CHAPITRE XII
I>istribntion unitaire des édifices.
II est très-important de prévenir l'arbitraire en constructions : chaque fondateur voudra distribuer à sa fantaisie. Il faut une méthode adaptée en tout point au jeu des Séries passionnées : nos architectes qui ne les connaissent pas , ne pourraient pas déterminer le plan convenable ; cependant si le matériel est faussé en dispositions, il en sera de même du passionnel.
Les civilisés ayant communément l'instinct du faux, ne manqueraient pas à préférer la plus vicieuse distribution. Cela est arrivé a No^v-IIarmony, où le fondateur Owen a précisément choisi la forme de bâtiment qu'il fallait éviter, le carré ou monotonie parfaite. C'est jouer de malheur comme un milicien qui attrape le billet noir : l'un des inconvénients du carré est, que les réunion* bruyantes, incommodes, les ouvriers au marteau, les apprentis de clarinette , seraient entendus de plus de moitié du carré sur quelque point qu'on les plaçât. Je citerais vingt autres cas où la forme carrée causerait du désordre dans les relations. Il suffirait de voir le plan de cet édifice Coopérative magazine : January1826), pour juger que celui qui l'a imaginé n'a aucune connaissance en mécanisme sociétaire. Du reste, son carré peut être bon pour (\or. réunions monastiques, telles qu'il en fonde, la monotonie étant leur essence.
La principale cause qui empêchera d'employer avec fruit les bâtiments civilisés, c'est qu'il est presque impossible d'y praticmer des skrïsteres ou masses de salles et pièces disposées pour Ves relations des Séries passionnées : les établis existantes ont lo menu* défaut. Cependant on pourra faire emploi de certains bâtiments actuels pour la phalange d'échelle réduite, on ne le pourrait pus en pleine échelle, dont je vais donner 1* plan.
I "- dvM'S 'rju-s reprrsealent les corps de bâtiments, le btane figure les cours et les \i ■:
ta N4JNI de points sinueux et carrés figurent le cours d'un ruisseau -M double canal.
fin ligne directe flg I, | I. est une grande route qui passerait entre le phalanstère ,t les « tables; mais on se gardera bien de le
1 2 i SECTION II. — DISPOSITIONS DE LA PHALANGE D'ESSAI.
faire passer les routes dans l'intérieur de la phalange d'essai qu'il faudra au contraire palissader contre les importuns. P.. = est la place de parade au centre du phalanstère.
A.. r= est la cour d'honneur fermant promenade d'hiver, plantée de végétaux résineux et ombrages permanents.
a, aa; o, oo ; cours placée- entre les corps-de-logis.
Gros pointa ****, colonnades et péristyles, d'un tracé informe, trop espace hors les douze colonnes de- la rotonde.
x, y, z ; x.r, i/ij, zz ; coins des bâtiments ruraux. ; ii ii les » porches fermés el chauffés, non saillants.
B, ee, trois portails en avant-corps pour divers sema s
:::: Ces doubles points entre deux corps de bâtiments, sent couloirs placés sur colonnes au premier et;i
Les bâtiments dont la grande cour A est entourée et avoisinée sont affectés aux fonctions paisibles; on peut y placer l'église, !a bourse, l'aréopage, l'opéra, la tour d'ordre, le carillon, le télégraphe, le- pigeons de poste.
On devra placer dans l'un des ailerons toutes les fonctions bruyantes et incommodes aux voisins.
I.a moitié -aillante du carré A. la portion d'arrière, est spécialement affectée a loger la classe riche qui s'y trouve éloignée du Bcaset rapprochée du parterre principal, ainsi (pie de la promenade d'hiver, agrément dent le- capitales civilisées sont dépourvues, quoiqu'elles aient , presque tentes, plusdemauva
(pie de belle -ai-on.
I - deux cour- a , aa. qui tiennent aux ailes, -ont allé. l'une aux cuisines, l'autre aux écuries et équipages de Luxe. Tou-
- deux doivent être ombi autant «pie possible, -le ne a\
gne pa- les arcades de pi
Les deux bâtiments S - pourront être employés, l'un pour l'église, si on veut l'isoler, l'autre pour la salle d'opéra qu'il prudent d'isoler, ils auront communication souterraine avec le phalanstère.
Les deux cours o. oo. placées au centre de chaque ailei seront affectées l'une au caravanserai, l'autre aux ateliers bruyants, charpente, (orge, marteau, écoles criardes.
On éviteta par ces dispositions, un inconvénient de nos ville? civilisées où l'on trouve i \ bique rue quelque Beau des oreiU
Ouvrier au marteau, marchand de 1er. apprenti de clarinet
brisant le tympan a cinquante familles du voisinage . tandis q
le marchand de plâtre ou de charbon les enveloppe d'une poussière blanche ou noire qui empêche d'ouvrir les croisées, obscurcit les boutiques et le voisinage pour la liberté du commerce.
L'aileron affecté au caravanserai contient les salles de relations des étrangers ; on les y place afin qu'ils n'encombrent pas le centre du phalanstère et qu'ils se répandent dansles bâtiments ruraux, vers les groupes des champs et des jardins, sans obstruer l'intérieur du palais.
Tous les enfants riches ou pauvres logent à l'entresol, pour joui' -du service des gardes de nuit, et parce qu'ils doivent dans beaucoup de relations, surtout dans celles du soir, être isolés de l'âge adulte. On en verra la nécessité à la section III qui traite de l'éducation.
Les patriarches logent la plupart au rez-de-chaussée.
En donnant au phalanstère des développements trop étenduson ralentirait les relations; il conviendra donc de redoubler le? corps-de-logis, comme on le voit dans le plan : quelques uns (x) •de 80 toises sur £0. pourront être subdivisés en 2 ou i corps détachés et de formes variées.
On ménagera entre ces doubles corps deux sortes de communications. P des souterrains, 2° des traverses au premier étage j>ar couloirs placés sur colonnes, aux points où les corps de bâti, ments seront rapprochés comme en a et aa.
Pour épargner les murs et le terrain, il conviendra que l'édifice iiagne en hauteur, qu'il ait au moins trois étages, plus l'étage de frise. En y ajoutant le rez et l'entresol , on aura six échelons de logement, y compris le camp cellulaire, placé à la frise. C'est un local pour les passages d'armées industrielles.
11 faudra éviter de construire des bâtiments à simple file de chambres, comme nos monastères, palais, hôpitaux, etc. Pour activer les relations, tous les corps-de-logis devront être, à double file de chambres , assez profondes pour contenir des alcôves et cabinets qui épargneront beaucoup de constructions.
La rue-galerie est la pièce la plus importante; ceux qui ont vu la galerie du Louvre au Musée de Paris peuvent la considérer comme modèle d'une rue-galerie d'harmonie, qui sera de même parquotoe et placée au premier étage, et dont les croisées pourront, comme celles des églises, être de forme haute, large et reintrée, pour éviter trois rangs de petites croisées. Toutefois on