‹ Œuvres complètesChapitre 63 sur 276 · II. UN GOUT · texte numérisé non relu

II. UN GOUT

I es vilains goûté soni de 13 degrés, dont les s .,9 .et suivants sont infinitésimaux en cas de dimension simple

fil, î7r>).

Echelle progressive des vilains goûts.

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Le 1er. degré esl celai qui ne compterait qu'un couple sur 810 caractères. Cette rareté l'expose aa ridicule, qui s ut dans les degrés suivants Pour en indiquer remploi, spéculons d'abord sur on - peu rare , comme les » . el •> . rrissotin, ami des i tes . a le goûl biraire de les manr à demi-coites, légèrement amollies dans l'eau ehaode. .1 ,n- -i 1 M i ilange n'en peut manger de

on les veut ou crues, ou tout-à-fait cuites. On raille Trissotin, qui s'obstine et soutient son vilain goût.

Vadius, ami des courges, se régale de courge toute crue , assaisonnée de moutarde : il ne peut trouver aucun amateur qui partage son goût.

Les régences, qui font en tout pays un travail d'exploration sur l'assorlissement des vilains goûts , ont découvert que sur l'ensemble de la province peuplée d'environ 200,000 âmes , il s'en trouve une douzaine du goût de Trissotin; mais que, pour trouver une douzaine de collègues à Vadius , il faut recourir aux tableaux de la région entière , comprenant 800,000 âmes.

On en avise Trissotin et Vadius : grand triomphe pour eux , car il n'est rien de plus obstiné que les gens à vilain goût. Ce sera une amorce de rassemblement pour ces originaux disséminés : ils se réuniront, savoir :

Les Ravistes et Ti'issotin, à l'armée provinciale de 5e. degré.

Les Courgistes et Vadius, à l'armée régionnaire de 6e. degré.

Ils y jouiront du charme de manger et vanter en chorus les raves à demi-cuites et les courges crues à la moutarde ; se proclamer entre eux les vrais amis des raves et des courges, les soutiens des saines doctrines raviques et courgiques, méconnues du profane vulgaire.

Voilà une amorce pour attirer ces deux groupes à des armées de 5e. et 6e. degré. C'est pour Trissotin un voyage d'environ 10 lieues ; pour Vadius environ 20 lieues.

Ce médiocre appât suffirait à amorcer tant de fantasques et d'oisifs civilisés : ils accourraient à ces réunions pour y voir leur vilain goût encensé, y former secU\

et prendre place dans la hiérarchie passionnelle. On | admet toute manie innocente au rang d'impulsion louable et harmonique, pourvu que ses amateurs puissent rassembler an noyau de série composé de 9 personnes au moins, et distribué en groupe régulier comme ci-dessus.

Quelque plaisante que soit une fantaisie, elle obtient brevet de passion utile et respectable, si elle peut présenter celte réunion corporative. Klle a droit de bannière dans ses réunions, droit de signes extérieurs chez les «.ectaires, et place honorable dans le cérémonial de tel degré, province ou région, si elle ne peut pas figurer dans celui de Phalan

Tout harmonien pourra, en satisfaisant cet amour - I re, bénéficier au lieu de dépenser, car le séjour à l'ara très-profitable par conservation des dividendes

en séries de résidence. Tout légionnaire est traité comme nos fonctionnaires absents , qui touchent le traitement sans exercer. En outre, il jouit de divers avantagea qu'on trouve à l'armée, et dont nou- parlerons a l'article suivant. Son vov agréable et gratuit.

L'admission à l'armée est un avantage qu'on n'obtient que sur titn a notoires. ! tinsgoûti sont titre pour

une campaf I plus un vilain goûl es! rare, plus il

e le degré d'admission. Spéculons sur l< - infi-

nitésimaux qui commencent au s ►leao ci-

ras.

L'archéologue Philogone aime les ravi ommod i Ya$$a fettida : il démontre que dette puanteur r-réilit chei les anciens [orientaux et s'en régale comme madame Dacier d ts rem a des

es. |

L'astronome Lwtariui a une fantaisie plus éminemment

dégoûtante ; il mange des araignées toutes crues. ( On assure que c'était le goût de Lalande. )

Les régences ont pris note de ces fantaisies. Après les recherches d'usage , on reconnaît que celle de Philogone est de 8e. degré, et qu'on ne peut l'assortir en groupe complet, qu'en puisant dans une masse de 17 millions d'âmes. Celle de Lunarius est de Ze. degré : il faut, pour en compléter un groupe, étendre les recherches à 2,400,000,000 âmes.

Ainsi le vilain goût de Philogone est raréfié à un sur un million d'hommes, et celui de Lunarius à un sur 150 millions d'hommes, titres d'admission à une campagne, ie premier en armée du c 9e. » degré , le 2e. en armée de Ze. degré.

Assurément rien n'est plus risible , au premier coup d'œil, qu'une fantaisie limitée à un individu sur 150,000,000. C'est pour s'être laissé prendre à ces apparences trompeuses, que les philosophes ont avorté en élude de la nature , et ont vu de profonds mystères là où ils auraient dû voir des dispositions unitaires, l'analogie du passionnel au matériel.

Etudions cette proposition sur les fantaisies raillées que j'ai nommées infinitésimales inverses.

On les étouffe en tous pays, surtout chez les enfants qui inclinent fortement aux goûts bizarres, comme de manger du plâtre qu'ils arrachent des murs : c'est pourtant la bonne nature qui les y pousse.

Dans le cas où ces fantaisies étouffées en tous pays par la raillerie et la contrariété pourraient se développer en liberté, quelle est la quantité qu'on en verrait éclore, soit en gourmandise, soit en amour, soit en toute autre passion? L'on en trouverait 7 sur 8 individus, c'est-â-dire

que sur 900,000,000 d'habitants, somme actuelle, il y en aurait 780,000,000 sujets à quelques-uns de ces goûts bizarres de 13e. degré Z, que la raillerie étouffe aujourd'hui, et qui sont réduits a se dissimuler ou à ne paraître que difficilement, sans essor plein, sans emploi utile.

Les goûts dépravés de 13e. degré, qui ne sont départis qu'a un individu sur 150,000,000, sont souvent inconnus des titulaires mêmes , qui les considèrent comme impulsions vicieuses à réprimer. Cependant elles sont l'ouvrage d'un créateur qui ne fait rien sans motifs plausibles.

J'ai dit que l'un des emplois de ces vilains goûts est l'attraction aux grandes armées : parmi les amorces qui y entraînent, plaçons en pivots

Inverse v, les bizarreries infinitésimales; Direct Y , les raffinements infinitésimaux.

Si donc on veut rassembler et utiliser une armée de iv". degré X , tirée de tous les empires du globe, il faut dans les 1H amorces, dont 1 i de gamme, 2 de pi\ot et l} de transition, ménager avec soin les ^2 pivolales, celles des hautes bizarreries et celles des hauts raffinements. Tontes deui fournissent égal nombre de recrues, à peu de chose près : toutes deux comprennent environ les 7/K"'- de l'espèce humaine.

L'organisation de ce lien corporatif gradué sera une fonction des sibyls de gastrosophie et des fées d'amour, dans les années de 13e, d< gré ; puis on formera pareilles iéries moindres en puissance, dans des armées de l-( , , li'\, 10e. degré. ( ane roie de liens ajoutée i

vingt autres, et une voie qui lient im rang In'^-émincnt

dans l( mécanisme passionnel. J'en ai décrit (lîï, 156)

un bel effet , au sujet des poules marinées ; lien dont on a vu de brillants résultats, et qui pourtant n'est qu'au plus bas degré d'intensité ; car dans la gamme infinitésimale inverse (544), il n'est classé qu'en ambigu K et bors de gamme ?

Ainsi Dieu sait aller au but de l'unité, par la double voie des infiniment petits comme des infiniment grands , des ridicules infinis comme des charmes infinis : l'équilibre de l'univers, en passionnel comme en matériel, consistant à tenir en balance les contrastes ou effets directs et inverses, et puiser dans les minimités un contrepoids aux maximilés.

C'est un principe qu'ont entrevu les modernes sans en faire aucune application. Faute de s'y être ralliés, ils ont manqué toutes les notions en cosmogonie, manqué en plein le calcul du mécanisme aromal. Ils n'ont pu s'élever à penser que les astres, malgré leur énorme grosseur, fonctionnaient par le plus subtil de tous les fluides, par r Arôme différencié en milliers de gammes, et servant à la nourriture de ces grands corps ainsi qu'à leurs autres fonctions. Ils ont cru que le soleil avalait des comètes comme un bro het avale des goujons, et que les mondes se mangeaient entre eux comme les anthropophages. Il n'en est rien : les corps sidéraux n'opèrent que par des arômes analogues en système aux agents de nos relations, aux fluides de nos corps et aux produits animaux, végétaux et minéraux qu'exploite notre industrie. Mais laissons ce détail qui s'écarte du sujet. (Voyez note E, Pivot inverse. )

J'ai prévenu que le calcul des passions infinitésimales inverses serait une élude fort aride pour des lecteurs non initiés aux équilibres généraux. Il faudrait d'abord le^

exercer sur la théorie des conjugaisons en retour, ou séries à contre-modulation, renversées sur elles-mêmes dans Tordre suivant :

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