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CHAPITRE Mil

Des Testaments harmoniens, et de leurs propriétés ralliam

A la suite des ralliements par adoption, il reste à traiter de ceux de consanguinité : ce sont des coutumes qui ne naîtront que par la suite des temps, au bout de quatre à cinq générations , lorsque les hommes seront devenus franchement amis des richesses, et voudront élever leur revenu au septuple effectif, par un développement général de toutes les passions.

11 est donc peu nécessaire de faire connaître ces usages à la génération actuelle qui, modérée en ambition, préférera être moins riche, se borner à tripler son revenu , et conserver ses usages répressifs. D'ailleurs, elle n'aura ni la politesse nécessaire aux mœurs de l'Harmonie, ni le secours subit des quatre voies de ralliement (387).

Elle souhaitera néanmoins de corriger quelques-uns de ses vices, entre autres l'égoïsme des enfants qui, pressés de jouir, souhaitent en secret la mort du détenteur. Tel est le problème à résoudre dans ce chapitre.

Pour créer une vertu si étrangère à nos coutumes, pour habituer les héritiers à désirer la longévité du testateur, on devra sans doute recourir à des méthodes bien opposées aux nôtres. En traitant ce sujet, il faut, je l'ai dit, transporter le lecteur dans la planète Herschel.

Cet astre n'étant pas favorisé des lumières de la philosophie, ne connaît pas la coutume du mariage : les unions soxuellcs s'y opèrent librement, comme nous l'avons vu à

Otahïti, et comme on le voit encore chez divers peuples, tels que Javanais, Népauliens [Hamiliens, Lancérotiens. femmes un mari par mois], etc.

Ladite planète étant depuis longtemps en pleine harmonie, ses habitants jouissent d'une longévité qui permet souvent a l'homme de voir son septième descendant.

Telles sont les deux voies d'équilibre en consanguinité . dans Herschel et astres de pleine harmonie :

Polygamie étendue aux femmes comme aux homm>

Longévité atteignant de l'aïeul au 7°. descendant.

Les successions sont réparties par 1 3 ou 1/2, aux entants de tous degrés; 14 aux adoptifs, 14 aux amis, épouses, collatéraux. On lègue fort peu aux épouses (femmes dont on a des enfants); elles ont leur fortune à part , et n'ont pas besoin de legs dans un âge avancé , où il est rare qu'un harmonien soit pauvre : dans ce cas, le testateur les doterait.

In homme âgé de 150 ans, n'ayant d'ordinaire que deux ou trois épouses, distribue à ses enfants qui , en cumulant les sept générations , peuvent bien s'élever au nombre de 250, dont moitié vivants, selon la progression

J'ai supposé moitié de vivants, car il ne faut qu'entretenir la population, et non pas la doubler.

Analysons dans cet ordre de choses un résultat fort intéressant, qui e>t la fréquence ies héritages , le plaisir de recevoir de petites hoiries non-seulement chaque année , Util presque chaque soison.

Ithuriel, décédé ta loOans, n'a pas donné, selon l'usage civilise, tout I M lrc. génération : il a un filfl et

une fille de 125 à 130 ans, qui sont déjà enrichis ; il donne de fortes parts aux septièmes et sixièmes descendants, selon leur mérite et selon ses préférences. En léguant tout à sa première génération, il exciterait les six inférieures à désirer la mort de la première. Son testament contient donc pour la lignée directe une série d'environ 120 legs auxquels il affecte moitié de sa fortune. Les deux autres quarts sont de même subdivisés entre une centaine d'adoptifs continuateurs, et une centaine d'amis et collatéraux, y compris ses épouses.

Sur une planète comme la nôtre, où la vie est trèscourte (elle l'est dans tous les modes en lres. phases de subversion), le testateur peut d'autant moins léguer aux 2e. et 5e. générations , que d'ordinaire il ne voit pas la 3e., et qu'elle est d'ailleurs trop jeune pour qu'on puisse lui rien confier. Mais en Harmonie, où la jeunesse ne peut être victime d'aucune fourberie, on lui fait des legs comme aux générations supérieures. On va voir que sans cette coutume d'hoiries disséminées, le ralliement ascendant , d'inférieure supérieur, ne serait pas possible ; on n'amènerait pas les enfants de tous degrés à souhaiter la longévité des aïeux.

L'héritage d'Ithuriel distribué, comme on l'a vu, se répartira indirectement sur la Phalange entière, car il a légué à plus de 500 personnes [y compris les parcelles que recueilleront les amis et les adoptifs], dont chacune peut bien avoir dans la Phalange même, soit en consanguins, soit en adoptifs, « cinq à six » héritiers autres que les 500 mentionnés au susdit testament. Au moyen de ce ricochet, la succession d'Ithuriel se répartit avec le temps sur la Phalange entière, estimée de IJ a 1800 personnes, dont 500 ont hérité directement , et 1500

ASSOCIATION COMI

hériteront nrontECTEVEin bu décès des 300 hoirs titulaires.

El lors même que le 1 S. au nombre de 202, serait excepté de celte participation , l'hoirie serait toujours distribuée tm&ureafttfnt, puisqu'elle s'étendrailaux7/8ev qui en mouvement sont comptés pour le loul. D'ailleurs ce 1/Se. exclu participera aux héritages de quelques sumagnats.

Dans un tel ordre social, si la Phalange contient 40 riches, tout pauvre les considère en masse comme ses donateurs ; car il peut espérer de r>,v> d'entre eux une portion d'hoirie, soit directement, soit indirectement; et il devient partisan zélé des gens riches, quand il peut croire participant à l'hoirie de 55 riches <ur 10.

C'est le point où il faut atteindre pour établir l'équilibre dans la passion de famillisme, en l'aire une voie de ralliement afïeclueux entre inégaux. 11 y a équilibre partout où une passion est développée de manière a contenter la masse de population, collectivement et individuellement.

La morale civilisée nous invite à nous considérer ceem une famille dp frères [tous unis par l'amour du commet

i de I.» charte . Plaisanl verbiage! Lazare, jeune homi

très-pauvre , peut-il considérer connue frère le ricin patriarche Ithuriel, s'ii n'obtient pas d rende fortu

la moindre parcelle, ni en héritage, ni en prestations

quelconques pendant sa vie7 Lazare peut, en Harmonie, espérer ces avantag - : il es! peut-être des descendants directs! on des adôptifs continuateurs, ou des collatéraux, ou tout au moins des héritiers ind - ceui de rteocfa en attendant > Laïai rencontre avec Ithuriel d

divers groupes de culture, de fabri t dans !l

de corps que ce vieux magnat donne à ses groupes, à titre de vétéran et doyen d'une industrie où il a brille . dont il aime à s'entretenir, à soutenir les cabales et prétentions.

Lazare qui, aujourd'hui, n'obtiendrait pas les miette* de la table de ce riche, devient donc participant à sa fortune; il aura pour lui des sentiments de frère, et de même pour d'autres magnats de la Phalange, sur qui il fonde pareille espérance. Quant à présent, Lazare peut-il ressentir quclqu'affection fraternelle pour des égoïstes de qui il n'a rien à attendre ni au présent ni à l'avenir?

Cet ordre ne s'établira point dans l'Harmonie hongrée, ni même dans les premières générations d'Harmonie composée ; mais il est nécessaire de le décrire, pour initier les lecteurs au calcul de ralliement, dont le thème est,

Que V état sociétaire, en donnant aune passion le plus vaste développement , l'essor en tous degrés de gamme (selon la table, Il /, 556) est assuré d'en voir naître des gages de concorde générale, et des ralliements entre classes les plus opposées.

La thèse appliquée aux familles est d'autant plus digne d'examen, que le groupe familial est parmi nous le plus discordant des A , et le principal foyer d'égoïsme. Continuons donc a analyser ses relations dans l'ordre sociétaire, notamment en ce qui concerne l'hoirie disséminée sur 7 générations.

Démontrons d'abord que le plaisir d'hériter, si rare en civilisation, devient en Harmonie un charme périodique, et presqu'aussi fréquent que le retour des quatre saisons.

Quelle que soit la longévité des harraoniens/il en meurl chaque année : ne fût-ce que 16, il s'en trouvera

I&6 ASSOCIATION COMPOSLL.

2 de haute fortune , 5 de moyenne fortune, 4 de basse fortune, et 7 pauvres.

Chacun aura des parcelles d'hoirie à recueillir sur 4 des 16 défunts, et chacun pourra recueillir au moins sur 1 I y compris la chance des ricochets : dès lors les héritages en Harmonie sont une aubaine périodique répétée plusieurs fois par an; elle s'étend aux pauvres comme aux riches, aux enfants comme aux pères. Il faut bien cette périodicité d'héritage, dans un ordre de choses qui doit élever à l'infini tous les plaisirs.

L'amour familial ne serait plus réciproque, s'il excitait à de viles spéculations sur la mort du testateur. Aujourd'hui, l'homme qui jouit le plus du plaisir d'hériter est relui dont les parents sont frappés d'une mort prématurée. En Harmonie, au contraire, chacun voit les héritages se multiplier pour lui, en raison de la long<:\ itr générale : il en résulte que chacun désire longue vieill A tous ceux dont il veut partager l'hoirie. Effet assez inconcevable pour des civilisés, à qui le délai d'héritage inspire une impatience dévorante, bientôt transformée en malveillance, quand le détenteur est tardif à trépas-- i Cette soif d'héritages est entièrement calmée par la dis >émination que je viens de décrire; elle habitue le jeune homme à recueillir annuellement des lots de lignée ou d'à doption : la fréquence de ces récoltes le rend (rautanl moins avide, qu'il a très-peu de besoins en Harmonie ou il trouve , MUS dépense, la plupart des plaisirs de >mi

Il s'habitue a considérer les héritages couine fruits successifs dont on attend patiemment les récoltes consécutives.

On n'est guère désireui de raisins ai de pommes, quand «>n jouit de la cerise et de la fraise: mais si on n'a! Ml

dans le cours de l'année qu'un seul fruit d'une semaine de dorée, on aurait cinquante semaines de violente impatience : telle est la situation des héritiers civilisés ; la chance est hien pire pour le grand nombre , qui n'a aucune hoirie à espérer.

La jeunesse, en Harmonie, n'a rien de ce caractère ignoble et rnpace des légataires actuels qui, attendant tout ou presque tout d'un seul côté, sont réduits à souhaiter la mort de celui dont l'existence prolongée les pri\e du total. Un harmonien, recueillant chaque année quelque legs, patiente sans peine sur les hoiries différées; il les considère comme une réserve assurée; il se plaît à voir quelques patriarches prolonger leur carrière, amasser, grossir le trésor dont portion lui est garantie. Il spécule sur cette réserve, comme un homme aisé sur les bois dont il diffère la coupe, afin qu'ils gagnent en hauteur et maturité. Tel un héritier harmonien souhaite, pour son intérêt même, la longévité des testateurs; et lorsque l'hoirie lui échoit, il peut dire avec sincérité : J'aurais désire qu'elle fût différée de 20 ans. [Il les aime réellement.]

(Nota. L'affluence de dignités et fonctions pubïques produit, en Harmonie, même générosité chez tous les prétendants, aujourd'hui si impatients de la mort de leurs supérieurs.)

C'est donc dans la grande subdivision des héritage. . dans la coutume des 3 à 4 ordres de legs, ceux de li' directe, ceux d'adoption industrielle, ceux de collatéraux, ceu\ d'amis, amantes, etc., que réside le germe déraillement entre les jeunes héritiers et les vieux donateur-, ('elle dissémination est impraticable hors de l'étal taire : l'étal civilisé, en forçant à concentrer les hérit Mir un Irès-pelil nombre de tètes, fait éclore de part i I

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