Le mode adopté pour leur élection et leur indépendance
5. La méthode unitaire qu'ils suivent en institution. 1°. Leur rang en hiérarchie sociétaire ; il doit être en proportion de leur utilité ; quelle est-elle? Chacun sur
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cette question va tomber d'accord si je. pose en principe : e (jue l'éducation est pour l'homme une seconde mère;
> sans elle, il se trouve ravalé fort au-dessous des brutes; » car un loup, un corbeau, reçoivent de la simple nature
> toutes les connaissances dont ils ont besoin pour S'é- » lever au rôle de loup parfait, corbeau parfait. Il n'en
> est pas ainsi de l'homme, qui ne reçoit de la nature » que des germes; c'est à l'éducation a les développer ; » elle doit donc tenir un rang éminent parmi les ressorts
> sociaux. »
Sans doute, s'écrie-t-on, l'homme n'est rien sans l'éducation. En ce cas, ceux qui la lui donnent sont donc une classe bien précieuse! Comment donc se fait-il (Jue les instituteurs tiennent le dernier rang dans la civilisation perfeclibilisée j qu'un agioteur, un être malfaisant ait tics revenus de prince, et (jue le rôle d'instituteur soit partout un métier de forçat, de mercenaire subalterne? Dans nos grandes villes, comme Lyon, Bordeaux, les professeurs ont à peine de quoi frayer avec les Tendeurs d'allumettes. Qu'il est plaisant de les entendre vanter leur civilisation perfectible, nier qu'on puisse découvrir d'autre BOCÎété que celle qui réduit les savants à la besace, et assure aux ses ignorantes les faveurs de la fortune (Inlenn., H, 348)!
Les enfants civilisés sonl si malfaisants, si haïssabl (jue la pauvreté seule peul déterminer un homme a en i les fonctions d'instituteur. Il n'en est pas ainsi en Harmonie, où ce rôle est la voie de dignités sup Êmes, el conduite l'une des branches de souveraineté numérotée ") m tableau suivant :
Sceptres Pivotaux et Cardinaux en ordre composé.
Directs. Inverses.
S 1 * d'amitié, Roitelets. °1 d'amitié, Coeres, Coryb. ^ 2*d'ambit., Sacerdoce. *2d'ambit., Sciences, Arts.
2 3*defamill., Monàrcat. *2 de famill., Institution.
^ 4* d'amour, Féat. * 4 d'amour, Faquirat.
Y-TITRE CARACTÉRIEL. .1-FAVORITISME.
Ces dix sortes de sceptres portés à vingt par emploi en masculin et féminin sont aussi nécessaires en Harmonie que les vingt doigts des mains et des pieds le sont au corps humain. Chacun des sceptres est gradué à douze degrés et pivot, selon la table (II, 37G).
On peut remarquer dans ce tableau des postes brillants alloués à deux classes bien mal rétribuées aujourd'hui; «l'abord aux instituteurs spéciaux *3; puis au sacerdoce 2*, qui est à moitié corps d'institution. Tout curé de campagne travaille plus ou moins à former des élèves, les catéchiser en religion, les initier aux éléments des sciences. Le sacerdoce est donc aussi une classe d'instituteurs qui n'est pas mieux récompensée que la titulaire, car les curés de campagne sont en France d'une extrême pauvreté. Leur sort sera l'opposé en Harmonie où tout curé jouira dans sa Phalange des honneurs et avantages de magnat : les vicaires en proportion. L'amour de Dieu étant passion ardente chez les harmoniens , Us ne soufïriraient pas que les ministres des autels restassent comme aujourd'hui dans un état voisin de la pauvreté; et le sort d'un vicaire de Phalange sera, quant au bienêtre, au moins égal à celui dont jouit en France un évoque.
Le corps sibyllin ou corps des instituteurs <^st d'au-
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tant plus considéré en Harmonie, que chacun a des prétentions à y figurer dans un Age avancé. Nous allons en juger par le mode employé dans l'élection des sibyls et sibylles.
2°. Mode électif. Chacun exerçant dans une quarantaine de Séries , en agriculture , fabrique , sciences , arts, etc., parvient avec le temps à la perfection théorique ou pratique dans quelqu'une : dès lors il est fonctionnaire enseignant, sans avoir besoin de commission ministérielle , ni de protection en cour. Il suffît qu'un individu, homme ou femme, soit jugé par ses inférieurs aptes à donner l'instruction, pour qu'elle lui soit demandée. Le professorat théorique ou pratique n'est jamais concédé que par l'opinion ; les dividendes efltctés 1 l'instruction sont rétribués par degrés et par vote des sybils, à ceux qui ont notoirement donné le plus de soin tt de lustre aux leçons et à l'instruction des élèves.
L'inslruction étant demandée passionnément, chaque aspirant sait bien s'informer et discerner quel est le personnage le plus capable de la lui donner, quel est le canton où il doit aller entendre un grand maître. Elle esl organisée comme chez les Grecs , où tout sophiste était libre d'ouvrir une école, et n'avait d'élèves que ceux que la confiance lui amenait.
Les femmes comme les hommes peuvent être, en Harmonie, chefs d'instruction. BaUCÎS BSt la plus exercée de sa Phalange à conserver les fruits et soigner le fruitier ; e iera d'elle que chacun recherchera des leçons théoriques ou pratiques SOI cet art ; et comme les femmes m
Harmonie sont aussi industrieuses que les hommes, il y
aura ;mt ml de sibylles que de silr>U , m dépit de la phi- IbSOphie, qui veut exclure les femmes du rôle d'inslilu-
trices, et les condamner en masse à faire bouillir le pot et ressarcir les vieilles culottes.
On peut être sibyl en toutes fonctions. Gros-Pierre n'excelle que dans la culture patriotique des raves ; il peut devenir, avec le temps, un habile raviste praticien ou théoricien. Ce sera dans ses oracles que les jeunes sectaires des raves iront puiser la lumière : il verra se réunir dans son école tous les vrais amis des ravognons : Gros-Pierre sera, par le fait, sibyl de raves ou en raves, et participant aux dividendes sibyllins, puisqu'il sera chef d'instruction pour les raves , qui occuperont en culture une Série industrielle, comme en occupera tout autre
légume.
Chacun pouvant ainsi parvenir au corps sibyllin, se trouve intéressé à lui donner le plus grand lustre. Dés lors c'est par vote unanime que ce corps est élevé en Harmonie aux honneurs suprêmes, et occupe un des huit sceptres cardinaux dont on a vu le tableau (275). A ce compte, les savants et artistes d'un et d'autre sexe occupent deux sceptres sur dix ; les degrés *2 sciences et arts, *3 institution. En outre , ils participent aux huit autres : quelle différence d'avec leur abjecte condition dans l'état civilisé!
Quoique l'Harmonie n'admette aucune préférence poulies sièges d'enseignement, cependant il est force de privilégier quelques points centraux pour les collections à l'usage des sciences et arts, comme pour le dépôt du cadastre du globe contenant 120,000 tomes de 30 pouces de hauteur (II, 150), et pour d'autres objets qui ne pourront pas se trouver en chaque Phalange , tels que les cabinets complets d'histoire naturelle. On en donnera la présidence aux sibyls de hauts degrés; mais leur élection
ne pourra être objet de faveur, puisqu'ils seront élus par la masse générale (0, sur notoriété de renommée et à la majorité des votes.
Ainsi l'instituteur aujourd'hui destitué de ses ingrate* fonctions, soit par défaut de protections, soit par un contre-coup des querelles de parti, obligé d'être en civilisation le plus rampant et le plus misérable des hommes, prendra place parmi les dignitaires les plus honore- et 1rs plus indépendants.
5°. La méthode unitaire à suivre en institution.
C'est un ample sujet de controverse en civilisation, ou tout ministre et tout écrivain veut faire prédominer -.» méthode, et où l'on change les systèmes d'éducation aussi inconsidérément que les modes.
L'exposé d'enseignement unitaire va être, comme dti- ► , un procès aux simplistes, qui croient la nature
(i) On va s'écriet : le Roi ne scra-t-il pas jaloux de ce droit d'élection ? y consentira -t- il ? Patience : on verra au traite des équilibres, qu'un Roi en Harmonie trouve son intérêt à s'isoler de ces cabales électorales, et ne voudrait pas accepter le prii dénomination. Cela sera bien démontre: mais suivons l'ordre des matières, et n'exigeons pas que le denoùmcnt tienne la pliire de l'exposition.
Cette jalousie de pouvoir que ressentent aujourd'hui le> moii arques, n'est qu'une enseigne de faiblesse et d'inquiétude. Lorsqu'ils verront leurs sceptres bien affermis et garantis \ perpétuité a leur lignée, •wee binage d'hérédité sur un élu, ils se passionneront pour uw ordre si favorable a leurs inl toute mesure tendant à lo consolider. Ils applaudiront donc a l'absolue liberté des élections, ou ils trouveront d'ailleurs le double avantage de satisfaire la masse qu'il- aimeront , et de jouir des ch d'intrigue. Ce <ont des thws h dém Nbn
bornée à un seul moyen, et qui veufent tout façonner â leur manie. Ce serait un sujet très-propre à les désabuser, s'ils étaient assez modestes pour se confesser de quelqu'erreur.
En affaire d'enseignement comme en toute autre, nous tendrons constamment au même but , à obtenir par attraction ce que la méthode civilisée arrache par contrainte , ce qu'elle recherche sans l'obtenir.
Et puisque les caractères (selon la table, II, 338) sont distribués en sept ordres, il faut, pour amorcer à l'étude la masse entière des individus, enfants ou hommes faits, leur présenter sept méthodes sur l'ensemble desquelles chacun puisse rencontrer sa convenance. Je vais les indiquer.