan- la faculté de penser, c'est d'oublier tout ce que nous avons » appris, et de refaire, dil Bacon l'entendement humain. »

I était alors le siècle de la modestie; on n'avait pas bon te de confesser que telle et telle science étaient encore au berceau ' surtout la politique sociale ; i la dénonçaient avec amertume et dédain, écoutons-les parler.

Montesquieu : Les s ciétés policées sont atteintes d'une maladie de langueur, d'un vice intérieur, d'un venin secret et caché le morcellement). »

J.-.I. Rousseau : Ce ne sont pas là des hommes, il y a quelque bouleversement dont nous ne savons pas pénétrer la cause

Voltaire :

• Montrez l'homme à met yeux : honteux de ra'ign >rer, » Dana mon être, dans moi, je cherche à pénétrer , » Mais quelle épaisse nuit voile encor la nature ! »

Barthélemt -. Ces bibliothèques, prétendus trésors do i naissances sublimes, no sont qu'un dépôt humiliant de contra tions <'t d'erreurs : »

m mi.. Les sciences incertaines ont détruit beaucoup d'illusions -au- établir aucune vérité ; on est retombé dans l'incertitude par le raisonnement, dans l'enfance par la vieillesse. »

Aujourd'hui la scène change, tout ce labyrinthe de systèmes philosophiques est transformé on torrents de lumières, on m rapide ci vol sublime vers la région des perfectibilités soi tout (Mi politique industrielle que notre siècle étale col orgueil ; fier de quelques progrès en matériel, il no s'aperçoit pas qu il est en rétrogradation politique, «'t que -a marche rapide est celle de récrevisse qui chemine, mai- à reculons.

L'industrialisme est la plu- récente de nos chimères scientinV- (,,1(.. ; c'est li» manie de produire confusément . Bans aucune

méthode en rétribution proportionnelle, -au- aucune garantie

pour le producteur ou salarié do participera l'i ement de

richesse; aussi voyons-nous «pie le- régions industriali autant et peut-être plus jonchées de mendiants que les contréea indifférentes sui re de pro ■■•

II importe de dissiper dès la préface les illusions d'indi.Mria-

CERCLE VICIEUX DE L'iNDUSTRIE CIVILISEE. 29

îisme ou abus de l'industrie , parce qu'elles sont le régime le plus opposé à la politique sociétaire, qui a pour base :

L'attraction industrielle, la répartition proportionnelle,

L'économie de ressorts, l'équilibre de population, et autres règles dont s'éloigne en tous sens le système industrialiste, production désordonnée, sans garantie de justice distributive.

Jugeons ici les systèmes par les résultats : c'est l'Angleterre qui est le point de mire , le modèle proposé aux nations, l'objet <le leur jalousie ; pour apprécier le bonheur de son peuple, je vais m etayer de témoignages irrécusables.

Assemblée des maîtres artisans de Birmingham , 21 mars '1 827. Elle déclare « que l'industrie et la frugalité de l'ouvrier ne » peuvent pas le mettre à l'abri de la misère , que la masse des » salariés employés à l'agriculture est nue , qu'elle meurt réelle— » ment de faim dans un pays où il existe surabondance de vi- » vres.» Aveu d'autant moins suspect, qu'il part de la classe des maîtres d'ateliers intéressés à rédimer le salaire des ouvriers, et a déguiser leur misère.

Voici un second témoin également intéressé à dissimuler le côté faible de sa nation ; c'est un économiste, un industrialiste, qui va dénoncer sa propre science.

Londres, chambre des communes, 28 février 1826.

M. I/uskisson, ministre du commerce, dit : « nos fabriques » de soierie emploient des milliers d'enfants qu'on tient à l'attache » depuis trois heures du matin jusqu'à dix heures du soir : '•combien leur donne-t-cn par semaine? un schelling et demi, » trente-sept sous de France, environ cinq sous et (h mi par » }our% pour être à l'attache dix-neuf heures, surveillés par des » contre-maîtres munis d'un fouet, dont ils frappent tout enfant » qui s'arrête un instant. »

Voilà l'esclavage rétabli par le fait : il est évident que l'excès de concurrence industrielle conduit le peuple civilisé au même d *gré de pauvreté et d'asservissement que les populaces de Chine Cl d'Indostan , les plus anciennement célèbres par des prodiges agricoles et manufacturiers.

A côté de l'Angleterre plaçons l'Irlande qui , par double excès

ilture outrée et en subdivision des propriétés, est parvenue

: : même dénûment, ou l'Angleterre arrive par double excès en

manufactures et grandes propriétés. Ce contraste, dans un même

empire, démontre bien le cercle vicieux de l'industrie civilisée.

30 PIlKl'ACE.

L -journaux de Dublin J82f>ydi>cnt : « Il règne ici une épi— :nie parmi le peuple : les malades qu'on amène à L'hôpital

sseni dès qu'on leur donne à manger. • Leur malad» là i\im : il oe faut pas être Borcier pour le deviner, puisqu'ils sont guéris dès qu'ils trouvent à manger. Ne craignez pas que cette épidémie atteigne les grands : on ne verra ni le l> rd gouverneur, ni l'archevêque de Dublin tomber malades de Ihim, . , sera plutôt d'indigestion.

Et dans les lieux où le peuple civilisé oe meurt pas de faim sunte , il meurt de faim lente par les privations, de faim spéculative qui l'oblige à se q< urrir de choses malsaines, do faim imminente cd - ant de travail, en se livrant par besoin à

- pernicieuse fatigues outréesd'où naisseï

pes, les infirmités: c'est toujours aller à la mort par la famine. Et quand il ne souffre pas de la faim, de quoi subsiste-t-il ? Pour en jqger il faut voir de près comment se nourrit le paysan français, même dans les province ;» vante la fertilité. Huit

millions de Français ne mangent pas de pain, n'ont que des châou autre , ri tés : vingln inq mil I ançais

n'ont pas de vin, et pourtant onest ol par surabonda

«1er aux i [tes entières.

,1a le vol sublime de l'industrie vers la perfectibiliU adanl chaque année voit écloro une douzaine de plu phies nouvelles sur la ricl - nations : que de rich

dans les li\ i es, que de misé ; tes < haumièi

4 ces illusions , < • les réalités : est-ce un vol sublime

que lu situation de Londres, qui, tout en participant au annuel de deux cents millions i aux indigents, contient

1 17,000 pauvres connus à la chai

1 1.", mendiants , li!<

nds, parmi lesquels on remarque :

ni l'un est riche a vingt mill li ihuanl fausse monnaie, i

tant les valets à voler leurs maîtres, les fils leurs i"

Toi m tns la ville qui est le grand fi

(V l*industi ie l a France marche à ,000

pauvres connu-, et peut-être autan: d'incunv I

français sont si misérables , que clans les provinces de haute industrie comme la Picardie, entre Amiens, Cambray et Saint- Quentin, les paysans, sous leurs huttes de terre, n'ont point de lit ; ils se forment une couchette avec des feuilles sèches qui, pendant l'hiver, se changent en fumier plein devers; de sorte qu'au réveil, les pères et les enfants s'arrachent les vers attachés à leur chair. La nourriture , dans ces huttes, est de même élégance que le mobilier. Tel est l'heureux sort de la belle France. On citerait une douzaine de ses provinces où la misère est au même degré , Bretagne, Limousin, haute Auvergne, Cévennes, Alpes. Jura, Saint-Etienne, et même dans la belle Touraine, dite jardin de la France.

A cela les industrialistes répondent qu'il faudrait répandre les lumières , l'instruction , eh ! que sert-elle à des misérables qui n'ont pas de quoi subsister ? elle les poussera à la révolte.

Cette dégradation de l'humanité engendre l'athéisme ; il s'accroît en raison des progrès de l'industrie civilisée; elle semble une dérision de la nature contre l'humanité : l'athéisme est le résultat nécessaire d'une civilisation trop longtemps prolongée, et donnant un vaste essor à l'industrie avant de connaître la méthode de répartition proportionnelle et garantie de minimum au peuple ; en d'autres termes , connaître le code naturel ou divin sur les relations industrielles.

Dieu fait des codes sociaux pour les insectes même; aurait-il pu manquer à en faire un pour le génie humain, bien plus digne de sa sollicitude que les abeilles, guêpes, fourmis! Aurait-il donc créé les passions et les éléments de l'industrie, sans savoir à quel ordre il les destinait*? Il serait dansée cas plus imprudent que nos ouvriers menus; car un architecte qui rassemble des matériaux de construction , ne manque pas de faire préalablement le plan de l'édifice auquel il veut les employer.

Dieu a dû prévoir l'impéritie de nos législateurs, des Solon, des Justinien, des Montesquieu, des Target. Si ces homm< croient capables de faire des codes sociaux, Dieu a plus forte raison sait en faire , ils n'ont pour appui de leurs lois que la contrainte, lessbireset les gibets; Dieu aurait pour appui dos siennes l'attraction dont il est seul distributeur. Cent autre., indices faisaient pressentir L'existence du code divin, il (allait donc en mettre au concours la recherche, et déterminer d'abord la méthode à suivre dans celle investigation.

32 PRKFACE.

Le code divin, pour être méthodique, - ttuer avant tout

sur l'industrie qui est fonction primordiale, l'administration ne naît qu'a la suit»1 : il fallait don chercher les lois de Dieu sur l'industrie, l'ordre qu'il a assigne aux travaux agricoles et do» mestiq • -

I. - publias - contraire ne - sonl occupés pendant t mille ans que du gouvernement, que des abus administratifs et reli- \ : il- ont commencé depuis un siècle seulement à traiter de l'industrie, sans songera en corriger 1rs désordres. Soit inadvertance! soit erreur systématique, il est certain qu'ils en ont prôné leux vices radicaux, morcellement industriel ci fraude commei ciale fardée du nom de libre concurrence.

La science est (loin- en fausse route; au lieu de s'occuper à combattre les vices <li>s deux branches dites agriculture et commerce , elle no B'exerce que sur le- deux branches dites u'ouvernement et Bacerdoce, auxquelles on ne peut pas toucher sans causer des commotions et souvent des redoublements d'abus; tandis qu'en corrigeant, par le système sociétaire, les vices du régime agricole et commercial, en opérerait en plein accord avec l'autorité, qui trouverait bien son compte dan- le quadruplemenl

de produit et dan- la cessation de toutes les querelles de parti :

elles seront regardées en pitié, des qu'on aura passé au 1 onheur

sociétaire.

Après cet exposé des vices généraux de l'industrie et de la

• . .'. i! i .'-te a pai 1er des \ ICCS de détail et do- ei reui

tème. C'est un sujet qui exigerait un volume ; j'en vais donner seulement l'aperçu.

N économistes, confus de voir la ténacité et même le de l'indigence, commencent a soupçonner que leur science est en fausse route; un débat s'est engagé dernièrement sur ce sujet entre mm Say et Sismondi . le second, revenant do \ isiter les prodiges d'outre-mer, a déclaré que l'Angleterre et l'Irlande, avec leur industrii île, no sonl que ^' vastes amas de pain

que l'industrialisme n'est jusqu'à présent que la région deschimèi m .1 -it Saj a répliqué pour l'honneur de la science ; mais a perler net, l'économie politique a été désorientée par la crise pléthorique de 1826 ; elle cherche a se justifier. Déjà l'on de» chefs d'école, tels que feu Dugald Stewart, dire que la science

CERCLE VICIEUX DE i/lNDUSTRIE CIVILISEE. 33

est bornée au rôle passif, que sa lâche est limitée à l'analyse du mai existant.

C'est agir comme un médecin qui dirait au malade : « Mon » ministère consiste à faire l'analyse de votre fièvre, et non pas à » vous en indiquer les moyens curatifs. » Un tel médecin nous semblerait ridicule ; c'est pourtant le rôle que veulent prendre aujourd'hui quelques économistes qui, s'apercevant que leur science n'a su qu'empirer le mal, et embarrassés d'en trouver l'antidote, nous disent comme le renard au bouc :

« Tâche de t'en tirer et fais tous tes efforts. »

Si l'on admet ce rôle passif, cet égoïsme par lequel ils croient excuser l'impéritie de la science, ils seront encore très en peint» de tenir parole, de donner l'analyse du mal ; parce qu'ils ne veulent pas en avouer retendue, confesser que tout est vicieux dans le système industriel, qu'il n'est en tout sens qu'un monde à rebours. Jugeons-en par un demi-aveu échappé récemment à M. de Sismondi : il a reconnu que la consommation s'opère en mode inverse, qu'elle se fonde sur les fantaisies des oisifs, et non sur le bien-être du producteur; c'est déjà un premier pas vers la sincérité analytique. Mais le mécanisme inverse est-il borné à la conmation ? n'est-il pas évident

Que la circulation c.st inverse, opérée par les intermédiaires nommés marchands, négociants qui : devenant propriétaires du produit, rançonnent le producteur et le consommateur, et sèment les désordres dans le système industriel par leurs menées d'accaparement, agiotage, fourberie, extorsion, banqueroute, etc. ;

Que la concurrence est inverse, tendant à la réduction des salaires, et conduisant le peuple à l'indigence par les progrès de l'industrie : plus elle s'accroît, plus l'ouvrier est obligé d'accepter à vil prix un travail trop disputé; et d'autre part plus le nombre des marchands s'accroît, plus ils sont entraînés à la fourberie par la difficulté des bénéfii

Voilà déjà trois ressoi ts dirigés en mode inverse, dans le mécanisme industriel : j'en compterai facil< ment trente [voyez 6e section] : pourquoi n'en avouer qu'un, celui de la consommation inverse?

L'industrie présente une subversion bien plus saillante, c'est

la contrariété des deux intacts collectif et individuel. Tout

industrieux est en guerre avec la niasse, et malveillant en-

'■lle par intérêt personnel, l'n médecin souhaitée .-es con-

3| rilKACE.

citoyens de bonnes fièvres, el un pr . de bons procès dans

chaque famille. Dn architecte a besoin d'un bon incendie, qui réduise en cendres le quarl de la ville, et un vitrier désire uno bonne grêle qui cas • les vitres. Un tailleur, un cordonnier

ne souhaitent au public que des étoffes de faux teint et des chaus- » sures de mauvais cuir, afin qu'on en use le triple, pour le !>;•

commei -; leur refrain. Un tribunal Croit opportun que la

France continue à commettre chaque année cent \ ingl mille crimes et délits à p ce nombre étant nécessaire pour alimenter les

cours ci iminelles. ' l'est ainsi qu'en industrie civilisée tout indi\ idu a guerre intentionnelle avec la masse; eflfel nécessaire de l'industrie anti-sociétaire ou monde à rebours. On verra disparaître ridicule dans le régime sociétaire, où chaque individu ne peut * trouver son avantage que dans celui de la masse entière.

De tous les indices qui devaient faire suspecter l'industrie actuelle, il n'eu esl pas de plus frappant que celui de l'échelle -impie en répartition. J'entends par simple, une échelle qui ne croit que d'un côté et non de l'autre : en voici un exemple adapté aux cinq clafi

n re,

ne,

ais

riche.

î.a ligne A représente l'origine d tés où la différence

fortunes étail peu -aillante, où la classe pauvre, figurée par zi'ro, n'existait ;

A mesure que ta fortune publique t, comme on le voit

aux lignes B, ». D, B, il faudrait que la classe pauvre y pariiei-

jelon la propoi lion indiquée dans chacune de ces ligni à-dire, que dans un degré de riche? I le riche ayant cenf vingt-huit francs a dépenser par jour, le pauvre aurait au moins huit francs : dam \ l'échelle serait corn} jantpro-

portionnément pour les i ans égalité

M. h i ncivilisation l'échelle ne croissant que d'un côté, Il clasao paui re en reste toujours à ïéro, de sorte que bî la richesse est parvenue au cinquème d< E, la classe riche obtient bien son lot

de cent vingt-huit, et la pauvre , zéro seulement ; car elle a toujours moins que le nécessaire; de sorte que l'échelle civilisée suitla ligne transversale 0. 2. 8, 32, 128; et la multitude ou classe pauvre, loin de participer à l'accroissement de richesse, n'en recueille qu'ira surcroit de privations ; car elle voit une plus grande variété de biens dont elle ne peut pas jouir ; elle n'est pas même assurée d'obtenir le travail répugnant qui fait son supplice, et qui ne lui offre d'autre avantage que de ne pas mourir de faim.

Sous ce rapport, les peuples fainéants, comme l'Espagnol, sent plus heureux que les laborieux, car l'Espagnol est assuré de trouver du travail quand il lui plaira d'en accepter. Le Français, l'Anglais, le Chinois ne jouissent pas de cet avantage.

Je n'en conclus pas que le régime social de l'Espagne soit louable, tant s'en faut; je veux seulement arriver au but qu'indique le titre de cet article , démontrer que tout est cercle vicieux dan& l'industrie morcelée ou civilisée; elle crée, par ses progrés, les éléments du bonheur, mais non pas le bonheur; il ne pourra naître que du régime d'attraction industrielle et répartition proportionnelle, selon la ligne E. Cette répartition est impossible, tant que l'industrie est répugnante; il faut que le peuple reste dans L'extrême dénûment pour consentir à l'exercer. D'ailleurs, la civilisation produisant a peine le quart de ce que produira l'association, et peuplant outre mesure, il serait impossible d'assurer à ses fourmilières de populace un lot de minimum, ou honnête nécessaire.

On a si bien reconnu ce cercle vicieux de l'industrie, que de toutes parts on commence à la suspecter, et s étonner que la pauvreté naisse en civilisation de l'abondance même. Je viens de décrire cinq vices , dont chacun isolément suffirait à produire ce désordre ; qu'est-ce donc lorsque les cinq vices agissent tous à la fois , et concurremment avec une cinquantaine d'autres non encore cités ? : Voyez 0e section.)

Apres avoir constaté la nécessité d'un sort malheureux pour le peuple civilisé, remarquons que le progrès de l'industrie n'ajoute que peu ou point au bonheur des riches. Aujourd'hui la bourgeoisie de Paris a de plus beaux meubles , de plus beaux colifichets que n'en avaient les grands du dix-septième siècle ; qu'est-ce que eela ajoute au bonheur? Nos dames, avec leurs schalls-cachemi- -ont-elles plus heureuses que n'étaient les Sévigné, les Ninon? L'on \oit a présent les petits boi le Paris servis en porce-

36 nài \< y.

aine dorée : sont-ils plus heureux que les ministres tic Louis XIV (esCoIbert, les Louvois, qui avaient de la vaisselle do faïence ! 11 \ a -ans contredit jouissance i éelle dans les perfectionnements

commode- et salutaires, comme la soupente des voitures ; mais on est blasé au boul d'une Bemaine sur les raffinements de luxe visuel comme la porcelaine ; ils ue servenl qu'à irriter la convoitise du pauvre, qui s'imagine «pie la classe riche trouve un grand bonheur dans la possession de ces hochets. Ils ne seront utiles que dans l'ordre sociétaire, où ils auront la double propriété de stimuler l'attraction industrielle, et de multiplier les accords ,h> passions qui sont une jouissance bien réelle, et qui s'étendront au pau\re

comme au riche, malgré l'extrême inégalité des fortune-. Alors

le plus pauvre des hommes aura beaucoup plus de jouissances que n'en a aujourd'hui le plus opulent monai.pie, parce que l'ordre.

homme Séries passionn - ciaux ou plaisirs

de l'âme, qui aujourd'hui sont à peu près inconnus dv> grands, el il élève les raffinements Bensuels à une perfection dont le monde

civilisé ne peut 36 former aucune i<!

L'industrie civilisée ne peul donc, je le répète, que créer les

éléments du bonheur, mais non pas le bonheur. 11 sera au

traire démontré que l'excès d'industrie conduit la civilisation à de très-grands malheurs, si on ne sait pas découvrir tes moyens de progrès réel en échelle sociale. J'ai «lit que notre politique n'avance qu'à la manière de l'écrevisse, tout en se vantant (\< rapides. Ce sera un - i digne de curiosité que l'analyse de

cette rétrogradation .1 laquelle concourent les deux partis

{.îiu.r. w X ET INI SI M ILI8TES

Oi ■ !-n tasoi onsi

■..-». entre eux esl que le parti obscuranl ne ni qu'il tend à ressusciter le dixième siècle, tandis que le parti libéral se (latte de conduire à la perfection, Ces! faux : il tond, pai double voie, àfaire rétrograder le char : on verra dan- les chapitres iaux, que la science n'a pas wélever l'état civilisa 1 donl il étail • fnauair

phû

Chacune dos périodes- dite civilisée, bai baie, pal

chale, sauvage ou autre divise en quatre phases anal*

aux quatre âges de la vie; 1 I* l'enfance, i' l'adolesf

3° la virilité, »" la cadw lé. La quatrième phase, dite caducité,

ail pai foi- un pi en peul juger par l'Egypl

CERCLE VICIEUX DE L INDUSTRIE CIVILISEE. ôi

adoptant la tactique militaire, l'art nautique et les sciences fixes, entre en barbarie caduque ou barbarie de quatrième phase, conduisant peu à peu à la première phase de civilisation. C'est donc un progrès réel, de même qu'une nuit avancée est un acheminement vers le jour.

Si la civilisation savait passer de sa troisième phase, qui est l'état actuel, à sa quatrième phase qui n'est pas encore née , ce serait un changement très-favorable, car on se rapprocherait de la période suivante, celle des garanties sociales, qui est l'échelon supérieur et contigu à la civilisation. Les garanties sont le bien que rêvent tous les philosophes, sans savoir y atteindre en aucun sens : pour s'élever aux garanties, il faut sortir de la civilisation, et monter à l'échelon suivant ; nos sciences, loin d'avoir su nous élever ainsi de période en période, n'ont pas même pu nous faire avancer dans la carrière civilisée, nous élever au moins de la troisième à la quatrième phase, dont j'expliquerai le mécanisme en 7e section.

Remarquons à ce sujet qu'après tant d'études sur la civilisation, l'on n'a pas encore songé à en faire l'analyse régulière, la décomposition en quatre phases, en assignant à chacune ses caractères spéciaux qui constituent la phase, tel que anarchie mercantile dans la troisième ; et en classant les caractères généraux qui régnent dans le cours des quatre phases, comme ligue des gros voleurs pour faire pendre les petits ; puis les caractères d'engrenage qui sont empruntés d'autres périodes : tel est le code militaire, qui est un emprunt sur la période inférieure, dite barbarie ; tandis que le régime des monnaies, seule relation où règne la garantie de vérité, est un emprunt sur la période supérieure, celle des garanties solidaires, qui n'est pas encore née.

En considérant que nos sciences ont oublié l'analyse de la civilisation, première étude qu'indiquait l'ordre méthodique, peut-on s'étonner qu'elles aient négligé beaucoup d'autres études, formant des sciences neuves et vastes, comme les suivantes, que je place en regard des classes de savants à qui elles sont attribuées :

Moralistes L'analyse de la civilisation.

Politiques La théorie des garanties solidaires.

Economistes des approximations sociétaires.

Métaphysiciens de l'attraction passionnée.

Naturalistes... de l'analogie universelle.

Lorsque chaque classe d.1 savants manque ainsi sa tâche primordiale, il n'est pas surprenant qu'elle oublie de moindres détails,

38 pbj ; ■•■ •

comme L'analyse du cercle vicieui de l'industrie qui, dans système, pèche évidemment contre les quatre ba poli-

tique . savoir :

Attraction industrielle applicable aux (rois classes rétii les( nfants, les sauvages, les riches o -

Répartition proportionnelle satisfaisant chacun en ra rois facultés, capital, travail et talent.

/ quilibrede population maintenue au-dessousdu nombre qui amènerait la gène des classes inférieure.-.

/ conomie de ressorts, ou réduction la plus grande des imimmerçants et autres, dont le nombre est aujourd'hui si énorme, qu'il comprend les deux tiers des civilisés.

I es industrialistes esquivent ces problèmes, et cent autres qu'on pourrait proposer àceuxqui se flattent de perfectionner le système il par un progrès de la culture morcelée et de l'anarchie mercantile pu concurrence de fourberie. Les écrh ains nesa> eni qu'encenser les \iees dominants pour se dispenser d'en chercher le remède : but les questions fondamentales, comme l'équilibre de population, l'on voit la Bcience passer outre, en disant qu'on n'y peul rieo comprendre. C'esl ainsi que Stewart débrouille cette me de l'exubérance de populace, énigme reprise âpre- lui par Wallaceel MalLhus, qui n'j onl pas compris davanta

i es questions de politique sociale seront toutes insolubles, tant ([n'en voudra spéculer sur le régime civilisé qui est un labyrinthe

intellectuel, un cercle \icieu\ en tOUSSens; mais que ne -V\<

on .1 inventer une nouvelle société ? C'était là une belle carrière

pour tant d'écrivains battent les liane- a chercher un -

neuf.

l.t Lorsque par hasard ils mettent la main sur quelque

îeuve, comme celle d'association industrielle, ils se hâtent de

curcir et L'embrouiller, en \ accolant leurs vieux Boph jusqu'aux plu- ridicule-, comme la communauté des biens, la douce fraternité des crois phUantropest tous unis cT opinion, i ces fadeurs morales que met en jeu la secte Owen, il

but, en régime sociétaire, autant de discorda «pie d'accords : c'est même par les discorda qu'on doit débuter : et. pour former une phalange de séries passionnées (un canton de sociétaire do 4, sou personnes), il faut (aire éclater au moins cinquante nulle discorda, avant d'< les accords. On peul ju;jer par là

combien notre siècle était loin des routes de l 'association, en BD-

portant à cette étude \ov.> les faux jugements de la morale sur les passions et les voies d'harmonie sociale.

L'industrialisme étant, je l'ai dit, la plus récente de nos illusions scientifiques et la plus aceréditée , j'ai dû la réfuter avant d'entrer en matière, en désabuser les partisans, leur montrer le cercle vicieux de ses efforts mal dirigés , de cette industrie opérant sans but ni mélîiode.

Mais pourquoi tant d 'impéri tie chez des hommes si savants, si habiles écrivains : pourquoi leur beau talent n'a-t-il abouti qu'à nous jeter de Charybde enScylla? Cest qu ils marchent sans boussole dans un labyrinthe.

Rappelons à ee sujet leur principe sur l'analogie (Sciiellixg cité précédemment). S'il existe unité et analogie dans le système de la nature, nous devons avoir en politique deux boussoles comme en matériel. Les navigateurs ont, pour se diriger, l'aiguille aimantée et les astres ; il faut que la politique sociale ait de même ses deux guides, sa boussole et sa contre-boussole. Il n'y aurait plus d'unité de système ni d*analogie, si Dieu n'avait pas pourvu le monde social comme le monde matériel de deux guides pour diriger sa marche. Avant de désigner ces deux boussoles sociales, il faut faire entrevoir leur absence et les efforts de l'esprit humain pour les découvrir, soit en industrie, soit en administration.

Ex industrie. Je choisis pour indice les vocations naturelles et l'art de les faire éclore. C'est un art profondément inconnu ; on en va juger par im fait, récent.

Un jeune charretier de 23 ans conduisait des métaux à l'usine de MM. Manby et Yilson , à Charenton. L'aspect de cet atelier, qu'on dit enrayant, le charma et développa sa vocation, son attraction industrielle méconnue jusque-là de ses parents et de luimême ; il s'engagea dans ce genre de travail, et il y fit un progrès si rapide, qu'au bout d'un an il put remplacer un ouvrier très-précieux qu'on payait vingt-deux francs par jour.

Dans ce petit e\eneinent . que de griefs contre nos méthodes industrielles, nos théories d'éducation, de perfectionnement et étude de l'homme ! Pourquoi ne savent-elles pas discerner et faire éclore des le bas âge les vocations industrielles de chaque enfant, l'appliquer aux divers emplois où la nature l'appelle? Voilà ce qui e;<t impossible à la civilisation ; elle veut faire de Métastase,

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