c>. 7. s. i». L'indust. ambiguë
t". 11. 1*2. L'indust. répugnante.
Sous-Transition. Le sen i ample.
Contre-Pivot. . Li n ='c cortip.
K ht Clergé.
La Noblesse.
La Bourgeoisie Le Peuple. .
>1 La J)onirsticitc \ Le Soldat. .
On verra à l'article équilibre civilisé , pourquoi cette table doit être ainsi distribuée.
Dissertons d'abord sur les douze sous-castes de gamme. L'analyse n'y découvre , au lieu de liens amicaux , qu'une échelle ascendante en haines et descendante en mépris.
Le mépris s'attache principalement à la 12e. souscaste , comprenant le bas peuple qui vaque aux fonctions immondes. Le mépris pèse un peu moins sur lalle. souscaste, comprenant le moyen peuple ; et moins encore sur la 10e., le haut peuple, qui pourtant est méprisé des cinq sous-castes bourgeoises , lesquelles à leur tour essuyent pareil dédain des quatre sous-castes nobles.
A ce ricochet de mépris qui règne de l'ascendant au descendant, il faut accoler un ricochet de haines qui règne du descendant à l'ascendant. Le bas peuple ou salarié est jaloux du moyen peuple composé d'artisans et petits laboureurs : ceux-ci à leur tour jalousent le fermier et le petit boutiquier.
Même échelle de haines et de mépris dans les souscasles de nobles et bourgeois. La noblesse de cour méprise la noblesse non présentée ; la noblesse d'épée méprise celle de robe ; les seigneurs à clocher méprisent les gentillâlres : tous méprisent les parvenus anoblis qui ne sont que de 1er. degré, et qui dédaignent les castes bourgeoises.
Dans la bourgeoisie nous trouverions en lrcs. souscastes n°. 5, la haute banque et la haute finance méprisées des nobles , mais s'en consolant avec le coffre-fort , méprisant le gros marchand n°. G, et le bon propriétaire. Ceux-ci , tout fiers de leur rang d'éligibles , méprisent la sous-caste n°. 7 qui n'a que rang d'électeur; elle s'en de
dommage en méprisant la sous-castcS, les savants, les gens de loi et outres vivant d'émoluments (qui les mettent sous la férule do l'autorité \ on de casuels, ou de petits domaines , qui ne leur donnnent pas l'entrée au corps électoral : enfin, la classe 9, la hisse bourgeoisie, petit marchand, petit campagnard, méprisée de la 8e., serait bien offensée si on la comprenait dans le peuple dont elle méprise les trois sous-castes, et dont elle se pique d'éviter les manières. [Et dans le peuple ainsi que dans la populace, combien d'échelons haineux! Devoir, — Garrot, — Paria.]
Il règne entre toutes ces castes des haines régulières . c'est-à-dire que la \) ". hait h S . autant que la S1, hait la 7e., quoique chacune recherche la fréquentation du degré supérieur, par ambition et non par amitié.
Telle est la douce fraternité que nos sciences politiques el morales ont établie en civilisation : cependant on y trouve des lueurs de ralliement amical : parfois les grands sont amis avec la populace, ainsi qu'on le voit dans certains états mal gouvernés , comme à Naples où la noh! protège les I.azzaronis, en Espagne où le haut cl< protège les mendiants : cette alliance des c istes extrêmes 1 ri [^ nYst qu'une source de vice, un effel de Bubver* i île, et non de sincère imitié, utile à l'industrie. ù bien- être général.
Nous H I] rions pireil vice dans los ralliements • trois autres titres. Par exemple, ceux d'amour : que les
grands deviennent omoureui «les femmes de < I isse popu-
! ire, il n'en résultera que des désordres moraux, et non |< - rapprochements entre les < iSteS. Si quelques enfants seul de ces unions, c'est un Mirrroîl de désordre quand il> n" -(Mil pas reconnus: et s"ils donnent lieu.''
mariages (ralliement de famillisme entre inégaux), c'est un nouveau sujet de discorde et de scission entre les branches d'une même famille. Tous ces ralliements sont subversifs, jeux d'égoïsme, duplicité d'action.
Il en est de même des ralliements d'ambition: lorsque la classe opulente se rapproche du peuple, c'est pour négocier des intrigues funestes au repos public, des cabales de parti , des ligues d'oppression. Il est donc vrai que la civilisation ne fait naître que le mal des éléments du bien, entre autres, du ralliement des castes dont elle ne crée quelques lueurs que pour semer le trouble dans la société.
Ces désordres naissent de ce que les ralliements actuels ne remplissent aucune des conditions établies pour opérer avec fruit le rapprochement des classes extrêmes, richesse et pauvreté, jeunesse et vieillesse. Rappelons ces conditions.
Règle quaternaire dd Ralliement;
Par lien composé , c'est-à-dire du supérieur à l'inférieur et de l'inférieur au supérieur.
Par voie composée, c.-à-d. par entrave levée et illusion créée, en accord avec les 2 éléments de passion (379).
On a vu au chap. Ier. ces 4 conditions remplies dans les 4 liens amicaux que l'ordre sociétaire établit entre les classes de fortune opposée. S'il peut affectionner sincèrement les castes 1 et 42 qui sont les plus antipathiques . il réussit d'autant mieux sur les intermédiaires.
Par exemple, en amour; si sur les 12 âges 20, 25, 30, 35, 40, 45, 50, 55, GO, G5, 70, 75, on parvient a établir des liens d'amour véritable enlre jeunes gens de 20 ans et vieilles femmes de 75, il sera bien plus aisé de rallier ces jeunes gens avec les femmes de 70 c' 65; et de même en amitié. Si les magnats de
592 ASSOCIATION COMPOM.
classe 1 sont inlimes avec la classe 12 qui vaque aux fonctions immondes, ils le seront d'autant mieux avec les classes d'industrie 11 , 10, etc., en supposant l'intervention des A chances d'union qu'engendre le mécanisme sociétaire,
Attraction industrielle , Education unitaire , Minimum intégral , Population proportionnelle. Lorsque dans un tel état de choses on met en jeu pour chaque ralliement 4 moyens réguliers et adaptés a la règle quaternaire, comme ceux que j'ai exposés, chap. Ir., en ralliement d'amitié, il peut arriver que l'un des 4 moyens ne lève qu'un quart de l'obstacle, ne crée qu'un quart des illusions nécessaires ; mais les i intervenant comhinément, lèwoot l'obstacle entier, élèveront l'illusion au plein. Il faudra donc procéder de celte manière dans les ralliements d'ambition, d'amour, de lamillisme. Ce n'est qu'à te prix qu'on peut voir naître l'harmonie parmi ces passions, dont l'énigme a désorienté les sages de tous siècles et de tous pays.
Les principes que je viens d'établir levaient être pla- - êa en tète du chap. I ,r. : j'ai cru à propos de les fuir précéder d'un emploi en ralliement d'amitié : le sujet a été trop brièvement exposé; je vais le reprendre au chapitre mirant.
CHAHT1E in.
[) i.uls mu le RnlliniKMit «Innii 1 1« -
Ce lenil peu d'indiquer le quadrille <!»■ ressorti qu'emploie l'Harmonie dans chaque rallument; il faut encore convaincre le lecteur que ces noyeM leronl praticables . et lui eu donner des indices tirés de l'étal actuel des rela-
lions sociales. Analysons donc les germes de ralliement amical qu'on découvre en civilisation; et faisons-en l'application à chacun des quatre ressorts indiqués au quadrille (585).
i°. Charité industrielle (entrave levée) : 1er. Ralliement par affinité caractérielle [petites hordes].
Déjà j'ai observé qu'on trouve les indices de dévouement charitable aux fonctions abjectes, chez les monarques mêmes , et qu'on voit le Jeudi saint les souverains laver les pieds à douze pauvres, fonction dont le monarque se croit honoré en raison de l'abjection du service. Or, quand il existera une corporation de haut parage, vouée à l'exercice de toute fonction abjecte, aucune ne le sera réellement : sans cette condition , point de ralliement de la classe riche à la pauvre.
S'il nous est démontré que l'esprit religieux engendre ce dévouement de charité générale, tel qu'on le voit chez les Pères de la Rédemption et autres sociétés, il ne restera qu'à employer ce penchant selon les convenances du nouvel ordre; et lors même que la corporation des Petites Hordes ne paraîtrait pas le procédé le plus efficace, il ne serait pas moins certain que le principe de charité industrielle existe parmi nous , sauf alliage à l'esprit religieux, et que, si j'ai erré dans l'application, dans les us, coutumes et statuts du corps de charité unitaire , les critiques devront s'évertuer à mieux employer un ressort dont ils ne peuvent pas contester l'existence ; inventer une secte plus apte à lever l'entrave du dégoût industriel en fonctions immondes.
Toutefois les harmoniens, plus judicieux que nous en théorie et en pratique de charité, n'appliqueront pas
594 ASSOCIATION COMrOSf
cette vertu à des cérémonies inutiles, comme de laver îe> pieds aux pauvres qui se les laveraient bien eux-mêmes, ou d'employer un pénitent de .*>(),( KX) fr. de rente à détacher du gibet un supplicié. Quand il n'existera plus ni mendiants, ni pendus, on ne pourra pas spéculer sur eux pour la charité d'ostentation. Toutes ces pratiques, louables, quant à l'intention et l'exemple, ne sont qu'un avoriement de politique charitable; Elle doit s'attacher à opérer le ralliement sincère des castes extrêmes que rien ne peut concilier en civilisation, parce que cette société manque
De la base du ralliement; SÉRIES iwss.
El des 4 colonnes du ralliement ou gages d'union (table, 387).
V défaut de ces leviers inconnus en civilisation , nos tentatives d'union et d'équilibre ont le sort du grain qui tombe sur le roc au lieu d'être semé en (erre \égéla!e. De là vient qu'on ne tire aucun fruit de nos pratiques chari tables.
2°. Domesticité passionnée (illusion créée):
2e. Piaillement par affinité caractérielle.
Ce sera le '2e. moyen en ralliement de caractère*, U ^mteiirr!mt indépendant (III, o2(>), et pouvant Opter Sur les individus à servir, s'attache nécessairement à i eui qui l'entraîne l'affinité personnelle. D'autre part, le serti s'affectionnera d'autant mieux au servant, que lui-ci souvent sera supérieur en fortune et en i Exemple :
Lucas, figé de 20 ans, esl très-pauvre : il a, par une chute, déchire et taohé son plus bel habillement. Les taches seronl enlevées par Eudoxie, dame très-riche, qui
excelle dans les fonctions du groupe de dégraissage. Le raccommodage sera fait par Orphise, autre dame riche et vraiment philosophe , puisqu'elle se plaît à ressarcir les culottes, et qu'elle excelle au groupe du raccommodage en drap et des reprises masquées.
Le pauvre Lucas a été hien servi par deux grandes dames, et ne sait comment leur en témoigner sa reconnaissance. Voilà un lien amical par domesticité, car les deux dames ont été ses domestiques dans cette affaire. Ces dames touchent à la « soixantaine; » mais Lucas, dans un transport de gratitude, excédera peut-être les bornes de l'amitié , et pourra payer sa dette par un brin d'amour. Laissons à part cet épisode ; il serait étranger à un chapitre qui ne traite que des liens amicaux.
Observons à cette occasion que tout est lié dans le système des ralliements. Tel ressort d'amitié conduit en môme temps a des liens d'amour entre les antipathiques de 20 et 50 ans; et de même , tel ressort en ralliement d'ambition conduit aussi à des liens de famillisme. Cette propriété de liens composés double la force des 16 ressorts, et les rend égaux à 52 au moins en action combinée.
La domesticité passionnée est l'un des principaux liens "+* du mariage : les deux époux, en cas de bon ménage , sont, l'un pour l'autre, ce que sont dans une Phalange cinquante serviteurs affectueux dont chacun est entouré , c'est-adire que chaque harmonien obtient, en services affectueux, l'équivalent de ce qu'il obtiendrait aujourd'hui de cinquante épouses, aussi dévouées que la sienne, et plus intelligentes.
En considérant la variété d'amorces que présente en Harmonie le lien de domesticité passionnée, soit en ordre
396 \ssociation eourosi
descendant, atTection du supérieur à l'inférieur, selon |ff détails (111,527, Gfiâ8] où l'on \ oit Leandre servi constamment i amies ou des amantes ; soit en ordre ascendant. selon l'exemple de Lucas cité plus haut, atTection de l'inférieur au supérieur :
\a\ observant de plus que chacun, dans l'état sociétaire, forme de pareils liens avec une centaine d'individu membres de sa Phalange, et qui tous ont coopéré a son Wiwice personnel, avec preuves de préférence affectueuse :
En estimant, dis-je, l'influence que ces Kcns doivent
ercer, on concevra que la fonction de domesticité pourra, dans l'état sociétaire, fournir à elle seule autant de leviers de concorde qu'elle fournit de leviers de discorde en régime civilisé.
L'homme riche, parmi nous, au lieu de trouver cent ■mis et amies empressés à l'obliger en tout service, ne trouve que cent spoliateurs forces par la pauvreté à dtS spéculations cupides, àelei simulacres d'affection.
C'est ainsi que la civilisation, par le seni'v individuel et salarie, < rt€ au riche cent sujets de mécontentement, là où l'Association lui créerait cent liens amicaux, cent
nnêfl de ralliemenl composé, soit du supérM UT a l'inférieur, suit de l'inférieur au supérieur.
i Nota. Le* deux ressorts que je viens de citer rallient
,r atVmile de carad. ffl) , en ce que l'inl >ur
les individus et non sur leurs fardions, l>ans les deux M6S0ftl suivants, le ralliement est par VOIS d'affinité industrielle, en i e que l'intei lie d'abord aux fonctions et l' étend de là aux in lividus qui les remplissent, Kn mécanisme d'amitié comme des lr<»is autres cardinales, il
1 ut que les quatre ras* rti de ralliemenl l'edaptaal par
deux couples aux deux éléments de la passion (selon la table, 379).
3°. Division du travail sériaire (entrave levée). 1er. Ralliement par affinité industrielle.
Que servirait d'amener la classe riche à sympathiser avec les industrieux par la bonne éducation et l'aisance du peuple, par la propreté des ateliers et autres amorces de l'état sociétaire, s'il fallait faire excès de travail, l'exercer consécutivement pendant 12 heures sur un même objet, comme cela se pratique dans nos ateliers, nos campagnes, nos bureaux? 11 n'y aurait nul moyen de se faire illusion sur l'ennui de ce travail outré; il deviendrait rebutant même en fonctions agréables ; tandis que les courtes séances de 1 et 12 ou 2 heures au plus, soutenues d'une société d'amis, répandront la gaieté et le charme jusque dans les fonctions essentiellement répugnantes.
Un inconvénient bien pire que les longues séances et plus répugnant encore est la complication des travaux dont il faut, dans l'état actuel, embrasser tout le détail. J'ai observé (III, 521 ) que tel homme riche veut bien se charger d'une seule branche, mais non pas de vingt fonctions que peut exiger un seul végétal : il ne veut pas s'occuper d'arrosage, parasolage, sarclage, paillassonnage : par cette raison, il s'attache à 4 groupes de co-sectaires, qu'il voit ardents et intelligents dans ces 4 fonctions nécessaires au soutien de celle qu'il a choisie, et où il se trouve aidé par une dizaine de coopérateurs passionnés.
C'est donc de la minutieuse division des travaux sériaires que naît l'amitié du riche pour tous les groupes de la Série. S'il n'est pas porté à partager les fonctions de tels groupes , il n'est pas moins désireux de leurs succès.
598 ASSOCIATION COMPOSi
puisqu'elles sonl utiles à la tienne : eux, de leur cote, portent même intérêt à la branche que préfère cet homme riche, à son groupe dont pourtant ils ne veulent pas adopter les fonctions. Ainsi chacun de ces groupes est serviteur empressé des autres dans la partie qu'il a choisie, et l'amitié est réciproque entre eux , par échange de services. In agent nous devient preeieuv s'il Bail ex<;cul< i à la perfection un travail utile à nos intérêts, mais dont nous répugnons à nous charger.
Telle est la situation où se trouvent tous les grou d'une Série a l'égard l'un de l'autre : est-elle de 12 groupes, chacun des 12 est précieux pour les 11 autres qui ont besoin du service dont il se charge passionnément el chaque groupe voit dans les onze autres autant de IL olïicicuses occupé. urer le succès de la 12e. fonction
dont il fait son plaisir. Quel motif d'amitié entre tou individus de celte réunion, indépendamment des 3 autres liens que fournissent les ralliements d'amitié, et o» > 12 autres liens fournis par les ralliements d'ambition, d'amour <>( de laniillisme !
Tout ce mécanisme de bonheur el d'unité sociale disparaît, du moment où l'on cesse de spéculer sur la boussole d'harmonie, 'a Série ; en courtes séances}. Tous l< s liens d'amitié s'évanouissent des qu'on rentre dans le cercle de nos travaux incohérents, qui n'excitent que les
jalousies, les haines entre voisins, el luirent que
l'ennui par leur complication , par l'aecumulation des détails sur un même individu.
I K 1m RI ii illu>ion cr< i
2e. RalUemeni par affinxU industrielle. Pour estimer les chances d'amitié qu'ouvre l'intrigue .
chacun doit se rappeler des circonslances où il a été vivement stimulé dans quelque menée suivie d'un plein succès. Par exemple : cabale électorale pour faire passer tel candidat ; cabale de la bourse dans les jeux d'agiotage ; cabale d'écoliers méditant une fredaine à l'insu des pédants; cabale d'amants projetant une partie carrée à l'insu des pères; cabale de famille sur un bon parti à obtenir. Si ces intrigues sont couronnées de succès , l'on prend en amitié les coopérateurs : on a , malgré quelques inquiétudes, passé d'heureux moments à conduire l'intrigue; les agitations qu'elle produit sont besoin de l'âme. (Cabalisle, 10e. passion supprimée par les philosophes, ainsi que l'ambition, 7e.)
Loin de ce calme plat dont la morale nous vante les douceurs, l'esprit cabalistique est la véritable destination de l'homme. L'intrigue double ses moyens, agrandit ses facultés. Comparez le ton d'une coterie d'étiquette , son jargon moral, guindé, languissant, avec le ton de ces mêmes individus en état de cabale : ils vous sembleront métamorphosés; vous admirerez leur laconisme, leur ton animé, l'essor actif des idées, la prestesse des actions, des résolutions; enfin, la rapidité du mouvement spirituel ou matériel. Ce beau développement des facultés humaines est le fruit de la cabaliste ou 10e. passion, qui règne constamment dans les travaux et les réunions d'une Série passionnelle.
Comme elle obtient toujours des succès quelconques , et que ses groupes sont tous précieux les uns aux autres , le charme des cabales devient un puissant lien d'amitié entre tous les sectaires, même les plus inégaux.
De là vient que la courte séance d'une Série ou d'un groupe est un moment plus désiré que ne peut l'être
400 ASSOCIATION COMPOSl
parmi nous un bal ou un festin, dont le plaisir est contrebalancé par des embarras de toilette, étiquette, transport et retour, inconnus en harmonie : un groupe y .1 pour costume des uniformes de travail, qui exigent tout au plus deux minutes de \esliaire, et le transport d'un séristérc à un autre se fait par des corridors chauffés ou ventilés, (rue-galerie, 36). Tout est charme en pareilles relations : aussi les reunions d'ateliers sont-elles attendues avec impatience , objet de négociations trés-aclives à la bourse (1).
L'intrigue répand du charme sur les fondions les plu> insipides : c'est un ressort puissant pour rallier les castes incompatibles. Un roi aime la pèche maritime; il prend plaisir à vendre lui-même son poisson au marché : le voilà, par le fait, bienveillant pour les pécheurs qu'il a la prétention de rivaliser en art de la pèche, et pour les dames de la halle, qu'il rivalise en art de la vente.
Cet événement récent est un trés-bel exemple de ralliement amical descendant , ressort qui fait naître, en industrie, l'affection du supérieur pour l'inférieur. (. un effet qu'il faut savoir produire dans tous les genres d'industrie, et qui aéra généralisé dans l'étal sociétaire.
Telle est la propriété des intriguée de Série : elles créent l'esprit t*bmkrtique> passion ou l'on trouve, comme dans l'amour, la propriété de confondre les rai rapprocher le supérieur de l'inférieur. Une cabale active
(1) J'avais promis un chapitre sur la bourse d'Harmonie, sur l'.ut d'y traiter et dénouer en moins d'une heure des milliers l'intrigues, dont chacune peut impliquer cent personnes. Cestun chapitre difficile et asseï long : il a fallu le renvoyer comme tant d'autres, dont le délai nécessitera un volume additionnel a cette livraison.
et ardente établit entre ses meneurs une intimité de longue durée , si d'autres intérêts ne viennent pas les désunir. On ne court pas ces risques en Harmonie, où les cabales de Série ne sont que des voies d'émulation, des luttes en procédés honnêtes ainsi qu'en industrie. Les rivalités sociétaires sont joviales et polies ; les individuelles sont tristes et malveillantes.
D'ailleurs, si une Phalange organise bien ses ralliements qui sont de vastes accords de masse, il arrive que les brouilleries individuelles sont de nulle influence, et ne peuvent en aucun sens troubler les accords collectifs; de même que la querelle de deux militaires ne change rien à l'esprit du régiment.
J'insiste sur la force de 4e. levier, sur l'avantage d'attirer les grands à l'industrie populaire, ce qui ne peut avoir lieu que dans les Séries pass. On peut, par des exemples connus, se convaincre que si les grands s'adonnent à quelque fonction vulgaire, ils y sont plus passionnés que le peuple , et d'autant plus jaloux d'éloges, qu'ils ne font pas de ce travail un objet de spéculation pécuniaire. Louis XVI aurait été très-piqué qu'on l'eût cru médiocre en serrurerie : on assure qu'il pouvait aller de pair avec les plu-; habiles de Paris. Cette prétention à les rivaliser était un ralliement amical avec eux; une illusion répandue sur telle fonction qui semble hors du cercle des délassements royaux, et qui, par celte raison , rallie le supérieur à l'inférieur, par affinité industrielle.
Et si l'on suppose qu'un roi, un grand, au lieu d'être seul de sa caste dans tel atelier, y rencontre une dizaine de magnats de sa Phalange, une échelle des diverses castes, point de mercenaires, partout des sectaires passionnés, des hommes polis et honorables, même les en-
lants, son affection pour les coopérâtes ra vingtuple
de ce que peu! être, en civilisation, celle d'un roi que l'attraction engage dans quelque travail populaire, dont les ateliers ne lui offrent que des mercenaires disparates avec lui par les manières, et suspects sous le rapport (!•• l'intérêt.
Ai'i'i -.nïhce. J'ai analysé dans la seule amitié qu puissants moyens de rapprochement entre inégaux, sauf concours des A gages d'unité ou colonnes de ralliement (387), que fournit l'état sociétaire;
Attraction industrielle, Education unitaire,
.Minimum intégral, Population proportionnelle.
A ces i conditions est subordonné tout le système des ralliements et équilibres entre castes extrêmes* Or. s'il dépend de nous de réaliser sans délai ce- 1 prodiges sociaux , il est de même en notre pouvoir d'établir les \(> ralliements dont ils sont les colonnes.
J'ai prouvé que la civilisation, tout incompatible qu'elle est, par ses faussetés, avec l'amitié entre inégaux, en recèle pourtant tous le- germes : ceux d'amitié, (pie je viens de définir, seraient déjà un moyen très-efficace pourdisp »sei a la concorde général répar-
tition des bénéli( ■■
Cette séance eel le point sur lequel doîfenl se dirij toutes noé mes. Il l'âgil d'atteindre au concert général dans cette journée décisive ou on répartira, aux -< taires inégaux, en raison dei (rois facultés industrielles, capital, travail si taltnt.
J'ai avancé lin de- Pré-alablefl jm ladite nportition n'rinti ni */ur dêêhtttet di l . et jama<
tord\ Lé plu^ imporl inl de tous les problèmei
est celui de satisfaire, sur ce qui touche à l'intérêt personnel, une réunion de 1,600 associés inégaux; les transformer en 1,600 amis, par le fait môme de ces débats d'intérêt qui, aujourd'hui, exciteraient entre eux 1,600 procès, autant de haines.
Loin de là, cette immense réunion d'inégaux présentera, en affaires d'intérêt, le plus généreux désintéressement, les plus sublimes accords ; si le fondateur sait organiser, seulement à demi, les quatre quadrilles de ralliements ; je dis a demi, puisque les deux mineurs n'arriveront qu'à peine à ce degré , vu l'obstacle de nos coutumes en amour; mais des deux majeurs, celui d'ambition peut arriver d'emblée au delà du demi-équilibre, et celui d'amitié approcher du plein , atteindre à l'essor combiné ou quaternaire des ressorts indiqués (583).
Avant de traiter des lacunes de ralliement inévitables dans les débuts, étudions d'abord le mécanisme en plein, le quadrille complet sur chaque passion, comme nous l'avons analysé sur l'amitié. Les contre-poids seraient faussés, incomplets, si le ralliement ne se formait pas de quadruple ressort ( sauf réduction à 2 en harmonie hongrée ).
Sans argumenter sur la suffisance de chacun en particulier, il faut attendre l'exposé du tout. Ce sont, je le répète, 16 rouages d'une mécanique où tout engrène et se communique l'impulsion , où chaque pièce concourt au mouvement des autres. 11 faut donc se garder d'objections sur l'insuffisance apparente de tel ou tel de ces rouages : ils sont destinés, tous les seize, à opérer simultanément et non pas isolément. Si tel des 4 ralliements d'amitié ne promet d'influence que sur un quart des sociétaires, on influencera les trois autres quarts de la Phalange parem-
«Ui ASSOCIATION COMPOSI
ploi des 5 moyens de ralliement qui n'auront pas été appliqués au premier quart.
En outre, quand on douterait que l'ensemble du quadrille des accords d'amitié put rallier plus de moitié de la Phalange, n'aura-t-on pas le secours desoautres branches de ralliement, ambition, amour, famillisme? Ces deux derniers seront faibles, à la vérité, dans les débuts; mais on pourra donner aux deux premiers une intensité plus que suffisante pour la garantie de l'équilibre sociétaire.
J'ai mis dans l'exposé des ralliements d'amitié une régularité qui ne pourra pas régner dans les trois autres quadrilles dont quelques branches offenseraient les préjugea '• c'est donc sur l'équilibre d'amitié que les étudiants doivent s'exercer, quant à ce genre d'accords; ils doivent s'attachera la formation desquadrilles de ressorts contrebalancés.
Je leur ai tracé régulièrement la marche, dans les divers tableaux (379, 385), et dans les deux régies (587, 392). Il eût peut-être convenu de les recapituler; je le ferai à la suite du ralliement d'ambition. En attendant, c'est un petit travail que feront aisément ceux qui étudient avec méthode.
Quel sujet serait plus digne de leur attention? Cerf le dénoùment de toutes les erreurs <cienli!ique> , l'initiation au plus grand des mystères, à l'arriei et de la na-
ture, l'harmonie U ^ PAftSlOUg.
</esl dans ce \ . livre qu'on va commencer à rrfooodrc l'effrayant problème de l'unilc passionnelle; prouver que ' < reateur. qui ne fait rien à demi, BOUS a ménage pour le lien d'unité générale , pour l'harmonie domestique el sociale, des moyens double^ el triples du nécessaire. (Juelle déconvenue pour les sciences incertaines qui, avec
leurs pompeux sophismes sur l'équilibre social , n'ont su créer que la discorde universelle, et n'ont rencontré sur tous les points , qu'une résistance invincible de la part des passions!
L'on va voir, par l'ensemble des 16 ralliements ( 7e. section), avec quelle facilité l'ordre sociétaire se joue de tous les obstacles qui ont réduit aux abois la politique civilisée, et qui, aujourd'hui plus que jamais, dénoncent l'ignorance absolue des philosophes en mécanique des passions.
C'est un titre de gloire pour les sectes expectantes (II, 120) qui ont confessé la vanité des connaissances philosophiques, et invoqué une lumière nouvelle, ens'écriant, depuis Socrate jusqu'à Voltaire :
Mais quelle épaisse nuit voile encor la nature !