‹ Œuvres complètesChapitre 75 sur 276 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Quadrille des ralliements de famillisme.

Si je n'eusse été gêné par le préjugé, dans cet tkm - ♦les ralliements, j'aurais divisé la section en 2 notices : un»' pour les majeurs, amitié , ambition; une pour les mineurs, amour et famillisme. Cette division aurait facilité des parallèles et autres moyens propres a familial l'étudiant.

Mais, sur cette matière, l'entrave du préjugé est toile. <jue je serai obligé de franchir en entier l'exposé des raIliementsd'amour,etderecourirpourceux de famillisme à Tinnocent subterfuge déjà employé, l'hypothèse d'un r cit des mœurs de la planète Herschel.

Avant de donner en tableau le quadrille des ralliements de famillisme, il est à propos d'y préluder par une ém criplion de quelques emplois des 2 éléments ; ce sont (379) la consanguinité et l'adoption; nous commencerons par l'adoption, coutume déjà connue sur notre globe, et qui n'exigera pas, comme les ralliements de consanguinité, une excursion dans d'autres planètes.

1. Adoption continuatrice* Cette coutume reposant sur des affections très- généreuse* va paraître peu croyable aux richefl civilisés. Kedisons-leur que les 16 ralliements naissent les uns des autres, sont liés en mécanisi fie-

rai , et qu'il ne faut pas se bâter de les juger isolément , avant de connaître et les 1(> cardinaux et les 2 pirotaux. Tout civilisé opulent regarderait comme insensé celui qui lui tiendrait le langage suivant : t Vous possédez trois millions et avez 3 enfants; vous comptes leur léguer un

million à chacun : faites de votre bien un plus noble partage; distribuez un million seulement à vos enfants, puis le 2e. à vos parents pauvres, et le 3e. million aux enfants du lieu qui vous ont aidé dans vos travaux. >

Un tel avis exciterait la risée des pères civilisés : ils auraient raison, à ne considérer que les dangers de ruine qui menacent leurs lignées, dangers qui n'existent pas dans l'Harmonie. Un père n'y craint pas que ses enfants manquent jamais de l'utile ni de l'agréable : n'auront-ils pas pour pis-aller le minimum social, tables de 3e. classe, mieux servies que celles de nos grands, avances de vêtement et logement , voitures et spectacles gratuits , faculté de prendre part à tous les travaux, et tant d'autres avantages inhérents au lot de minimum sociétaire?

Cette perspective suffirait à prévenir l'inquiétude paternelle d'un civilisé; mais connaissant l'étendue des pièges sociaux dans l'état actuel, il craint que ses enfants ne mendient à la porte des palais de leurs aïeux. Ces terreurs disparaissent en Harmonie, et le testateur, assuré que ses enfants auront toujours le superflu, adopte dans sa distribution d'hoirie des règles dont je vais rendre compte.

Un père, en Harmonie, étant passionné pour une « quarantaine, cinquantaine » de travaux, se passionne par suite pour ses coopérateurs les plus intelligents, et surtout pour les enfants pauvres qu'il voit exceller dans ses occupations favorites où son fils ne s'entremet point. De là naissent les adoptions de ligue industrielle, adoptions de continuateurs ; elles ne sauraient avoir lieu en civilisation , où le riche ne se passionne pas pour le travail; ou bien, lorsqu'il s'y adonne , il rencontre par toute compagnie des intrigants et des fripons, et jamais des enfants intelligents,

V i * » lOGIAttOH COMPOSi

enthousiastes, et s du rang de conlinuateurs titu-

laires.

touré de collaborateurs astucieux , le i . considère la masse de ses concitoyens comme autant d'ennemis à surveiller : il se livre tout entier au lien familial , <>t l'hoirie passe exclusivement à ses enfants.

Les défiances étant pleinement dissipées dans l'état sociétaire , l'homme riche n'y étant entouré que d'alliés cabalistiques, il ^abandonne sans reserve au* impi sions amicales ; elles iierment à chaque pas chez les h ir moniens, par effet des travaux attrayants et cabalistiques. Tout homme riche y étant ardemment passionné pour ses travaux regarde comme un second fds l'enfant qui épouse ses penchants industriels et s'en montre le continuateur présomptif.

Dorimon aime beaucoup ses deux enfants; mais aucun d'eux n'a pris parti aux Séries de serre chaude, moutonnerie et cfrarronage, dont il est l'un des chefs. On bien oefl deux enfants ont choisi dans les susdits travaux quelque branche élra: i celle qu'exerce Dorimon. Il

soigne les plante- grasses dent il préside le groupe; son lils ne s'occupe aux serres que de l' orangerie; ce a'esl pis lé un continuateur, un héritier industriel. Dorimon trouve ce successeur dans la jeune Pasilhée, lille pauvre, fort empressée <t intelligente pour le soin des plantes grasses, et promue au rang de b.innerelle du groupe. Il s'attache industriellement it cabalistiquetneni à cette jeune personne >ur qui il peut (aire fonds pour la continuation de ses travaui (ayons,

Dorimon forme pareil lien cabalistique a?ec une trentaine de jeunes ^»'ns d'un et d'autre se\c , qui sont les plus

rélés à l'aider d ms le> diyert groupes îodustrû 1s. Il con-

fère successivement à ces individus le titre d'ADOPnrs industriels, titre qui leur donne part à une portion d'hoirie que tout harmonien fortuné laisse aux adoptifs cabalistiques.

Cette sorte de legs s'élève d'ordinaire au « quart» de la fortune. L'industrie étant chez les harmoniens la chose la plus révérée, le charme de la vie, la source de liens amicaux et émulatifs, un individu serait méprise s'il manquait à titrer t bon nombre > d'adoplifs industriels, et leur léguer tiers ou quart de ses biens.

Les penchants industriels étant variables, il est rare qu'on reste, pendant la vie entière, sectaire d'un travail. Dorimon , après avoir exercé 30 ans dans le groupe de la tubéreuse, peut le négliger pour d'aulres goûts industriels qui lui sont survenus; il n'est plus qu'auxiliaire de ce groupe, où il reparaît quelquefois à titre de consultant; il s'est fixé plus assidûment à d'autres fleurs, û d'autres fruits; en dix ans il a quitté dix branches d'industrie pour en prendre dix autres, où il va titrer encore quelques adoptifs industriels.

Ces variantes en fonctions sont assez fréquentes pour les estimer à une par an, c'est-à-dire qu'un homme qui est sectaire habituel de 50 groupes , en aura parcouru 90 de plus dans le cours des 90 ans qui suivront : chacun commençant à titrer des adoptifs dès l'âge de 25 à 30 ans, tout homme riche aura, à la fin de sa carrière, au moins une centaine de ces adoptifs, nombre nécessaire en accords « de longévité » dont nous parlerons au chapitre suivant, et dont nous pouvons dès à présent poser le principe :

Etablir entre les testa teurs et les légataires quelconques, soit adoptifs, soit consanguins, une amitic assez vice

pour que l'héritier désire prolonger la vie du testateur qu'il est aujourd'hui si impatient de conduire au monument.

Il n'est guère, en civilisation, de côté plus dégoûtant que les sentiments secrets des légataires pour les bienfaiteurs. En dépit des simagrées de déférence filiale, il est avéré que les héritiers poussent le vieillard dans la tombe ; et sauf rares exceptions qui confirment la règle, toute la civilisation semble dire aux vieillards : « Hatez-vous de mourir; vous n'êtes bons à rien; vous n'êtes pour le monde social qu'un fardeau inutile. »

D'autre part, la civilisation habitue chaque père à oublier tout sentiment de philanthropie et de charité, pour ne songer qu'aux intérêts de ses héritiers en ligne directe ou filiale.

On n'arriverait point à l'équilibre familial, si on ne parvenait pas à extirper cette double dépravation des enfants et des pères; êgoïsme des enfants et collatéraux qui souhaitent en secret la mort de celui dont ils attendent l'hoirie; égoïsme des pères qui ne voient le monde social que dans leur famille [et souvent dans un aîné à qui ils immolent filles et cadets], n'étendant pasplusloin les bornes de leur libéralité testamentaire. Le problème d'absorption de ces deux égoïsmes sera résolu au chapitre suivant. Achevons sur les ralliements d'adoption.

2. L'instruction sollicitée. Elle établit dans l'ordre sociétaire une affection vraiment filiale des élèves aux maîtres. C'est le fruit de l'esprit cabalistique régnant dans

les travaux des Séries pass. L'enfant y est si fortement intrigué, si désireux de faire «les progrès, qu'il regarde comme autant d'amis, autant de sauveurs, tous ces vieillards qui veulent bien le former à l'industrie ou à l'étude.

La civilisation a toujours pensé qu'il devrait exister un lien de gratitude entre l'élève et l'instituteur : mais en vain fait-elle valoir le bienfait de l'institution; il existe parmi nous des intérêts et des principes inconciliables entre les âges opposés. Aussi un vieillard est-il rebuté, raillé partout où il s'entremet avec la jeunesse; elle raille jusqu'au professeur qui lui donne des leçons.

L'instruction étant désirée et sollicitée en Harmonie, chaque vieillard devient par son expérience un compagnon précieux pour les Séries où il a longtemps exercé, et dont il peut, par ses conseils, soutenir les prétentions de supériorité. Il est pour elles ce que serait un vieux pilote dans une tempête où les jeunes marins sentiraient leur insuffisance, et le conjureraient de les aider.

Cette affection cabalistique des jeunes gens pour les vieillards ne saurait s'établir dans l'état actuel, où on ne travaille que par besoin , par contrainte et non par attraction. Le jeune ouvrier qui gagne un modique salaire , s'inquiète fort peu des revers du maître instructeur, il s'en réjouit, par vengeance d'un refus essuyé sur l'augmentation de solde ou sur l'avancement. L'enfant qui va aux écoles par ordre de parents, n'aime pas un régent dont il voudrait déserter les leçons.

Ainsi, la vieillesse aujourd'hui devient odieuse à la jeunesse, par influence du travail et de l'étude qui, dans les Séries pass., établissent, des élèves aux maîtres, une affection plus qu'amicale, un lien de paternité idéale, un véritable amour filial. 11 s'étend des individus à la masse , et fait naître chez toute la jeunesse un enthousiasme collectif pour les vieillards; véritable ralliement familial des inférieurs aux supérieurs, effet de gratitude par lequel l'enfant adopte pour second père celui qui ne

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l'est pas; le lien est d'autan! plus brillant, qu'il devieol esprit de corps chez l'enfance toute entière : ceci est adoption en essor inverse; la précédente! nommée continuatrice, esl adoption en essor direct.

Après ces détails sur les emplois sociétaires de I'adoption, il comient de classer en quadrille sesdeu\ procèdes. Je représente par initiales C, A, les éléments du lien familial, adoption et consanguinité.

Ralliements de famillisme. Modi

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