ÉPILOGUE
du latin au nez des dames; Dites aux dame?, pour les intéresser, que tel effet de passions est dépeint dans tel végétal ; montrez-leur les variétés de l'amour dans l'iris, la tubéreuse, l'œillet, la hyacinthe, la pêche, l'abricot, le pinçon et le coq, vous les amorcerez mieux à l'étude qu'en leur débitant vos légendes barbares, vos ronces acadénv
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DRUM. Joli concert pour attirer le beau sexe à l'étude !
Sans recourir aux végétaux brillants, aux bosquets de Cythère, on peut dans les plante- les plus bourgeoises*, dans le chou et l'oignon, expliquer des analogies très-irraeicuses. Essayons :
Le chou est emblème de L'amour mystérieux, de ses intrigues secrètes masquées par centuple ruse, pour échapper aux argus et aux obstacles. De même, le chou cache sa fleur sous les voiles de cent feuilles emboîtées. Ses feuilles, bouillonnécs et ondoyantes, figurent les efforts astucieux d'amants obligés de cacher leur lien ; elles sont plutôt bleues que vertes, parce que l'azur est la couleur de l'amour ; l'azur domine dans la feuille de l'œillet qui peint la jeune fille fatiguée par réplétion d'amour, privation d'amant.
Le ehou-fleur qui est contre-partie du chou, dépeint la situation opposée, l'amour sans obstacle, ni mystère ; les ébals de la jeunesse libre qui voltige de plaisir en plaisir; aussi le chou-fleur est-il un océan de ficurs, image des charmes du bel âge : sa feuille n'est, ni azurée, ni bouillonner, parce que la jeunesse libre, formant des orgie-, est peu amourense, n'a pas besoin de recourir aux astuces, comme la jeu entravée dont le chou est symbolique.
Le chou-fleur a comme certain- végétaux un vice de fétidité; il infecte l'eau et le local où il cuit; l'artichaut infecte la main qui le cueille, et l'asperge infecte les mines. Dans ce vice commun aux 3 plantes, la nature dépeint différents désordres de l'amour libre : observons ce tableau dans le chou-fleur emblème du jeune homme à bonnes fortunes, du séducteur en VOgUOj de l'homme pour qui les amours sont un 0 de fleurs, l'n tel homme sème le troulde dais les familles, il n'est bruit que de femmes et ftlles Séduites par lui : delà les caquet-,
querelles domestiques, les incidents fâcheux-, et par emblème le chou-
flcur Infecte l'élément Bymbollque delà famille, selon ce tableau :
Terre, Air, Aïonie, Eau, X Feu,
xniiiié. Ambition, Animir, Famille, Unité.
On explique de même, par analogie aux désordres d'amour, les deux infections que produisent l'asperge et l'artichaut ; mais ces sujets seraient trop obscènes : la tendre et Blmple nature est parfois trop simple, trop amie del'aogUSte rértté. Parmi 906 tableaux , il en et! beaucoup qui ne sont pas admissibles en I <>nne compagnie; et je ne pourmères expliquer, par écrit, les emblèmes que f .omissent l'a-perge
sur l'analogie. 463
et l'artichaut, tous deux hiéroglyphes de scandales amoureux qui sont très-bien dépeints dans leurs feuilles, leurs fruits et toutes leurs habitudes. On ne peut les expliquer qu'en comité d'hommes, tant le tableau est fidèle, surtout en y joignant les contre-parties, comme le. cardon qui est l'opposé de l'artichaut : l'un représente la fille d'honneur, et l'autre la libertine.
Toutefois, les vérités crues de l'analogie sont bien admissibles sur ce qui louche aux classes et caractères subalternes. Qu'on explique, dans la chèvre et le bouc, un tableau des mœurs vénales du peuple; en amour, cela n'offensera que des gens qui ne savent pas lire ; quant aux avares sordides, on ne craindra pas de leur présenter un miroir dans le pourceau et le chêne, deux portraits d'avarice qui doivent se convenir et s'assembler, car ils sont le même tableau en diverses nuances; aussi le fruit du chêne, le gland, n'est-il en affinité qu'avec le cochon.
L'analogie dissipera nos préjugés en politique, ainsi qu'en morale. Deux analyses de la ruche et du guêpier réduiront à leur juste valeur nos préjugés sur les libertés administratives et les garanties : l'unité d'action est moulée dans la ruche, la duplicité dans le guêpier; ce sont deux analogies magnifiques.
Un vice des beaux esprits civilisés, vice qui les a égarés dans l'étude de la nature", est de ne pas rapporter tout aux convenances de l'homme. Selon ce principe, quels que soient les tableaux fournis par l'abeille et la guêpe, l'une dépeint le bien, puisqu'elle nous donne richesse composée, par le miel et la cire ; l'autre dépeint le mal, puisqu'elle donne pauvreté composée par son carton inutile et ses ravages. Telle est aussi l'araignée, image du commerce mensonger, du piège de libre concurrence.
Les analogies sont déjà très-séduisantes isolément, par la fidélité du pinceau de la nature. On vante le tableau du tartufe peint par Molière, la fleur dite Amarante et le reptile nommé Caméléon, sont des tableaux de l'hypocrisie plus parfaits encore. Pour en juger il faudrait une longue description de toutes les parties de ces deux moules.
Les analogies redoublent de charme quand elles sont présentées en contraste et en graduation. L'aigle et le vautour nous dépeignent deux autorités qui s'élèvent de fait au rang suprême, qui savent régner ; mais il est des princes qui se traînent, et sont incapables de régner • ils ont pour emblèmes l'autruche, ou pauvre d'esprit, grand corps sans tête ; et le dronte, image du sot orgueilleux, tête ignoble dont le cerveau ne produit qu'une crête ridicule et inutile à l'homme, ainsi que tout le corps de l'oiseau.
Pour faciliter l'étude de l'analogie, il faut assembler des galeries de portiaits sur un même sujet: s'agit-il de l'auguste vérité, il faut étudier combinément les emblèmes de vérité; tels sont le cygne, la girafe, le cerf, le sapin, le cèdre, le lys, tous hiéroglyphes des différents