‹ Œuvres complètesChapitre 208 sur 276 · I -• leur attirail ri'otlicn · texte numérisé non relu

I -• leur attirail ri'otlicn

pas s* rer une chère aussi délicate que sera celle <Ui bai

peuple hannonien. Ils ne sauves! pas avoir option sur divers bouillons à parfum naturel ou legumineux ; ou masque leurs

bouillons par des jus et des coulis, leurs cuisiniers n'auraient ni le talent ni la patience de leur faire un assortiment en bouillons purs de viandes et légumes. Ces cuisiniers de cour sont encore plus inférieurs sur beaucoup de mets qu'ils croient au-dessous de leur dignité. Cependant l'estomac d'un prince comme d'un bourgeois a besoin de variété ; on se blase sur les mets recherchés comme sur les communs : dernièrement une grande princesse en voyage, placée à une table somptueusement garnie par les soins des préfets et des maires, leur disait : « Tout cela est » bien beau, mais je préférerais des pommes de terre. » Elle n'en trouvera pas aisément dans Paris où ce légume est si maladroitement cultivé et recueilli. D'ailleurs se- cuisiniers connaîtront-ils la méthode qui conserve le parfum du végétal, c'est la cuisson sous la cendre, opération dos plus difficiles et dédaignée d'un cuisinier royal. S'informe-t-il on quelle espèce de terrain et selon quelle méthode un légume a été cultivé ? Cesraffinemens de qualité, qu'un roi civilisé no peut pas se procurer, seront assurés au plus pauvre des harmoniens. Ne mangeàt-il qu'une omelette, une salade, il pourra se dire je suis bien mieux servi que les rois civilisés. En effet, on no connaît pas chez nous les distinctions de saveur sur les œufs provenant de divers systèmes de nutrition des poules ; un roi est obligé de se contenter d'oeufs achetés au ha-arct, et dont quelques un- sont de mauvais goût, avec une belle apparence.

En calculs de mécanique des passions, la régularité exige qu'on établisse les preuves sur les 2 extrêmes de chaque série. J'ai cité en parallèle de jouissances, l'une dos plus fasli* lie

des équipages et voitures de gala ; je vais descendre à l'une des plus vulgaires, n'en déplaise aux beaux esprits qui no peuvent pas se façonner à celte règle du contact des oxtrôi: le qui,

disent-ils, ri'esï pas à la hauteur de la philosophie : elle va dédaigner un parallèle trivial, un sujet tiré du testament burlesque de Scarron qui lègue

A Molière le co<

« Au grosSaint-Amand, du fromage : »

Si le fromage esl digne de la poésie, et même do la muse lyrique, ( voyez ftxîi lé Lebrun sur le triomphe (l^ dos payse y compris le froma v*am - Borti des mains de Galatéo. )

Ce mets champêtre pourra d'autant mieux figurer dan- ma prose

$74 SECTION IV. — M» tXlSMK KT IIAMIONIES DK 1. ATTRACTION.

boui. h fbtt va voir une f roule dé Fromage s'élever à la

hauteur de In plus sublime philosophie, en nous dévoilant le néant des grandeurs crvfliftë

Humainement parlant : la th qu'un roi , avec toUs

ses t te peu! pas servir à sa table du trou tisfaisant

pour ses corn ivés; car il faut, en service harmonique de fromage, présenter trois séries, r des espè le enaqu

pèce. 3" des â^es de chaque variété. Cette distinction en 8 éenelles, exigera environ cinquante morceaux de fromage fraîchement coupes. 1<>!"- même qu'on ne Initierait que sur trois espi comme Gru\> >,, <;<r et Brie, les plus employées à Pai ~ l'on voit, sur les meilleures table?, et sans doute chez le roi. servir à peine troismorceaux de fromage, sans aucune échelle . ni d'espèce; ni de qualités, ni d'âges. Les plus pauvres harmoniens jouiront de cette variété refusée a nos rois. Le fromage étant, ou tressain ou très-malsain, selon son affinité avec les faculté- drgestives de chaque Sujet, douze convives auront besoin de douze qui fc fromage qu'ils ne peuvent rencontrer que sur une girandole

contenant, sous diverses cloches, un assortiment d'une cinquantaine deVariétés en trois séries d'espèce, qualités et âges; variété dont jouira chaque jour le moindre des harmoniens . et qui i si pas possible aujourd'hui, même à un roi.

Il importe de remarquer, sur les plus minimes détails, romme cette minutie de froma.'o, que le bas peuple harmonien sera, en tous genres de jouissance, bien plus avantagé que nos grau M8 souverains. On homme oserait-il dire à la table du roi. i fromages ne sont pas ce qu'il me faut, je veux la sorte frcs-.<a/cr. t/eur moyens t larmes ahondctnti s, chair compacte sans < liticitc et rottaeé&e eers ta croûte ? l'n tel homme serait traité de manant : on doit trou\or tout bon à la table du roi. si on veut

obtenir une sinécure. C'est ainsi que les civilisés sont à chaqw harcelés par les convenances, obligés de modérer leurs pass

Le charme df. harmonien- Sert de ne les modérer en rien, et de

pouvoir e\i rr telle qualité sur la croûte et la mie de fron

QS la trou\eront BUT l'assortiment eu triple série et de même

>m tout autre mets.

I ncluons maintenant sur ce qui touche aux accord- intention-

nais qu'auront fait naître les jou - matérielles, graduées

dO manie: «• A procurer a tOUS dm < -narines a chaque moment ,

rai le charme do la vie matérlelU est de pouvoir à tout ins

satisfaire minutieusement ses plus petites fantaisies. Les rois sont fort loin de ce genre de bonheur qu'on n'obtient que des Séries passionnées ; et ce sera un des motifs pour lesquels un roi, après avoir vu la phalange d'essai, ne reverra ses palais, sa cour, son étiquette qu'avec un profond dédain.

On voit que j'ai estimé au-dessous de la réalité en disant quadruplement de richesse effective et quarantuplement de jouissances ; car dans plusieurs branches, comme les communications et transports, on excédera le centuple. Les mots vingtuple, quarantuple que j'emploie, sont une expression modeste pour adoucir une vérité éblouissante.

On voit aussi que le mécanisme sociétaire observe exactement les règles de contact des extrêmes et lien des parties: les jouissances qu'il procure s'étendent à toutes les classes et aux plus minimes détails.

En combinant avec ces plaisirs sensuels l'absence de soins matériels dont les pères et mères seront délivrés , le contentement des pères dégagés des frais de ménage, éducation et dotation, le contentement des femmes, délivrées de l'ennuyeux ménage sans argent, le contentement des enfans abandonnés à l'attraction, excités aux raffinemens de plaisirs, même en gourmandise ; enfin le contentement des riches, tant sur l'accroissement de la fortune que sur la disparition de tous les risques et pièges dont un civilisé opulent est entouré ; il est aisé de pressentir que la phala

-ai n'aura dès le Tr mois d'autre sollicitude que de maintenir un si bel ordre; et sachant que le maintien va dépendre uniquement de l'accord en répartition, elle s'inquiétera des moyens d'opérer cet accord dont on doutera pendant le cours de la lrr campagne, parce qu'on ne l'aura pas encore vu ; la répartition ne pouvant se faire qu'en janvier ou février, après la clôture de l'inventaire.

On verra donc les séries, les groupes, les individus, se concerter sur cet accord, prendre à l'envi les résolutions les plus généreuses, l'engagement à des sacrifices pécuniaires qui ne seront point nécessaires : chacun luttera de dévoùment intentionnel et de résolutions désintéressées. Chacun , à l'idée de retomber en civilisation, sera effrayé comme à l'idée de tomber dans les brasiers de l'enfer, chacun proclamera qu'il souscrit d'avan€4 a abandonner s'il faut, la moitié de son bénéfice. Des lors le vœu d'unité, l'accord intentionnel sur le maintien de l'unité, -élèvera ai

276 SECTION IV. — MÉCANISME ET HARMONIES PE l'aTTRAC/PON.

phi- haut degré. Nous allons remarquer le même résultat dan* les relations autres que les matérielles.

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