SCENE X
Les mêmes; HÉLÈNE.
(plusieurs dames et messieurs sortent de la salle de bal avec Hélène ; les messieurs s'approchent de Raoul et causent avec lui.)
HÉLÈNE, bas, à Ursule.
Eh bien!... parle vite. Mon cœur bat à se briser. Parle donc!
URSULE, à demi-voix.
Il ne faut plus y penser... il aime quelqu'un.
HÉLÈNE, portant la main à son cœur.
Ah!
URSULE
Tu comprends alors que je ne lui ai pas parlé de loi.
HÉLÈNE
Tu as bien fait ! (Avec émotion.) Et la personne qu'il aime?...
URSULE
Il n'était pas convenable de le lui demander, et probablement ne l'aurait-il pas nommée.
HÉLÈNE
C'est juste 1
URSULE
Toi, du sang-froid, de la dignité.
HÉLÈNE
Plutôt mourir que de lui laisser soupçonner. ,
URSULE
D'autant que ce soir même il part pour l'Angleterre.
C'est une Anglaise?
COMÉDIES — DUAMKS
URSULE, (le même.
C'est probable ! (iiaut.) Monsieur Raoul voudra-t-il se charger de mes emplettes, à Londres ?
RAOUL
Bien volontiers, mademoiselle. (Musique à l'orchestre. Un instant de silence. Raoul semble hésiter, puis il se décide, s'adresse à Hélène et
lui dit : ) Mademoiselle de Mailly n'a point d'ordre à me donner?
HÉLÈNE, sèchement.
Non, monsieur, aucun.
RAOUL, très-ému, la saluant.
Adieu, mademoiselle !
(Hélène lui rend froidement son salât,) URSULE, observant Raoul, à part.
C'est elle qu'il aime !
(Raoul fait un pas pour s'approcher d'Hélène.^ URSULE, l'arrêtant en lui prenant la main.
Adieu, mon ami I
(Raoul sort vivement par le fond.)