REVES D ' A :\1 0 U R
JEANNE, regardant vers le fond, et avertissant Élise.
Mon frère !
ÉLISE, voyant Dalibon qui entre.
Mon mari !
(Elle cache vivement la lettre dans la Revue qui est sur la table devant elle.)
SGÈNK VIII.
JEANNE, à gauche; DALIBON, entrant parle fond; ÉLISE, toujours assise près de la table à droite, le coude appuyé sur la Revue.
DALIBON, entre brusquement et sans voir aucune des deux femmes; Jeanne fait un pas vers lui, il la voit, détourne la tête sans lui parler, et, regardant de l'autre côté, aperçoit Élise toujours assise près de la table. Il lui fait signe de venir h lui.
Viens.
ELISE, près de la table.
Que nie voulez-vous ?
DALIBON, brusquement et avec impatien e. Viens, te dis-je, (Elle quitte en tremblant la table.) Lc maître et
la maîtresse de la maison sont absents en ce moment, ton cousin Euryale fait seul les honneurs... ce n'est pas convenable... Rentre au salon.
ÉLISE, toujours troublée.
Oui, mon ami,., oui, moi... et ma sœur...
DALIBON,
Ta sœur fera ce qu'elle voudra... je ne lui parie plus...
ÉLISE
Vous venez avec moi ?
Non, M. Melfort nous quitte... il a voulu absolument partir à l'instant même... et je vais le reconduire jusqu'au chemin de fer... c'est bien le moins
ELISE
Le convoi ne part qu'à huit heures et demie; il sera de trop bonne heure.
JEANNE
Vous attendrez trop longtemps.
DALIBON, avec humeur et sans la regarder.
Eh bien ! Nous attendrons... nous causerons, nous nous
occuperons !... (a Élise qui s'est approchée de la table, et qui a repris la brochure. > Laisse-moi cette Revue !
ELISE, tremblante et à part.
0 ciel !
DALIBON.
Qu' as-tu donc ?
ÉLISE
Moi?... Rien!...
DALIBON, avec impatience.
Donne-moi la Revue !
ÉLISE, la lui donnant.
La voilà, mon ami... mais pourquoi?
DALIBON.
Et Farticle de notre sous-préfet que j'ai parcouru à peine... je profiterai de cela pour le relire, afin d'en causer ce soir avec lui.
(il sort par le fond.)