CHAPITRE XXX
D«» l*acror«l nflectneii* opért* par la fusion des .1 cla*HO<».
Nous passons des plaisirs des sens aux plaisir? de l'ame, aux impulsions de générosité qui en naîtront, et qui disposeront à un accord intentionnel en repartition.
Le premier acheminement est de faire disparaître les antipathie- de classe a classe : le- Petites Hordes .'"7 but emparant des travaux mi principal obatacle à la fusion des cl i aux intentions conciliantes part - bénéfice s
P nr faire entrevoir la facilité de cette fusion, partons de quelque point de fait Non- voyons que ta carac ' hles, OOmne Hr.Nnv IV. tant MOI qui inclinent le pli; imiliariaer avec leurs inférieurs, valets ou autres, pourra qu'ils rem tren' - hgnes de cette hianTOillaari aus-i IrèS familier avec Bas inférieurs, tel- que les serruriers qui l'aidaient usa forge. 11 - I à jeter les coussirs on lit à la valet de chambra Cléry qui lui ripostait de même.
' emploi dénotent que la i soraitheureus
elle était en ti subalternes assez probes désintéressé*
pour qu'on pût. sanswooorénient.se rapprocher d'eux m quelques
ooniraira a lien dan- l'ordre civ qm- sont un cortège importa n et suspect pour h i, obligés
de maintenir une police tres-Severo parmi ces dangereux S*r- \itn
J'.i rit(til ehanne que procure la domesticité pas-
sion- listons par quelques détails.
Damon ea( Horimanc : lorsqu'il habitait Paris, il dépensait beaucoup au soin dr et mal secondé, trompa par
i jardinieri oa fatal ait-il
Uni par iter de la culture dea fleuri . sana eeaaar d<
aimer.
■ •allé à la phalar ^sienne de plus belle
pour les (tenu <IU,>
loin d'exciter sa défiance, vont au devant de tous ses désirs , et exercent avec- intelligence toutes les branches de travail dont il ne veut pas se charger. Il n'a aucun démêlé d'intérêt avec eux , puisque tous les frais sont au compte de la phalange ; il est aimé et considéré d'eux par ses connaissances qui leur sont précieuses; il est festoyé d'eux comme appui de la corporation ; il affectionne chacun des sous-groupes, surtout les enfans empressés d'aller, aux apparences de grande pluie, placer des tentes sur les lignes de fleurs : cette réunion de florimanes est pour lui une seconde famille; il y élit des adoptifs en industrie.
Par exemple : Aminte, jouvencelle pauvre, l'une des plus habiles sectaires, est enthousiasmée de Damon ; elle oublie qu'il a la soixantaine, elle voit on lui le soutien de ses cultures chéries ; elle veut s'en reconnaître; et comme elle est membre du groupe des caméristes ou pagesses, elle se charge de la chambre de Damon, du soin de sa garde-robe, (Les fonctions de balayage, etc.. sont dévolues aux petites hordes}. Aminte est donc, par passion, la gouvernante deDamon ; ce n'est pas lui qui la paie, elle serait déshonorée par un salaire; elle a, comme d'autres, son dividende au groupe des caméristes, car elle ne sert pas le seul Damon, mais il est celui dont elle affectionne particulièrement le service;. Sa passion pour la culture des fleurs se réfléchit sur Damon qui est, par ses lumières et sa fortune, la colonne do cette industrie.
Damon recueille ici double charme, deux services passionnés; l'un au parterre avec Aminte et autres coopérateurs qui secondent si bien ses vues, l'autre à son appartement, dont la belle Aminte a adopté la surveillance et les soins domestiques.
Il ne s'ensuit pas qu'Aminte sera maîtresse de Damon: son service est hors du cadre des amours. II est bien probable que Damon convoitera Aminte; mais quelque épisode qui survienne à cet égard, il aura le charme de irouver en elle double service passionné, double sujet d'enthousiasme pour elle, au parterre et aux appartements. Il trouvera donc son bonheur à être familier avec une personne qui fait pour lui fonction de deux domestiques civilisés, d'un garçon jardinier et d'un valet de chambre; il ne manquera pas de la reconnaître pour adoptive industrielle, titre qui lui mm une part quelconque dans la succes-ion d<> Damon.
Observons qu'ici je n'ai mis en jeu que des liens d'amitié, de coopération industrielle, qui seraient bien plus forts chez l'enfance, car o i tes enfants que l'amitié peut prendra un bel
278 SECTION IV. — MM kNlSME KT HARMONIES DE L ATTIWCTION.
essor : elle n'y e.-t contrariée ni par la cupidité, ni par l'amour, ni par les intérêts de famille. L'amitié dan> Le bas âge confondrait lous les rangs, si les pères n intervenaient pour habituer leurs fils a l'orgueil.
Dans l'âge d'adole>eenco. l'amour vient confondre les nmgs et mettre un monarque au ni\eau d'une bergère qu'il recherche. Nous avons donc, même dans l'ordre actuel, des germes de fusion des classes inégales ; on en trouve jusque dans l'ambition : elle habitue 1'' supérieur à se familiariser avec l'inférieur en affaires de parti, en intrigues électorales; on a vu les Scipion et les Caton aller au devant d'un rustre et lui rorei la main pour obtenir son suffrage ; que de bass •mmettent Les lords anglais pour
capter un bourg-poxrri, tout en le payant chèrement!
Nous avons donc, dans l'état actuel, beaucoup de germes tendant a ébaucher la fusion de? classes,, mai.- par tics voies d'abjection, de sordide cupidité. On voit déjà ces \ils moyens opérer des rapprochements entre gens de classes antipathiques.; ces rapprochements seront vingt fois plus faciles quand on opérera par des moyens nobles, des liens de franche affection, comme ceux que je viens de décrire entre Damon et Annule.
Outre ces liens formés par Damon sur la culture des fleurs, il en aura formé vingt autres sur divers travaux dans chacun desquels il sera lié avec la plupart des sectaires. Il y aura contracté des affections corporatives ; et ce heu e.>t d'autant plus actif en harmonie, que chacun recueille de ses compagnons un tribut de Batteries bien sincères, parce que IfetoMioe parcellaire! aérai a une seule branche du travail, applique, chaque sectaire à la branche où il peut exceller.
La flatterie perpétuelle, ou récolte journalière d'encens, est un
pi incipau? I li. unie- du riche haimonien , elle dense de deux
sources, de soq habileté dans les travaux parcellaires [chacun excelle dans les parcelles attrayantes pour lui, et des services qu'il rend a ses séries, -i ses gn upes, en munificence industrielle. Damon, homme riche, a pu Caire des dépenses pour lirei de , lointain des espè* es de fleurs précieuses dont la régence n'aurait pas fait li . a ce titre, il est considéré de teu- les sectaires:
ils le choisissenl pour chef d'apparat, colonel de la grande série des florimanes ; enacun d'eux • -t conservateur passions
rares que Damon a fait \cmr et qui, en civilisation, aéraient volées ou fripées par 1 >. Damon est donc payé h
son présent par double lien affectueux, par sa gratitude pour des coopérateurs zélés, intelligents, et par leur amitié, leur considération et celle des voisins rivaux : il recueille deux tous un tribut de flatteries, et il en recueille autant dans beaucoup d'autres séries où il est sociétaire de premier ordre par son habileté parcellaire. C'est ainsi que ce prétendu vice, maudit par la morale,
» Détestables flatteurs, présent le plus funeste » Qu'ait pu faire aux humains la colère céleste,
devient comme tous nos soi-disant vices un encouragement à l'industrie, une source d'harmonie sociétaire : les pauvres même sont comblés de flatteries dans les groupes où ils excellent; mais en civilisation il n'y a d'encens que pour le riche, et on ne lui en donne que pour le duper ou l'exciter au mal.
Si tant de motifs affectionnent les riches aux pauvres, il en est bien davantage pour affectionner les pauvres aux riches; tels sont les suivants :
Esprit de propriété sociétaire, part au bénéfice, Service indiret du riche envers le pauvre (248), Éducation de l'enfant pauvre parles riches adoptants, Adoption industrielle et participation d'hoirie, Fruit recueilli des dépenses du riche pour la phalange, Desserte des tables de 1er degré, livrée à demi-prix, Festins corporatifs payés par les riches, Flatterie cabalistique distribuée par les riches, Abandon de part aux enfants pauvres (Ve sect.).
Tant de liens nouveaux établiront bien vite l'unité entre ces deux classes, dont les relations n'engendrent aujourd'hui que haines réciproques, spoliations et perfidies.
Ce qui charmera un homme riche dans l'état sociétaire, ce sera de pouvoir accorder pleine confiance à tout ce qui l'entoure, oublier toutes les astuces dont on est obligé de se hérisser dans les relations civilisée»:, sans pouvoir éviter les duperies. Dans la phalange, un riche s'abandonnant en pleine confiance, n'aura jamais aucun piège à redouter, aucune demande importune à essuyer: les petites hordes pourvoient aux secours nécessaires; ct« 5t bien rare parce que les harmoniens, pourvus d'un minimum suffisant, n'ont rien à demander à personne en affaires d'inlérét, assurés qu'ils sont de recevoir, en chaque branche d'industrie attrayante, une rétribution proportionnée à leur travail, à
280 SECTION IV. — RCANISn ET BARMOXTBS m l kTTBACTI
leur talent el à leur capital, s'il- on ont. C'est une jouissance p<>ur eux que l'absence de protection. In certitude que kmte protection serai! inutile à relira rivnux comme à eux-mêmes, que la rétribution et l'avancement seront équitablement répartis, en dépit de toute intrigue. L'on verra ce mécanisme clans les notices 0 et 10. Lesliafsons entre h ni donc très-facifeg en harmonie :
-luiront L'homme par la gatté, le
-.. ,.[ la i ar l'appareil f;i-tueux
du travail et le concerl les e Les plus pauvres seront
fiers de leur nouvelle condition et des haut' de leur
phalange qui \a changer In face du monde; ils tiendront tinguer des civilises par une probité, une équitc qui seront Punique voie do bénéfice Voyez ^ • '\ iticé). 1U auront adopté en peu de temps l'esprit et les manières de ceux qu'un coup de foi tune fait pn-ser subitement d'une chaumière dans un hôtel, el ce bon Ion Rétablira fort aisément chez la classe pau-
de la I™ phalange, si on la choisit dans le- régions où le peuple est poli, comme aux emiron- I ira et Taris.
i en partie par haine pour le peuple civile que riche- -e passionneront d'emblée pour celui de la phalange : ils le considéreront comme une and •• d'hommes, et se fami-
liariseront avec lui par redoublement d'horreur pourlafaos et la grossièreté civilisée. Rs oublieront leur ran du peu-
ple harmonien, aUSSi facilement qu'ils l'oubli» nt aujoud'hui |
' pourtant femmes du p.
prétendant aux belles manie
l'estime donc qne la fusion s'ébauchera de- 1. tels
se riche sera la première à s'indigner contre le prin : politique civilisée : // faut qu'il y ait beaucoup dt \ i qu'il n ait q ; principe qui sera bien vite
remplace par celui-ci : Il finit que les /xiurrrs jouiêêttU d'une
letrichi
]u'un des principaux n fu-
BÎOn sera le | enfants SUI l'éducation naturelle ou en-
traînement a l'industrie et aux étude- par plaisir, saaa aucune impulsion île peu-- ni de mai' l si surtoul . <• prodige qui entfcausiasmara le- chefs de ramilles opulentes, et : • a la
fusion.
i accord do répartition n'échouerait pas» lors même qu'on ne parviendrait pas à opérer la fusion dès b i ani rem en
NOÏICK VHI. — CHAPITRE XXX. 2SI
IXe notice qu'il existe pour cet accord un moyen indépendant de la fusion des 3 classes : elle ne pourrait pass:opérer promptement, si la phalange d'essai était composée d'une populace grossière.
Et en spéculant sur le choix d'un peuple poli, cette fusion manquera encore de 2 ressorts ; car le peuple élevé en civilisation sera toujours en arrière de la haute éducation, et d'autre parties familles riches, passante l'état sociétaire, n'auront point contracté avec leur peuple des liaisons d'enfance.
Malgré ces deux obstacles, la fusion sera déjà possible par suite de l'enthousiasme général ; et bientôt les riches ne voudront connaître les distinctions de rang que dans les cérémonies publiques et les réunions d'étiquette. Partout ailleurs l'amitié collective l'emportera et donnera naissance à la passion inconnue des civilisés, l'unitéisme, dont je donne, quelques aperçus au 32° chap.
Si les relations sociales sont chez nous un sujet de discorde générale, c'est qu'elles vexent partout la majorité pour les plaisirs de la minorité. Cent personnes s'amusent dans un bal. mais cent cochers et valets se gèlent en plein air, ainsi que les chevaux stationnant à la neige, à la bise; même ennui pour les cuisiniers et valets qui préparent la fête, sans aucun goût pour ce travail: il deviendrait attrayant dans les Séries passionnées, soit par les intrigues de préparation, soit par la distribution des édifices ; mais surtout par la domesticité indirecte qui, dans diverses fonctions, transforme le riche en serviteur passionné du pauvre.
Et comme ces accords feront le charme du riche, bien autant que celui du pauvre, on verra de part et d'autre égal empressement, concours d'intentions généreuses pour faciliter la répartition d'où dépendra le maintien du bel ordre sociétaire. Mai- quel sera l'étonnement des coopérateurs, lorsqu'ils apprendront que pour établir concorde et justice dans cet!.1 répartition, il n'est d'autre
rt à entremettre que la cupidité ou amour de l'argent, d'obtenir les plu- I i Q Ve sect., l'erlair-
ment de cette étrange énigme, qui » l quement ex-
pliquée: n'en déplaise a la morale, on verra que l'amour de l'argent est la voie de justice et de vertu dans IfiS :iées.
282 SECTION IV. — ML' \M-Mh FT HARMONIES DE L ATTRACTION.
I HAIMÏÏŒ XXXI.
De l*accor«l intentionnel par le charme «le mécanisme.
Nous touchons à l'un des cotes merveilleux du lien sociétaire : ce ne sont pns des prodiges qu'on va lire, mais de double- prodiges. Nos esprits forts contestent à Dieu le pouvoir de faii * miracles; on va voir chez le monde sociétaire une faculté plu? surprenante, celle des dolbles miracles, pouvoir d'opérer dans chaque branche de relations deux prodijo-. cumulativemcnt et non pas un seul.
n'est pas -ans raison que la nature nous donne du penchant pour le- ces illusions romantiques sont nature de l'hom-
me sociétaire, mai- en sens fort différent de celui qu'ont adopté imanciers qui ne nous présenlënl que des prodiges simples. Ils -ont, à cet égard, moins clairvoyants que le peuple, qui aperçoit et définit fort bien la destinée de l'homme, bonheur ou malheur composv et jamais simple.
Ce principe est exprimé dan- deux adages vulgaires, appliqués l'un a la richesse, l'autre a la pauvreté.
R : La pierre \a toujours au tas.
P : Aux gueux la besace. « .ibyssus Ibyssum invocat.
En effet, >i un homme est riche, on lui jette à la tète les sinécure-: Bonaparte donnait aux riches banquiers des sens de 25,000 fr. de rente. Si un homme est pauvre, on ne \eut j>.iinèiue lui donner de remploi; sa probiU m ajoute
l'outrage .1 Ba misère : le bien et le mal ne -eut jamais s'm pour l'homme social, -.1 destinée es! la dualité en bonheur ou eu malheur, le mode composé et non pas sit» pie.
Ignorant ce principe, nos sciences politiques, morales et m physiques on! toutes donné le bihfusHi, dans l'erreur d'eni
ger le mouvement social et la nature humaine en mode simple, croire que l'homme e-t mit pour le bonheur -impie OU pour le malheur simple : ce faux principe, que je nuiniii" 9IMÎM ISI
conduits menl en égarement, jusqu'au plus honteux «le
tous, au ma rm et ,1 V athéisme 1 qui sont deux opii
simplistes, réduisant la nature à un seul principe, bu matériel . et le siècle tombe dai ibsurdité ose vanter son vol sublime I
pons d'abord le \
née simple ; démontrons par 3 exemples sur la richesse, la santé et l'économie, que dans nos relations domestiques et industrielles tout sera bonheur composé, charme dualité, lorsque l'homme sera rendu à sa nature, au mécanisme sociétaire.
4° Double prodige en richesse. Les civilisés s'estiment heureux lorsque, pour fruit de leurs travaux, ils parviennent à l'aisance après quelques années de privations. Les 7t8 d'entre eux sont réduits à supporter le dénûment pendant la jeunesse, pour n'atteindre, en fin de compte, qu'à la pauvreté dans la vieillesse. On peut donc nommer classe avantagée celle qui, pour prix d'une jeunesse laborieuse, acquiert l'aisance ou petite Jortune, dans l'âge moyen, à 40 ans, où l'on est encore à temps de jouir. Un tel succès est un demi-prodige, vu les difficultés à surmonter ; et il y a prodige complet, lorsqu'en débutant sans capitaux, on arrive par industrie à la grande fortune dès 1 âge de iO ans. Mais si on arrivait à la grande fortune de bonne heure, sans versement de capitaux, sans autre effort que de se livrer immodérément aux plaisirs de toute espèce, le charme serait double : il y aurait prodige de faire grande récolte sans semailles apparentes, et prodige d'obtenir la fortune par l'exercice des plaisirs qui, en civilisation, la font perdre si souvent à qui la possède.
Chacun, en harmonie, voit s'opérer en sa faveur ce double miracle; en effet, les travaux y étant transformés en plaisirs lucratifs et attrayants, chacun arrive à la fortune par l'exercice des plaisirs; et on y arrive de bonne heure, à 20 ans, à 10 ans, et même à o, puisque un harmonien jouit de tous les biens enviés par nous : voitures, chevaux, meutes, bonne chère, spectacles et fêtes continuelles; tous ces agréments sont, en harmonie, l'apanage du plus pauvre des êtres ; il a les voitures, meutes et chevaux de minimum, valant le train d'un Parisien rente à trente mille francs, et qui ne jouit pas d'un assortiment à option.
Et comme les plaisirs sont payés dans cet ordre social qui les utilise, comme on rétribue d'un dividende les groupes qui s'adonnent à la chasse, à la musique, ainsi que ceux qui exercent à la charrue, devenue attrayante, il arrive :
1° Que Tharmonien, dès son jeune âge. recueille sans semailles, puisqu'il n'a songé qu'à se divertir.
I Qu'il s'enrichit par l'exercice de ces nombreux plaisirs, qui aujourd'hui le ruineraient en peu de temps.
C'est donc en sa faveur un double prodige, un charme compo-
281 section iv. — nre et i; ! \ttraction.
se et non pas simple pn acquisition dp riche-' s. Passons à d'au-
ni racles cnmpo
2° Double prod'xj' en santé. Une règle, qui nous paraît fort
esl d'user modérément dps plaisirs, afin dp ménager le
; el l'on regarde comme prodige L'avantage bien rare de
rver la santé en se vautrant dans la débauche. L'antiquité
nna qoe Néron < igueur, a] ans
dV ' bi réels.
Si cet usage immodéré des plaisirs devenait voie de sant. celui qui s'adonnerait le plus a x jouissances quelconques devenait l'homme le plus robuste, un tel ellet serait double prodige , able dan- les mœurs civilisées, où chaque plaisir entraîne d'ordinaire ù d a qui compromettent la santé; tandis que dans les 5 issionnées, où il existe partout des contrepoids foi: la variété de chacun a vigueur, selon son activité à figurer d |
Irons: l'homme qui aura pan ouru dans journée trenl - de jouis avi-
ron une demi-heure ; celui qui n'en aura goûté que quim aura donné le double de temps, environ une heua deux heu i s plaisirs. 11 esl évident que le pre-
nant chaque plaisir à une demi-heure, aura beaucoup moins abusé, moins approché de Pexcès que le .'**. qui aura donné . heures â < h Quatre h ent d'in-
n le lendemain d'un grand et kmgrepas; on • jurer
que trois d'entre eux auraient échappé à llndigi eût duré moitié moins Les généraux d'Alexandre firent une d'ivrognerie et gloutonnerie qui se pro pendant toute la
nuit; quarante-deux d*entr'eux en moururent te lendemain1: bJ ie n'eût duré qi I 3 heures, il n'en serait |>;i- mOTt un seul ; car on aurai! è\ Ité les excès qui d'ordinaire n'ont lieu qu'à la fin du repas et dans I
Selon ce principe, plus les plaisirs seront nombreux • quemmenl vai iés, moins on risquera dVn
:ne l - ti;i\.iu\. de\ionnent nage de santé quand on eu MO modérément. Yn dine d'une heure .
animées qui préviennent la précipitation, la gloutonnerie, nécessairement n rvanl .1 réparei p'usenril
un long repe • sdhm les grands dinéi de rivi-
.isation, les réunions morales d'électeurs, francs-maçons, corporations, el aulresqui passent une demi-journée à table, en l'honneur de la douce fraternité. Ces longues fêtes de civilisation, ces repas et bals interminables, ne sont que pauvreté, absence de diversion et de moyens.
L'harmonie qui présentera, surtout aux gens riches, des options de plaisir d'heure en heure, et même de quart d'heure en quart d'heure, préviendra tous les excès par multiplicité de jouissances; leur succession fréquenle sera ne gage de modération et de santé. Dès lors chacun aura gagné en vigueur, en raison du grand nombre de ses amusements : ellét opposé au mécanisme civilisé , où la classe la plus voluptueuse est partout la plus faible de corps. On ne doit pas en accuser les plaisirs , mais seulement la rareté de laisirs d'où naît l'excès, qui semble autoriser les moralistes à condamner la vie épicurienne : ils prêchent la modération inverse ou résistance à l'appât du plaisir ; ils ignorent le régime de modération directe ou abandon à une grande variété de plaisirs contre-balancés l'un par l'autre, et garantis d'excès par leur multiplicité, leur enchaînement.
Ce n'est pas en civilisation que peut s'établir ce mécanisme ; il est réservé aux Série- passionnées. Toute notre sagesse est d'ordre inverse, notamment en médecine où nous employons la sobriété, la privation spéculative, au lieu delagastrosophie ou gourmandise équilibrée par la variété qui satisfait à la fois le soùt l'imagination et l'estomac, bien plus fort en facultés digestives quand on le soutient par une échelle de variétés adaptées au tempérament.
L'ordre sanitaire naîtra donc de l'afriuence même des plaisirs, aujourd'hui si pernicieux par l'excès que provoque leur rareté. Un tel résultat sera double prodige, ou charme composa, relativement à la santé . 1° 11 transformera en gage de vigueur celte vie épicurienne qui, flans l'étal actuel, esl foie de perdition, (mit de la santé que de la fortune. 2° En prodiguant aux riches ces alternats continuels de plaisirs, il transformera et voie de santé la rîebeSM qui, aujourd'hui, n'est que suie d'affaiblissement ; car la cftnse la plus riche est toujours la plus sujette aux maladies : témoins les gouttes, rhumatismes et autres maux qui s'acharnent sur le prélat et le ministre, et n'entrent pas dans la cabane du m. où d'autres maladi- -. «'oinme les fièvres, ne pénètrent que par 1< de travail el non ri o plaisir.