ÉLISE, DALIBON, MELFORT, JEANNE
DALIBON, allant à Melfort qu'il prend par la main.
Voici, ma chère Jeanne, un ami que je te présente.
(Melfort s'avancG près de Jeanne qu'il salue. Celle-ci, après lui avoir fait la révérence, lève les yeux qu'elle tenait baissés et fait un geste de surprise.)
JEANNE, à part.
Monsieur Denneberg... lui î
MELFORT
Pour être accueilli... par monsieur votre frère et par vous, mademoiselle, j'ai compté un peu sur les anciens souvenirs...
JEANNE, à part.
Il ose les rappeler...
MELFORT
Et beaucoup sur votre bonté... et votre indulgence.
JEANNE, émue.
Vous avez ici déjà, monsieur, tant de gens qui vous protègent... vous défendent et vous aiment... que vous ne devez pas douter du succès... mais...
MELFORT
Ah ! Il y a un mais !
DALIBON, gaiement.
Parbleu I II y en a à toutes les choses de ce monde.
MELFORT
Heureux s'il n'y en a qu'un, et celui-là?...
RÊVES d'amour
JEANNE, froidement.
Je le dirai, monsieur, plus tard !
DALIBON.
Elle a raison... Ne songeons qu'au dîner, (a Élise.) Nos convives nous attendent dans le petit salon. Nous avons tous les dignitaires de l'arrondissement. Le maire de Lagny et le président du comice agricole... un très-aimable homme... Quant à notre sous-préfet qui m'engage à lire, sur notre département, une étude administrative qu'il a publiée, il m'écrit que nous ne l'aurons pas à dîner, mais il viendra passer la soirée... Il ne nous manque donc plus que mon cousin Euryale... (Bas à Meifort.) un prétendant... mais que cela ne vous inquiète pas... (a part.) Au fait, il devrait déjà être revenu de la gare. Ah ! le voici !
(il remonte vers Euryàle qui arrive par le fond.)