‹ Œuvres complètes: comédies, drames (volume 2)Chapitre 126 sur 156 · A F EU L E U S E · texte numérisé non relu

A F EU L E U S E

MINA

Oui, mademoiselle... mais...

MARGUERITE

Qu'as-tu?... Quel air effrayé!

MINA

Yoilà ! Un jeune officier qui demande à vous voir.

MARGUERITE

Moi? de si bonne heure?... Quelle folie !

MINA

C'est ce que je lui ai dit.

Renvoie-le.

MINA

Il ne veut pas.

MARGUERITE

Laisse-le dans le vestibule à se morfondre.

MINA

C'est ce que j'avais fait.

MARGUERITE

Eh bien?

MINA

Eh bien!... C'est là l'effrayant... il paraît qu'il connaît les êtres et que ce n'est pas la première fois qu'il vient à cette heure-ci...

MARGUERITE, se levant.

Que veux-tu dire ?

MINA

Car il s'est élancé par le petit escalier dérobé qui conduit aux appartements de la grande-duchesse, et j'accourais pour arriver avant lui.

MARGUERITE

Va, cours prévenir les gens du palais, le sergent de garde î

(Apercevant Thécla qui paraît à la seconde porte à droite; elle est enveloppée du manteau de Conrad et pose un doigt sur sa bouche.) Non,

ne dis rien à personne, à personne au monde, entends- tu? et laisse-nous.

MINA

Oui, mademoiselle, (a part, en s'en allant.) Autant valait le recevoir tout de suite ; mais elles ont, à la cour, un tas de rubriques...

MARGUERITE, avec impatience.

T'en iras-tu?

MINA, du fond et en sortant.

C'est peut-être ça qu'ils appellent l'étiquette.

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