‹ Œuvres complètesChapitre 89 sur 276 · LIVRE IV. SECTION VIII. i^l · texte numérisé non relu

LIVRE IV. SECTION VIII. i^l

D'autres fondions peu considérées parmi nous , comme celle des infîrmistes ou curateurs de malades, jouissent en Harmonie de la plus haute considération. Il en est de même de la Série des nourrices et pouponnistes : leurs travaux étant répugnants doivent être classés avant celui du labour, et former avec le travail des Petites Hordes, la section de 1er. ordre dans la classe de nécessité.

Répétons que ce n'est pas la valeur du produit qui est règle de rang : voici à cet égard un problème sur lequel se tromperont tous les civilisés. Si l'on demande laquelle des deux Séries de floricoles ou fructicoles doit être classée avant l'autre, chacun répondra que ce n'est pas même un sujet de doute; que les fruits sont infiniment préférables aux fleurs; que la Série qui cultive les vergers, les espaliers, doit non-seulement être classée avant celle qui cultive les fleurs ; mais que celle-là doit être classée en catégorie d'utilité, et celle-ci en catégorie d'agrément, qui est moins rétribuée.

C'est fort mal jugé : la Série des vergers [ ou des fructicoles], quoiqu'infiniment productive, reste dans la catégorie d'agrément, et de plus elle y est classée au-dessous de la Série des floricoles qui ne produit pas autant qu'elle coûte; les ventes de graines et fournitures aux parfums ne couvrant pas les frais de culture [des fleurs].

Etudions les motifs de ce classement, déduits des influences d'Attraction en mécanique sociétaire.

Les vergers, en Harmonie, sont des séjours délicieux ; leur soin est le plus récréatif de tous les travaux. Les rencontres de cohortes vicinales , et les amours dont je n'ai pas parlé, s'y joignent à mille autres amorces. D'ordinaire, les sexes y sont réunis, l'un pour le travail de force, l'autre pour celui d'adresse. Tout verger esl p ir

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semé d'autels de fleurs, entouré de cordons d'arl listes : le travail n '] guère de tentes roulantes, parce que

en tiennent lieu. Si l'on ajoute à tous traits, le charme puissant de la culture des fruits, l'avantage de D'être plus trompé sur les espèces ni volé sur le^ récoltes, de n'être entouré au verger que de sectaires polis et bienveillants, d'y trouver après la séance un déjeuné ou goûté au castel, d'y être stimulé par une foule de cabales sur les rivalités, on pensera que sur 1000 personnes il doit s'en trouver 999 en attraction pour le soin des vergers , au moins dans quelque branche. C'est une -érie infinitésimale rou d'attraction générale], comme celle du poulailler (336).

La secte des vergers, abstraction fait*1 de son produit, <-A donc la dernière en titres classiques , parce qu'elli la plus forte en dose d'attraction. D'autres sectes recourront aux expédients pour renforcer d'attraction : celle-ci ne cherchera qu'a diminuer l'intensité d'appât , et ralentir l'empressement général à s'y enrôler.

Quant a la secte des floricoles, elle est fort mal appréciée en civilisation : si son produit est plein de charn son travail ne l'est guère; ii exige beaucoup d'assiduité, de connaissances, de soins minutieux , pour un plaisir de courte dorée. Sur ce, les amis du commerce | et delà charte | répondront qu'il faut supprimer les fleurs et semer .•n place des pomme- de terre, comme aux beaux jours de Robespierre qui en lit placer dans les carreaux du parterre des I uileries lemailles morales ne se concilie-

raient pis avec le mécanisme barmonien qui exige beau coup de fleurs, soit pour le charme des travaux ebampéi soit pour l'éducation des enfants, et surtout des Biles. C'est par l'amorce des Heurs qu'on l<'-

bas âge pour l'agriculture, et qu'on les habitue aux études, à la dextérité qu'exige cette difficile industrie.

Les fleurs ont en Harmonie beaucoup d'autres titres qui laissent à douter si la Série des floricoles ne sera pas classée dans la 2e. catégorie, au rang d'utilité, d'où chaque civilisé se hâterait de l'exclure en faveur de la Série des fructicoles qui a le tort, sic en est un, d'attirer trop fortement. Or il faut, selon la loi des contre-poids, placer au dernier rang en bénéfice, la Série qui est au premier rang en dose d'attraction.

On peut juger par ce parallèle des fruits et des fleurs , que l'Harmonie, en appréciation de travail, se règle sur des bases fort différentes de celles admises en civilisation, et que la quantité ou valeur réelle du produit, qui serait parmi nous boussole exclusive d'estimation des travaux, ne le sera point dans l'état sociétaire. Il placera au dernier rang l'industrie la plus précieuse peut-être; car les doux sexes de femmes et enfants harmoniens vivront de fruits [ou] crus ou en compote et marmelade, bien plus que de graminées : nous en avons l'indice dans le bas prix actuel des sucres cultivés par les indigènes, comme en Indostan.

D'autre part, des fonctions qui nous semblent aujourd'hui de pure superfluité, comme I'Opéra, seront en Harmonie au premier ordre de nécessité. « Cependant, » diront les civilisés, on peut se passer d'opéra, et l'on » ne peut pas se passer de boulangers ni de bouchers. > I/objection est juste , quant à l'ordre civilisé qui n'est pns susceptible d'attraction industrielle ; mais on a vu, au livre de l'éducation, que l'opéra est un des plus puissnnU n

pour former l'enfant a la dextérité, à l'unité active en fondions industrielles; il est égard, objel

1™, nécessité, cl rétribué comme I

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Kn définitive, le classement des Série- est réglé se; les convenances générales, et non selon les produits. Posons plus régulièrement le principe : on estime leur priorité de rang en raison composée des bases suivantes.

1 . Kn raison directe de concours aux liens d'unité, au jeu de la mécanique sociale.

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