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CHAPITRE X

Des Danioiselles et Damoiseaux.

•s objections sur la disparate des coutumes d'Harmonie avec les nôtres ont été suffisamment réfutées au\ Interliminaires (III, 86). Achevons de remplir la tache, de distribuer la tribu de transition amoureuse en dem i lorporations contrastées, marchant,

Uuru au beau par la route du bon, — Vi stalat.

L'autre au bon par la route du beau, — DâMOISBI LAT.

Le système d'éducation attrayante ne sérail pas in-

tégral composé, si cette méthode n'était pas soutenue

jusqu'à l'âge de majorité, 19 î\ 20 ans (tribu 7e., les ado-

ents , ou se termine l'éducation. Il faut que, jusqu'à

relie époque, elle opère de manière à entraîner au travail

ii riuctif les deux classes de vestalal et damoisellat, tout en favorisant leurs inclinations.

Les fonctions veslaliques oe doivent leur relief qu'à la scission d'une moitié de jouvençaus el jouvencelles qui prenneni parti pour des mœurs différentes. I es carai t< nr mnl pas tous île irempe convenable à se soutenir

{temps dans les voies virginales : i! faut donc «les mé

thodes propres à discerner et employer utilement ceux qui penchent pour la précocité en exercice amoureux.

II arrive toujours qu'une moitié des jouvenceaux et jouvencelles, moins pourvue des talents, de la beauté, de la force de caractère nécessaires pour s'avancer dans le vestalat, ou bien stimulée par le tempérament, par les dispositions galantes, s'enrôle de bonne heure sous la bannière amoureuse, et prend parti dans le corps du damoisellat, plus nombreux en hommes qu'en femmes.

Le corps des damoiseaux et damoiselles forme une moitié de la secte d'amour fidèle qui est première fonction ou première touche en gamme d'amour.

Ce n'est pas à 15 ans [ou 15 1/2], à l'instant même du passage en 6e. tribu, que les jouvenceaux et jouvencelles optent entre le vestalat ou le damoisellat ; tous débutent par la vestalité : il serait même honteux de n'y pas passer au moins quelques mois. Ce n'est que peu à peu que les caractères faibles se laissent prendre à l'amour : dès l'âge de 16 ans, quelques-uns désertent le vestalat, d'autres plus tard. Ce sont communément les moins beaux qui perdent patience ; la chance des unions princières d'armée étant « assez faible » pour ceux et celles qui n'ont pas la beauté [ou de grands talents pour briller dans une armée formée par vingt empires.]

Dans l'état civilisé, c'est d'ordinaire une classe de femmes peu honorables que celles qui se livrent de bonne heure à l'amour : elle est pourtant bien nombreuse; elle comprend les 9/10es. des paysannes, et les grisettes do la ville, qui à 16 ans ont déjà eu plus d'amants qu'elles n'ont d'années. On rencontre aussi parmi les demoiselles de la bourgeoisie ou de haut parage, quelques aierclines qui, avec leurs masques d'Agnès et de bigotes, « sont

bien plus débauchées que les > grisettes. Il existe donc en civilisation une très-grande majorité de femmes précoces en amour et en libertinage secret.

La transition amoureuse est au contraire fort décente en Harmonie, parce que le corps du damoisellat à des rivalités qui 1'obligenl a se respecter, et ne pas former un contraste choquant avec le vestalat où régnent au suprême degré l'honneur et la pudicité. Il faut, pour établir la concurrence, que les damoiseaux et damoiselles compensent leur foibte6S€ précoce par un grand raffinement de délicatesse en amour, de manière que les deux carrières de vestalat et de damoisellat conduisent par des voies différentes au\ buts généraux de l'éducation , aux progrès de l'industrie [et des études] , au lustre des vertu- sociales , [et qu'ils marchent , l'un au bon par la route du beau, l'autre au beau par la route du bon.]

L'époque la plus critique (le l'éducation , celle d'a\enemênt en puberté , deviendrait lVcueil du système harmonien, si elle faisait dévier la jeunesse de 061 nobles sentiments dont l'éducation l'a nourrie. L'amour ne doit donc intervenir que pour donner une force nouvelle ,> impulsions honorables ; il doit Opérer à l'encontre du mécanisme cisilisé, où il ne s'empare des jeunes tètes que pour leur inspirer le mépris de tous les préceptes de

l'éducation, l'esprit d'astuce et de ligue contre

les moteurs et les autorités , le goût des excès, el souteol

vices ei de la crapule. Voilé ce qu'obtient l'éducation

civilisée, en refusant d*OU?rirà l'amour les deux carrières de rivalité honorable qui doivent « l'utiliser > et le régU

lariser dans ses débuts.

Les rel. liions d'Harmonie lOOl disposées de mani< 1 1

que mille intrigue d'amour m peu! rester inconnue, sur

tout dans la tribu du jouvencellat ; en outre, la fidélité et toutes les affections honnêtes y jouissent d'un lustre dont on ne voit pas même l'ombre parmi nous, qui ne pouvons ni garantir la fidélité , [ni lui assurer un lustre , une récompense.] Ce serait donc pour un damoiseau comme pour une damoiselle, un grand déshonneur que de n'avoir pas débuté par quelques détails honorables , et d'entrer dans la carrière comme la jeunesse civilisée, par la route du dévergondage ou de l'hypocrisie.

Le corps de damoisellat refuserait de s'agréger de tels personnages : s'il n'a pas pu marcher de front avec les vestales dans le sentier de la virginité , il se pique de les égaler au moins en délicatesse. Ainsi le jouvenceau ou la jouvencelle qui débuteraient sans moralité dans leurs amours, essuyeraient l'affront d'être refusés au corps du damoisellat, qui tient rang, à la cour galante, dans la Série de fidélité. Ils seraient obligés de prendre place à la première tribu complémentaire (III, 440), et y seraient mal vus, parce que celte tribu est hors de ligne par insuffisance de titres caractériels, et non par défaut de mœurs ni de procédés.

Comment les penchants honnêtes pourraient-ils germer chez les jeunes femmes, si on en dispensait les jeunes gens leurs compagnons de tribu, et si le jeune homme allait, comme en civilisation, se livrer à une foule de femmes dès que le premier pas est franchi ; s'il trouvait comme aujourd'hui dans la classe dite honnête et comme il faut, des femmes qui voudraient toutes prendre leur part d'un joli débutant? Dans ce cas le libertinage des jeunes gens entraînerait celui des jeunes filles, et le corps du damoisellat ne serait bientôt qu'une réunion d'orgie : l'ordre sociétaire prévient cette dépravation en astreignant

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les damoiseaux aux mêmes statuts de fidélité que les damoiselles.

On vante les premiers amours , leur vive impression dont il reste toujours dos souvenirs : il faut donc, en politique sociale, utiliser celte belle passion en lui donnant un brillant essor. Les cboix étant libres, on ne verra pas beaucoup de jouvenceaux se jn>sionner pour les jouvencelles de même âge : la nature aime les croisements et rapproche volontiers les loignès. D'ailleurs, elle

établit en Harmonie tant de relations amicales entre les Ages divers, qu'on verra encore plus qu'à présent, le jouvenceau débuter avec une femme àgee, et la jouvencelle avec un homme fait. Il n'y aura toutefois rien de fiie là-dessus, puisque l'entière liberté régnera dans les choix.

Le premier amour est très-révéré en Harmonie; on le considère comme une sorte d'alliance perpétuelle , et on ne manque 3 de le cimenter par un legs testamen-

taire. Ces! encore l'opposé des usages civilisés, où le premier amour entravé par les parents, méconnu par la loi , déguisé p ir les am ints . ne laisse bientôt après , que les plus faibles souvenirs, ci se trouve d'autant mieux déconsidéré, que la loi affecte de ne reconnaître pour premier amour (pic celui du lien conjugal , qui chez les hommes est plus souvent vingtième amour que premier, et qui est xi rarement premier chei les (emn*

Quelle sera la durée probable «le la fidélité (l'un damoiseau ou dune damoiselle? pense-t-on «pie ceux qui auront débuté I 16 «ai 17 ans, puissent être fidèles jusqu'à 19 «m 20 , époque d'enti i ace ? le lerme ^vr iii

long et un peu au-dessus de la puissance humaine : pendant , pour \ arriver autant que possible , on s'attache

à prévenir les occasions d'inconstance ; la secte des damoiseaux et damoiselles n'a qu'un demi-accès en cour galante ; elle ne fréquente pas les séristères de hauts degrés en amour ; elle n'est qu'un anneau de transition , jouissant d'une demi-liberté amoureuse. Quoique l'Harmonie distingue des amours de tous degrés, indiqués à la gamme (II, 356), elle ne se bâte pas d'y admettre la jeunesse dont l'éducation n'est pas achevée ; aussi le damoisellat ne fréquente-t-il que les Séries du degré de fidélité, et la secte du faquirat qui est celle de Décius amoureux d'un et d'autre sexe ; puis la secte de rigorisme ou pruderie , dernier anneau en gamme de fonctions d'amour.

11 reste à parler des fautes ou peccadilles erotiques; l'Harmonie sait qu'elle n'obtiendrait rien si elle voulait trop prétendre : il faut donc se borner à maintenir le corps du damoisellat dans de sages limites, sans exiger l'impossible, comme en civilisation où l'on obtient la fidélité en paroles, mais en réalité le libertinage secret. Qu'arrive t-il des devoirs outrés qu'on impose? Les femmes bien informées du dévergondage des hommes se font une conscience accommodante et des principes de représailles, comme celui-ci que j'ai entendu soutenir par certaine fille vertueuse : « Une infidélité , ce n'est rien du tout, > ce n'est qu'un petit oubli : bah! ce n'est rien du tout. » Klle soutenait ce principe contre quatre hommes. Tels sont les maximes de femmes qui ont rang de très-honnêtes ; qu'on juge par là de ce que peuvent êlre les moins honnêtes!

Y est-il pas plus sage de céder quelque chose au torrent, que de vouloir comprimer la passion, qui rompra les digues et renversera tout l'échafaudage de répression? C'est par cette sotte méthode que les femmes civilisée»

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deviennent autant de libertines, par la seule persuasion qu'elles ont le droit de rébellion secrète et de représailles contre les hommes. L'Harmonie plus sage transige avec la nature ; et pour obtenir ce qui est possible, elle ne demande jamais au delà.

C'est une corporation très-distinguée, que celle il' s heureux mortels qui obtiennent en premier amour les damoiselles 't damoiseaux. Quel nom leur octroyer? Je ne sajfi , el je m'en rapporte aux romantiques sur les nomenclaUires.

Par analogie au titre de Troubadour choisi pour les (•"v^esseurs de vestale, nous pouvons affecter le titre de Ménestrel et Ménesurelle aux possesseurs de damoiselle et damoiseau. Ce sont deux noms d'anciens po« lanls; ils peuvent convenir à ces deux emplois, les ménestrels comme les troubadours jouissent de certains privilèges dont on ne peut pas faire mention; ces détails tenant aux relations de la cour galant" dont je ne traiterai dans ces deux volumes, ni peut-être dans les suivants.

Si la déchéance du pro-veslalat est prononcée à la i onde infidélité connue, celle du damoisellat où les mCBUrs sont moins rigoureuses, n'a lieu qu'à la seconde ineon

ilanoe ou à la première persistante. Tout damoiseau ou

damoiselle qui peut rester fidèle jusqu'à l'expiration du

terme (âge d'environ 1(.' ans 1/2), acquiert par la de beaui privilèges : on eu obtient de moindres pour une fidélité moins prolonge

Par exemple, un damoiseau fidèle jusqu'au terme , jusqu'au passage en adolescence , obtient de plein droit

l'admission à I. innée . do Tannce >ui\ante. Cette admission sera différée d'un sb ou deui , s'il a manqué de fidélité un an ou deux ans av ml le terme. On propor-

tionne ainsi toutes les prérogatives, l'Harmonie n'admettant l'arbitraire en aucun cas.

II nous reste à examiner comment ces corporations de premier amour, au nombre de quatre, les

Pro-restales et Pro-vestels; Damoiselles et Damoiseaux ;

Troubadours et Troubadoures ; Ménestrels et Mènestrellcs ,

concourent au soutien des bonnes mœurs et de l'industrie : ce sera le sujet d'un court parallèle avec l'indécence et les vices qui dominent dans les premiers amours de civilisation.

ir. i a

HUNS-APPENDICE. — Accord du beau et du bon dans les premiers amours de l'Harmonie.

1 l'idéi de liberté amoureuse , chacun, avant de t'in net comment elle sera pondérée, n'en auyure qui crapule et scandale. Démontrons que ces desordres sont du régime civilisé , qui a V impudeur dt (et

• tel et les couvrir de l'égide des lois.

;s diverses classes de jeunes amants cités plus haut ne vivent pas dans une Phalange à la manière de nos jeunes mariés, en couples scandaleux, occupes a h quêter publiquement leur impudique moitié, comme font en civilisation tant déjeunes époux qui ne sont bous qu'à donner de sottes leçons aux sœurs moins âgées, à tous nfanls de la famille el de la coterie, sous prétexte que leurs becqoelages sont autorisés pour la gloire de

i el de la morale. Dieu ne perdrait rien de ^a gloire -i les jeunes mariés étaient moins indécents . moins obs-

es devant les enfants. )/ / debetur puerc /

lia.

Ces coutumes immondes n'auront pas lieu dans NI ir-

monie ; elle parlera moins de lionnes mœurs et en exif

- attachera à garantir le premier amour ries . icès sensuels qui règnenl commun imenl en civili- 'ii. Pour prévenir la satiété qui en est la suite . elle mettra en jeu de nombreuses distractions, parmi quelles figurera avantageusement l'étude attrayante] de fan dogie, | cachée aux enfants | i Pivot invei m »is en premier lieu l'industrie

Le vice de nos mœurs est de mettre l'amour, dans ses débuts, en opposition avec l'industrie et l'étude : on verrait l'une et l'autre abandonnées pour les amourettes, si l'autorité paternelle ou le besoin de subsistance n'intervenaient pour retenir la jeunesse au travail. Examinons comment le régime harmonien sait employer l'amour à redoubler l'émulation de la jeunesse en industrie comme en étude.

On évitera d'abord le ridicule d'encourager et prôner la fainéantise chez les jeunes amants : l'opinion ne les tiendra pas quittes pour des roucoulements et romances. Parmi nous, de jeunes mariés croient avoir fait des prouesses de vertus domestiques, lorsqu'ils ont, jusqu'à neuf heures du matin, travaillé au chevet à célébrer le sacrement. Ces sortes de vertus ne sont pas de recette en Harmonie, où l'on ne préconise en fait de mœurs que ce qui peut concourir au bien de la Phalange entière, à l'accroissement des richesses, au luxe, premier foyer d'Attraction. Les intrigues industrielles sont si actives en Harmonie qu'aucune corporation n'y protège la nonchalance.

Le vice de notre système social est de ne savoir pas mener de front les plaisirs et l'industrie : aussi, toute la classe riche est-elle rebelle au travail , du moment où elle atteint l'âge d'amour. Il faut, pour obvier a ce vice, que l'industrie, outre l'appât des intrigues de Série, soit encore soutenue de divers appuis inconnus parmi nous. La seule initiation à l'analogie universelle suffira à créer une émulation studieuse dont l'enthousiasme se prolongera dix ans au moins, et contre-balancera la fougue amoureuse de lo à c 30 > ans dans toui le cours de sa durée. Sans l'intervention de ces nouveaux ressorts.

il ne serait pas possible d'allier le goût du bon et du beau chez la jeunesse harmonienne : elle tomberait , comme la nôtre, dans le dégoût de l'industrie.

Mais le luxe des cultures, le charme des intrigues de Série, [les amorces que présente l'élude de l'analogie,] la gaieté des réunions industrielles , sont des stimulants trop actifs pour que l'amour puisse les paralyser et faire négliger le travail. D'ailleurs, les rivalités corporatives s'y opposent; les damoiselles et damoiseaux craindraient d'encourir ia raillerie des vestales et de toutes les corporations qui les observent. Un troubadour, un ménestrel, quoiqu'étrangers dans la Phalange, tiennent à s'y distinguer, et prennent parti avec les groupes adonnés a leurs cultures favorites (i).

Bref, si un jeune couple se relâchait sur l'industrie , si, passant au lit la grasse matinée, il prétendait tenir une louable conduite parce que les deux conjoints auraient, selon Sanchez, Azor et Suarcz, rendu lk M» VOIR, semen cffundentes intrà vas dcbûum, on leur

(i) Clodorair sur les bords de la Seine était sectaire actif des rose.-, mousseuses, des prunes drap-d'or, des fraises ananas, et de beaucoup d'autres végétaux. A. l'armée du mont Hemus, il a obtenu la vestale Antigone ; il la suit eu tioubadour a sa Phalange de l'Hippocrenc : Ta il se liera d'emblée avec tous les groupes qui cultivent ses végétaux favoris; il leur communiquer! les procèdes de France et s'instruira des leurs. Il vomira, a titre de prince français, se distinguer et se montrer en digne émule des habitants de PHîppocrêne. L'amour ne peut plus exciter a la fainéantise dan>. un ordre ou Ton ne rencontre plus d'oisifs, ou les travaux sont métamorphose!» en plaisirs soutenus de vive-» m tiigucs, et oîi le monde social , plus ami des rn heSBM que nous ne le sommes, vouerait |U mépris uoï hero* d'oisiveté conjugale.

signifierait que tels et tels groupes industriels n'ont que faire de sectaires insouciants qui ne paraissent pas aux séances de travail, et qu'on donne congé aux indolents disciples de Sanchez. Ces tourtereaux seraient couverts de ridicule avec leurs vertus ménagères dont se pavanent aujourd'hui les couples de jeunes époux.

J'en ai vu se lever à dix heures du malin : ils avaient dûment satisfait au précepte de Sanchez, au debvoir conjugal; puis, après la restauration du déjeuné, on voyait le tendre époux se promener au soleil de juin, en redingote de molleton, de peur de s'enrhumer; et les dames du quartier de s'extasier en disant : c'est un jeune mari.

Quel sujet d'enthousiasme! un jeune paresseux semen effundens intrà vas debitum! on ne verra pas de ces extases en Harmonie, et il faudra que les ensemenceurs moraux soient sur pied à quatre heures du matin, sous peine d'être d'abord colaphisés par toute la cour galante qui ne les aura pas vus à la séance du petit lever, et ensuite congédiés par les groupes dont ils déserteraient les travaux pour ensemencer intrà vas debitum, tandis qu'on ensemencerait les jardins et les champs.

La reine Blanche de Castille ne voulait pas que son fils saint Louis se délectât trop souvent avec sa jeune épouse Marguerite, qui s'en désolait, disant à la reine mère : Ne me laisserez-vous jamais voir mon seigneur ? Blanche les gourmandait quand elle les trouvait, dans le cours de la journée, occupés à se rendre le debvoir conjugal. Blanche aurait été dispensée de ces remontrances, en Harmonie, où les jeunes époux sont entraînés sans cesse à des fonctions utiles qui laissent peu de temps à leurs caresses morales; d'autant mieux que leur séance

- liante du soir se passe comme celles de la journée, en

nombreuse compagnie, occupée en partie à la culture des arts, et alliant une occupation a la galanterie.

Bref, les couples déjeunes amants ainsi que toutes les corporations d'Harmonie, devront tendre au premier foyer d'attraction, au luxe interne et externe. Ils s'éloigneraient de l'un et l'autre, s'ils passaient leurs journées dans une mollesse qui, en les énervant, compromettrait la vigueur ou luxe interne, et détournerait de l'industrie, voie de luxe externe ou richesse.

On nous parle sans cesse de contre-poids en politique civilisée; mais quel contre-poids établit-elle dans les premiers amours? Licence absolue chez le sexe masculin, et contrainte légale absolue chez le sexe féminin. On ne saurait voir ni balance ni équilibre dans un tel onh Telle fille que le tempérament obsède et expose à de ;ves maladies, ne sera pas mariée a vingt-cinq ans; telle .'.ulre, qui pouvait différer, est mariée a quinze ans, ! nu pourvue d'une demi-douzaine d'amants.] Et les philosophes, auteurs d'un tel ordre, nous rappellent à la simple nature! doivent-ils s'étonner que la nature ligue

n secret toute la jeunesse contre leurs systèmes coercittfe, ,,j p ,séi en tout sens a la règle d'équilibre 185),

noV< " h fois au bon et au beau par développements libre* si contrastés :' peut-on trouver chez nous, dans I i remiers amours des femmes, ni liberté légale , ni con traste corporatif, ni tendance contrastée, des nues an

bon par le DOM, cl des autres au lie, m par le boi

Ils oui donc établi en premier amour, comme dans tonte leur politique sociale, un régime opposé a celui • pt'ils promenaient; opposé à l'équilibre, à l.i vérité . .1 la jUSliœ. Quelle est leur petitesse de n'avoir [> Ifl -

en 3000 ans, spéculer sur un ordre différent, sur un essor méthodique de cette liberté dont ils se disent les apôtres, et dont par le fait ils ne sont que les ennemis

secrets !

On se hâtera d'accumuler des objections contre ces premiers amours d'Harmonie, entre autres celle-ci: « la » fille d'un grand seigneur, d'un millionnaire , pourra >» donc, à l'abri du titre de vestale ou damoiselle, se » prendre de belle passion pourwn intrigant sans le sou, i et l'afficher pour amant. »

Toutes ces critiques sont prévues; j'ai plus de réfutations prêtes quonne pourra alléguer d'obstacles. Sur dix tribus qui exercent en amour, je nai décrit encore que la première; il faut attendre le tableau des neuf autres et de leurs influences. Je me borne à rappeler la condition que je me suis imposée dès l'argument (21 1 ) ; « pleine coïncidence de l'amour libre avec les deux auto- » rites administrative et paternelle, en tout ce qui touche * à l'intérêt et aux moeurs. > La clause, je pense, est assez précise et assez sévère; elle sera strictement remplie à la fin du traité : mais s il est convenu que je parcourrai tel espace en un jour, peut-on exiger que je le parcoure dès la première heure? f ai répondu (Interlog. ) à ces impatients qui veulent que l'on construise le faite de l'édifice avant d'en poser les fondements.

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