SCÈNE VIL GERVAISE, ÉLISE, DALIBON
GERVAISE, entrant avec Élise.
Madame est bien bonne de s'en rapporter à moi... pour sa toilette... J'aimerais mieux qu'elle choisit elle-même la robe qu'elle va mettre.
ELISE, avec impatience.
Oui... oui... dans un instant.
GERVAISE, l'observant.
Oh! mon Dieu! si madame est occupée... j'attendrai tant qu'elle voudra,
ÉLISE, troublée.
C'est bien... attendez... (a part.) Ah! je meurs d'inquiétude ! Qu'a-t-il pu lui dire pour justifier sa présence ?
DALIBON, s' approchant d'Élise, et à voix basse.
Je sais tout... je connais ses intentions.
ÉLISE, à part, avec effroi.
0 mon Dieu!
DALIBON, en confidence.
C'est un amoureux. . . un prétendant. . . il venait pour Jeanne.
ÉLISE
Jeanne ?
DALIBON.
Il me l'a avoué...
ÉLISE, à part.
Nous sommes sauvés !
RÊVES d'amour
DALIBON.
Par exemple, il espère, et moi aussi, ma chère femme, que tu serviras ses projets.
ÉLISE, troublée.
Moi... monsieur... et comment?
DALIBON.
Tu t'entendras à ce sujet avec lui; mais ne vous parlez pas devant Jeanne. Elle est si fine, que du premier coup d'œil elle devinerait tout.
ÉLISE
Mais permettez !
DALIBON.
Nous devons, ma sœur et moi, faire aujourd'hui, à trois heures, une visite à notre salle d'asile.
ÉLISE
Mais, mon ami !...
DALIBON.
Profitez de ce moment-là... ici, au salon...
ÉLISE
Cependant...
DALIBON.
Tais- toi donc devant Gervaise .. Elle est si curieuse ! Si elle t'entendait!... Eh bien! c'est convenu, à trois heures!
ÉLISE
Mais...
DALIBON.
Je vais le prévenir... Je -compte sur toi ; à trois heures... pas avant.
(il sort.)
ELISE, après un moment de silence.
Oh! c'est trop fort... et, décidément... j'aime mieux tout lui dire.
'^Elle fait quelques pas pour suivre Dalibon et se trouve en face de
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