‹ Œuvres complètesChapitre 264 sur 276 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

coup sûr, cet oiseau représente quelqu'une des relations de paiera

en effet, le serin est le petit enfant gâté, il veut vivre de friandises, de sucreries; les enfants gâtés ont an babil agréable, dépeint par U zouillement du serin; il est impérieux, furibond comme eux; il se fait bien servir et obéir; aussi la nature lui a-t-elle placé la couronnesur la tête, par emblème de l'enfant gâté qui est roi dans le ménage, commandant a père et mère, à sœurs et bonnes : tout fléchit sous sa loi.

Etudions de plus grands mystères, à l'aide de la couleur jaune raillée par les plaisants. Observons sur la tète du perroquet kakatoès, une 1 minière jaune en aigrette. Molière dirait que c'est la bannière du.. .. miriage, cela Pst vrai ; mais expliquons dans quel sens. Les perroquets sent l'emblème des sophistes du monde philosophique; par analogie, cet oiseau manie très-bien la parole, mais il n'a que du verbiage sans raison. Tels sont les brillants systèmes de la philosophie représentés |*ar des variantes contrastées dans la distribution des couleurs dont le perroquet est chamarré : l'un a du jaune en sommet d'aile, et du roi pointe; l'autre a le rouge en sommité, le jaune en pointe; ainsi l< phtstes, comme Epîcure et Zenon, sont dans leurs dogmes la contre-partie l'un de l'autre. Sur quoi reposent iout tcur échafaudage de systèmes ? Sur le régime de famille, sur ie morcellement par petits ménages coujugau\: toute la philosophie roule sur ce \icieu\ pisot, qui est 1 antipode du régime sociétaire. 11 faut, par analogie, que le perroquet pivotai, qui est le blanc, déploie la bannière jaune, emblème du - te paterni-

!é : ce groupe est la base de tous les systèmes sociaux conçus par la philosophie; aussi le perroquet BANNEEET, le kakatoès est-il baignant dans le jaune qui colore toutes les plumes inférieures de son cow Ce serait un sujet fécond en analogies, que l'étude du perroquet gligeons-la, puisqu'elle nous dévoilerait tous les côtés faible- des philosophes qui, prêchant la tolérance elles charmes de la vérité, sont aussi peu enclins à pratiquer la tolérance, qu'à entendre la vérité s:: sa\oir-faire.

C'est une étrange contradiction, chez les sophistes, que de poser en principe l'anus ci l'analogie du tytième de la nature (Schelling, p. 14),

. ; vouloir que les finaux de direction fournis par la nature, comme ta gamme septénaire descouleurs primitives, no soient anale-;.' - \ RIEN!

Si l'unité et l'analogie existent réellement, il faut bien que ee fanal primitif soit emblème de quelque chose ! De quoi »i

i? Prétendra-t-on que cette gamme de couleurs primitif»

qui- des harmonies matérielles, comme les sept cotes combinées et la clavicule, les sept os du crâne et le frontal, les sept notes moi prononcées et la 8* d'écho ? C'est accumuler outre la philosophie quatre

uriefs d'ignorance ; car si la nature cumule ainsi les analogies en matériel, 11 faut, selon le principe d'unité, qu'elles se reproduisent 00

inel et qu'on sache déterminer, parmi le* passions, une gamme de

sur l'analogie. 461

7 ressorts primordiaux, non compris les gammes secondaires par 12 en semi-tons, par 24 en majeur et mineur, pur 32 en transitions, etc., etc.

Abrégeons sur ces fastidieux principes, revenons à la pratique; reprenons les détails d'analogie des couleurs ; et passant du jaune au rouge, mettons en scène un charmant emblème, le chardonneret dont la tête coiffée de rouge, baigne dans le rouge couleur de l'ambition, selon la gamme précédente. Cet oiseau est l'opposé du serin : son plumage grisboueux, mais propre et lustré, indique une pauvreté industrieuse; il dépeint l'enfant issu de parents pauvres, tenu sévèrement, élevé par eux aux idées ambitieuses, à la prétention de s'avancer. 11 est préoccupé de cette idée et, par analogie, son cerveau baigne dans le rouge, couleur de l'ambition. Son ramage, emblème de l'esprit cultivé, égale celui du serin, qui est le portrait de l'enfant riche et pourvu de bons maîtres. Ainsi, l'enfant pauvre et stimulé s'élèvera au même degré d'éducation et d'instruction que l'enfant opulent; il saura dérober la science qu'on prodigue au riche ; et comme il ne parviendra à cette instruction que par les secours de sa famille, la nature a empreint de jaune les pennes de son aile, pour indiquer que son élévation est due au soutien de sa famille, au groupe de paternité figuré par le jaune. Cet enfant pauvre ne s'épouvante pas des ronces de la science ; il surmonte les obstacles de l'étude, il deviendra habile jurisconsulte, fameux médecin. Par analogie, le chardonneret se plaît sur le chardon, plante épineuse et sympathique avec la classe rustique habituée aux épines de l'industrie. C'est pour figurer ces rapports que la nature met en sympathie, sur le chardon, deux personnages constraslés :1e chardonneret, emblème de l'enfant studieux issu du paysan, et l'âne, emblème du paysan, de son patois ou braiement risible, de sa nourriture chélive, de sa résignation aux mauvais traitements, et de sa sotte obstination dans les vicieuses méthodes.

Ici le chardon présente double analogie : une sensuelle, une spirituelle. Le paysan aime les liqueurs fortes , les mets piquants et les émotion? violentes, comme l'aspect des supplices; delà vient que l'àne, emblème du paysan, aime à se nourrir des piquants du chardon, et envisager un précipice effrayant.

C'est ainsi que, par entremise de l'analog'e, les êtres les plus dédaignés, l'àne et le chardon, inspirent de l'intérêt. Ce que Doileau a dit de la mythologie s'applique mieux encore à l'analogie :

« Là pour nous enchanter, tout est mis en usage

» Tout prend un corps, une âme, un esprit, un visage. »

Sans l'analogie, la nature n'est qu'un vaste champ de ronces ; les 73 systèmes de la botanique ne sont que 73 tiges de chardon. Rousseau les a bien qualifiés de science rebutante, qui vient cracher du grec et

Page 1