CHAPITRE IV
Détails «lis! ri bu (if* sur !« s rt'lulious des groupe*
d'une aérle* Si le mécanisme d< l un nouveau monde
social , c'e>t surtout par .si (acuité de faire naître les économies
NOTiCK i. — LHAPiTRK IV. 61
et les bénéfices de toute disposition qui serait ruineuse dans l'état civilisé ; par exemple : s'il fallait chez nous fournir à diné vingtsept sortes de pain [Foy* z précédemment) et une trentaine y compris les ambigus, tels que pain de seigle, d'orge ou autre, puis fournir ces pains en trois degrés d âge, en frais, en mixte, en rassis, total quatre-vingt-dix sortes, ce serait de quoi ruiner un Lucullus; et pourtant cet immense assortiment devient économique dans les Séries passionnées en ce qu'il favorise l'attraction industrielle qui n'existerait pas, si on ne fabriquait qu'une ou deux sortes de pain.
Il en est de même des gens en place ou officiers , si dispendieux en civilisation : leur aftluence est une voie de concorde et d'émulation dans l'état sociétaire; ils y deviennent plus productifs que les subalternes; on en crée par cette raison triple et quadruple corps : remarquons en seulement deux sortes, ceux d'industrie et ceux d'apparat, toutes deux indispensables dans chaque série.
On choisit pour officiers de direction industrielle les sectaires instruits, exercés; et pour officiers d'apparat, les sectaires opulents qui peuvent représenter, faire de la dépense et donner du lustre à la série.
En civilisation les chefs ne dépensent rien pour les administrés; au contraire : s'il y a un repas d'étiquette à offrir au nom d'une ville, la municipalité le dirige, mais elle n'y contribue que do son appétit, et le public paie le repas sans en goûter, heureux encore s'il ne paie que les frais réels qu'on fait si souvent mousser au double de ce qu'a coûté la fête.
Dans une Série passionnée, l'emploi des officiers d'apparat est fort différent; ce sont eux qui paient pour la niasse de la série admise gratuitement au festin. Ils contribuent de même pour des dépenses plus importantes , comme celle d'achat des plants et graines; leur libéralité serait bien ignoble, si elle se bornait au rôle d'Aniphitrion donnant à dîner. Toutefois les repas de corps coûtent fort peu en association, car on déduit sur le pnx tout ce qu'auraient coûté les convives s'ils eussent mangé à leurs tables d'abonnés en première, deuxième et troisième classe ; on déduit en outre tous les restes qui sont livrés à moitié prix aux tables de troisième classe.
La dualité d'officiers, en apparat et industrie, a lieu pour les groupe comme pour les séries j chaque série a ses capitaine,
62 SECTION 1. ■ ' • ,N-M.i:.
lieutenant et sous-lieutenant d'apparat, ses recteur, vice-recteur et sous-recteur d'industrie; il en es! de même pour chaque groupe.
En outre, (huis Les diverses fonctions, d'apparat ou de gestion, l'on établit partout l'état major et l'état minor. Plus on crée d'officiers en harmonie, plus on obtient de bénéfice; effet opposé au régime civilisé, ou les chefs ne sont le plus souvent que des ganrfnipq dont il faut restreindre le nombre.
La dualité d'officiers plaît beaucoup aux trois classes riche . moyenne et pauvre; démontrons :
L'homme riche y gagne en revenu , en dividende affecté au capital, ce produit s'accroît en raison de l'enthousiasme qu'on apporte au travail. Tour électriser le peuple en industrie, il faut chefe qui mettent la main à Pœuvre, et qui contribuent de leur bourse au soutien d'une fonction adoptée passionnément par la série entière.
Le pauvre y trouve L'avantage de travaux joyeux, produite et dividendes copieux, insouciance fondée sur la garantie du minimum ({ne remboursera l'attraction industrielle, repas gratuits à la tète de chaque groupe ou série : et comme les repas splendides coûtent fort peu en la sera prouvé),
un individu pauvre figure dans Le cours de l'année à une cinquantaine de re| i rps, en chère de première class un moyen de communiquer au peuple les mœurs polies des supérieurs. Au reste, le peuple harmonien jouit, même aux tabl troisième classe, d'une chère préférable à cc-lle des bons ménages de civilisation, tous privés de l'assortiment gradué sur chaque mets.
i • pluralité en espè ' sente une autre ami
ii la classe pau I l'attrait des fonctions mythologique
demi-Dieux qu'élit chaq chaque groupe : c'est un apa-
tle la jeunesse pauvre : mais cette coutume ne s'établira dans la pliai, i. La classe moyenne participant des
deux aui: . i onfondent ici avec Les leurs.
La fonction d'officiers , en régime Bociétaii od aux trois
i masculin, féminin et neutre ou impubère. Toute Série I lion de sexes j et comme pla-
ge < omp sent de f» mmes ou d'enfant-, exclusivement d grande majorité, aucune réunion d'un seul
Officiera dan- l'autre .1 mOÙ - I :nmes
qui cultivent un champ d'œilletS DOUX la parfumerie, n'iront pas
>C ;:<:•; i. — CHAPITRE îv. g3
appeler un pédant masculin pour les présider, soit en travail , soit en conseil, soit en parade : mais si leur série se compose de deux ou trois sexes, elle mélangera en proportion son corps d'officiers : du reste tout est libre dans ces choix, l'utilité en est la seule règle.
Je franchis divers détails sur les rangs des séries; elles ne se classent pas selon la masse de produit : celle des vergers , qui est énormément productive, est une des dernières en échelle de rétribution parce qu'elle attire très-fortement; et celle de l'opéra , que nous jugerions superflue, est une des plus rétribuées, parce qu'elle est la plus utile en éducation sociétaire.
II conviendrait de parler ici des séries et groupes d'ambigu ; c'est un des mille sujets qu'il est force de supprimer dans un abrégé. L'ambigu ou lien mixte, lien de transition , est un genre déshonoré par nos préjugés, et pourtant on ne peut pas former de série régulière sans y introduire aux deux extrêmes des groupes d'ambigu et môme de Fous-ambigu. Il faut que la nature fasse grand cas de l'ambigu , puisqu'elle l'a prodigué dans toutes ses créations, comme on le voit par les amphibies, l'orang-outang, le poisson volant, la chauve-souris, l'anguille et tant d'autres, dont le plus notable est la chaux, lien du feu et de l'eau.
Terminons par le tableau des accords et discords d'une Série passionnée d'ordre simple. Je suppose ici trente-deux groupes cultivant les variétés d'un végétal :
x groupe de pivot A — de sous-pivot aat t
X — de contre-pivot Y — de sous-pivot d«8C
K — d'ambigu a.^c : D — de diffraction H — d'ambigu desc :
b» SECT10.V |. — ANALYBfl >o. U" AT T* ACTION PASSIO.XNBB
L'affinité ou sympathie de contraste s'établit de chaque groupe à celui qui est placé à distance de moitié en échelle générale, tels »ont 1 et 13, 2 et 14, 5 et 17, 9 et 81.
La sympathie sera moins forte de I à 1 2 et 14, de 5 à 16 et
1 9 . moindre encore de 1 à i I et 15, de o à 15 et 19. Elle ira ainsi en déclinant jusqu'aux deux quarts d'échelle , où elle cessera, de sorte que 13 n'est plus sympathique avec 7 et 19, encore moins avec 8 et 18, où commence une légère antipathie; elle s'accroît de 13 à 9 et 17, et l'échelle de discord se renforce consécutivement au point de former une antipathie très-prononcée de 4 3 à ses deux eontigus, 1 2 et 11 ; elle est un peu moins forte de 13 à ses sous-contigus 11 et 15, et ainsi de suite.
I . ■■( belle des sympathies et antipathies n'est pas la môme dans les groupes extrêmes, 1 à 3, 23 à 25, que dans les groupes de centre; mais l'examen de ces variantes nous conduirait au-delà des limites d'un abrégé; qu'il suffise de dire que trente ans d'éludé et l'instinct du métier, m'ont appris à connaître en tous détails le grimoire de- Séries passionnées, des accords et discorda de leurs groupes, des contre-poids à établir sur tous les points de la série. Il faut attendre les scellons suivantes pour juger si je connais a fond cette théorie. Provisoirement je me borne à dire aux fondateurs présomptifs, que là où je serai, la mécanique marchera bien et ne fera pas une faute, malgré l'absence de moyens Suffisants. 1 .a OÙ je ne serai pas, on commettra cent maladresses; les marnais pilotis feront chavirer la barque s'en prendront a moi, de qui ils ifauront pas suivi les instructions, ou bien ils échoueront faute de détails que l'opinion m'interdit en me limitant a un volui:
v - sur les notions élémentaires. Le groupe de pivot X,
est en sympathie avec tous les groupes, excepte les oous pivo- ' . V et \ . x , exerce sur une variété dont l'excellence et la supériorité son! si frappantes tel sérail le heure gris parmi les poires), que les Variétés » ictnales H . I 2 . i 3, 1 i, 15, consentent à lui céder Ifi pas. DOUl SS faire \aloir chacune contre ses (il
en échelons contigut ntigus.
L<s groupes de BOUS-pivOt Y et ^ BOOt naturellement en accord de contrario, comme chefs des deux ailes liguées contre le centre.
Le oontre-pivotaJ X n'est an sympathie avec aucun autro
groupe, excepté avec le pivotai ^ ; mais il n'est antipathique avec aucun. (En série de poiristes, le groupe de contre-pivot serait celui qui cultive la grosse poire dure, immangeable quand elle est crue.)
Le groupe de diffraction D est en demi-accord avec tous les autres. (La diffraction est miroir inverse du pivot. L'albinos est diffraction de l'homme blanc faux, qui est l'européen noircissant au soleil; le renne est diffraction du cerf : glissons sur ce sujet.) Les groupes de transition K et yi sont en accord avec l'aile qu'ils terminent, et avec celle d'une autre série avec qui ils sont en contact. Ainsi, le groupe du brugnon ou prune-pêche s'accorde avec une aile de la série (\o< prunes, et une aile de celle des pèches.
J'ai supposé ici une série très-régulière, cultivant toutes les sortes d'un végétal. Si par inconvenance de terrain, elle ne cultivait que certaines variétés d'une espèce, les accords et discords pourraient changer de proportion dans diverses branches. Abu s lorsqu'on explique les règles du mécanisme, on spécule toujours sur des séries intégrales, [t'oyez sur les variantes d'accords le chap. VII, Séries faussées.)
Dans toutes les sortes de Séries passionnées (il en est de beaucoup d'espèces, tant en ordre libre qu'en mesuré), les accords de pas-ions et de sympathie, dont les règles semblent aux civilisés un grimoire impénétrable, sont au contraire un mécanisme organisé selon des méthodes géométriques. Les civilisés, sur ce problème comme sur tout autre, ne voient la nature qu'en mode simple; ils croient toutes les sympathies permanentes; il en est de permanentes, d'occasionnelles, de périodiques, etc., etc. Ce calcul est un des nouveaux mondes scientifiques, dont le génie civilisé n'a pas dû s'ouvrir l'accès, mais qui n'a rien d'impénétra» ble, comme on se le persuade : toute la nature est une immense mécanique de sympathies et antipathies très-méthodiquement réglée et très-pénétrable au génie, pourvu qu'il étudie préalablement les deux théories de l'attraction passionnée et de l'association dont nos beaux esprits n'ont jamais voulu s'occuper.
Ils en sont bien dupes aujourd'hui, mystifiés depuis vingt ans par les menées de la secte Owen, qui met en crédit des sophismes sur l'association , et étouffe la recherche de la méthode naturelle dont l'essai serait, pour tous les savants et artistes, une source d'immense fortune.