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39i SECTION M. — ANALYSE DE LA CIVILISATION.
Au résumé, cette erfee, sur laquelle on a fait tant de bel esprit, était Pôlfet des deux caractères coïncidents :
Refouhmtnt pléthorique et conlre-coup (Tavorlement.
\.< -journaux et ouvrais qui en parlaient tombaient tous clans la même erreur; ils rapportaient à une seule cause quelquefois très-mal définie;, le désordre qui provenait de deux caus ranl combinément Aucune des deux n'était avouée avec frandkke par fat écrivains; ils ne s'étudiaient qu'à innocenter les deux ttwooflqui avaient causé le mal par deux menées contradictoires, l'une en obstruant les marchés d'un superflu gigante* l'autre en dépouillant ces marehés d'un apn>\ isinnncnient M -aire : c'était d'un côte profusion folle, et de l'autre SOMgUractlC vexatoire ; excès en tous genres et confusion en mécanisme, voila le commerce , l'idole des sot-.
Souvent on trouve 3 et i caractères influant combinément dans une machination mercantile ; comment parvenir a la cure du mal, quand nos économistes, loin de vouloiranaUser cettecmnplii ,. d(J ressorts, -'étudient a les déguiser, les farder de -j
Je viens de définir à :.\ caractères du commerce anarclnque nommé libre concurrence, en m'etayant d'e\enements réceato; car il faut, en pareille analyse, démontrer par application a des laits connus.
Combien d'autres caractères malfaisants pourrait-on énunu dans une stricte analyse du système commercial actuel! J'en ai une liste de 7 2, dont 30 énoncés au traité' Il . fetJ
Chacun de ces caractères emploierait, même en définition cincte, un fort chapitre total, 72 chapitre-, pour donner des exemples variés et tires de faits not lui qui vient.
d'être cité.
En outre, certains caractères, tel- que l'a^iota^e, la banqueroute, pourraient employer chacun une dixaino de chapitreon en deiinissait les espèces et variétés.
El pourtant le commerce n'est qu'une branche du mécani* civilise : deux volumes tels que celui-ci ne -uniraient pas a Jaunit se des caractères du commerce, même en né^li^caut les détail* dopratique, tels que les fourberies de chaque métier, dont Ba \oulait qu'on dressât des tableaux cire» .n-tance -. On aurait bieâà faire aujourd'hui île couq>oser ce tableau: il formerait un ouvrage plus énorme que l'Encyclopédie, tant le perfectionnement du
commerce a raffiné et multiplié les fourberies. Je ne propose ici que le tableau des caractères, que l'analyse des ressorts principaux ; j'essaie d'en citer seulement une douzaine des plus saillants, pour signaler la perfidie de la science qui garde le silence, et sanctionne un régime d'où naissent de telles infamies.
Agiotage. Salaire décroissant.
Accaparement. Disettes factices.
Banqueroute. Lésion sanitaire.
Usure. Estimation arbitraire.
Parasitisme. Fausseté légalisée.
Insolidarité. Monnaie individuelle.
Sur ces douze, quelques-uns peuvent paraître peu intelligibles jusqu'à l'explication ; mais il en est au moins six qui seront trèsbien compris, et dont chacun pourra dire : comment se fait-il que la science dite économisme, qui traite du commerce, n'ait pas donné des chapitres d'analyse sur ces caractères, et sur tant d'autres?
Ici, comme au chap. 42, remarquons les caractères engrenerqui naissent l'un de l'autre ; tels sont :
La distraction de capitaux, l'abondance dépressive.
On voit les capitaux affluer chez la classe improductive : le banquiers et marchands se plaignent fréquemment de ne savoir que faire de leurs fonds ; il en ont à 3 %, quand le cultivateur ne peut pas en avoir à G % ; il est réduit à traiter avec des gens d'affaires qui, prêtant à 5 °/0 nominalement, perçoivent réellement 46 et 4 7 % par les charges accessoires et indirectes. Tout l'argent est concentré dans le commerce, vampire qui pompe le sang du corps industriel, et réduit la classe productive à se livrer à l'usurier. Par suite les années d'abondance deviennent un fléau pour l'agriculture : une disette commence à obérer le laboureur, comme on l'a vu en 1816; l'abondance de 1317 vient consommer sa ruine, en le forçant à vendre les grains subitement, et au-dessous de la valeur réelle, pour satisfaire ses créanciers. Ainsi le mécanisme qui distrait tous les capitaux pour les concentrer dans le commerce, réduit par contre-coup l'agriculture a gémir de l'abondance de denrées dont elle n'a ni vente , ni consommation, parce que la consommation étant inverse (33) , la classe qui produit ne participe pas à cette consommation. A lee propriétaires et cultivateurs sont-ils réduits à désirer les fléaux, grêles et gelées; on a vu en 4 82S l'épouvante dans (OUI
pays vignobles, en juin où ils craignaient une bonne récolte, et une abondance dépressive.
Ne suffirait-il pas de ces monstruosités politiques, pour prouver que le système actuel du commerce est un monde a rebours, comme tout le mécanisme civilisé ? Mais tant qu'on ne voudra j)iis analyser les caractères, comment parviendra-t-on à se diriger dans ce labyrinthe ? Nous avons à profusion des faiseur ternes commerciaux, dont le talent est d'encenser tous les vie» de l'hydre mercantile : on sera fort étonné, quand on verra la franche analyse du système commercial mensonger, d'avoir été si long-temps dupes d'un désordre que l'instinct nous dénonce en secret, car le commerce est haï de toutes les autres cla— -
Il suffirait de l'extrême fausseté où il est parvenu, pour dessiller les yeux; la fourberie, l'altération de toutes les matières est à tel point, qu'on doit désirer le monopole général comme préservatif contre le commerce. Vue régie serait bien moins fausse, elle donnerait au moins des denrées naturelles à qui y mettrait le prix, tandis qu'il est impossible aujourd'hui d'obtenir du commerce rien de naturel : on ne trouverait pas dans Taris un pain de sucre qui ne fût mélangé de betterave, pas une tasse de lait pur, pas un verre d'eau-de-vie pure, chez tous les crémiers et cafetiers de Paris. Le désordre, la vexation sont au combl< le commerce ne pouvait pas tarder long-temps à subir une punition éclatante, qu'auraient amenée la pénurie fiscale et l;i vindicte publique. Bientôt l'anarchie de fourberie aurait été remplacée parle monopole préservatif ; t'est un pis-aller auquel tendait Becrètemenl Bonaparte, et auquel on eût été ferré d'en venir
à défaut d'invention du vrai correctif. Du reste, tous les peuples. fatigués des extorsions commerciales, auraient applaudi .
transport au châtiment des sangsues qu'on appelle marchand-. dont la chute aurait constitué l'entrée en ic phase de civilisation. en féodalité industrielle [386).