‹ Œuvres complètes: comédies, drames (volume 3)Chapitre 120 sur 142 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

OLGA, SAPIEHA, moment de silence.

SAPIEHA, se mettant à genoux.

Pardon, pardon !...

OLGA, froidement.

Relevez-vous, monsieur!...

SAPIEHA

Ah ! si vous saviez... ce qui se passe dans mon cœur.

OLGA, de même.

N'achevez pas, monsieur, c'est inutile!... le czar n'est plus là ! Un tel mariage, vous l'avez dit vous-même, un

LA CZARINE

mariage formé par la contrainte est nul, et s'il y a une justice au monde, de pareils nœuds doivent être brisés ! ils le seront bientôt, je Tespêre... D'ici là, j'ai dû défendre les jours de celui dont je portais le nom, j'ai dû chercher à sauver la souveraine qui m'avait comblée de ses bontés... et que je trouve bien malheureuse... malheureuse d'être coupable et surtout de vous aimer !... Et maintenant, monsieur... tout est fini ! vous êtes libre !...

SAPIEHA, lentement et avec émotion.

Olga... je n'ai ni le droit de me justifier... ni l'espoir de vous convaincre; et si je vous dis que la vanité seule avait fait naître en mon cœur l'idée d'une pareille conquête, que c'était l'ivresse de l'orgueil et non celle de l'amour... vous ne me croirez pas et c'est pourtant la vérité... D'aujourd'hui seulement j'ai compris ce qu'une affection innocente et pure... pouvait donner de vrai bonheur... et quand je vous ai entendue, subhme de candeur et de générosité, vous sacrifier pour ceux qui vous trahissaient et protéger leurs jours, au prix de votre honneur !... vaincu d'admiration, de surprise et de honte, j'ai senti seulement alors combien j'étais coupable. Mais si un crime peut s'expier par les regrets et les remords... et si vous connaissiez les miens, Olga.., peut-être seriez-vous désarmée...

(il s'incline devant elle.) OLGA, faisant quelques pas pour sortir.

Adieu, monsieur !...

SAPIEHA, se relevant.

Quoi! vous refusez de m'entendre ?... quoi! je ne puis rien espérer de vous?...

OLGA, froidement.

Rien!.., monsieur!... J'ai trop d'orgueil au cœur pour m'avihr par un partage, même avec ma souveraine!. . Le favori de la czarine ne sera rien pour moi. (a Sapieha

qui fait un pas vers elle.) Je VOUS défends de me suivre...

(Elle sort par la porte de l'angle à gauche.) SAPIEHA, avec désespoir.

Ah ! j'avouerai tout à la czarine !

(il sort par le fond. )

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