‹ Œuvres complètes: comédies, drames (volume 3)Chapitre 119 sur 142 · viî · texte numérisé non relu

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LE CZAR

Vous!... et tout à l'heure devant moi... vous l'avez nié avec audace !...

OLGA, baissant les yeux.

Votre Majesté oublie que mon père était là !

LE CZAR, confondu.

C'est juste I... (Se retournant avfec colère vers Villerbeck.) Mais

toi, si j'en crois ce que tu me racontais à l'instant.. . ce balcon... cette fenêtre... as4u vu, sais-tu qui l'a entr'ouverte ?

VILLERBECK.

Non, sire !...

OLGA, avec émotion.

C'était moi !

Vous? (Avec impatience à Villerbeck.) C'cst à toi quC je parle !...

dans cet appartement où tu as pénétré... tu as aperçu, m'as- tu dit, une femme qui a poussé un cri en renversant un flambeau... cherche bien!... rappelle tes souvenirs... n'as-tu pas quelque idée ?... quelle était cette femme ?

VILLERBECK.

Eh bien 1 il me semble que...

OLGA

C'était moil... oui, sire... j'ai fort bien reconnu M. l'amiral... qui même était ivre.

VILLERBECK.

C'est vrai*

LE CZAR, à Olga.

Ainsi donc, après l'avoir nie... vous en convenez maintenant, au miUeu de la nuit... vous, jeune fille, vous avez, au mépris de tous vos devoirs, donné un rendez-vous, un rendez-vous d'amour à M. le comte Sapieha.

SAPIEHA, prêt à donner un démenti.

Ah!...

LA GZARINE

OLGA, vivement.

Oui, sire !

Vous Taimez donc bien... Répondez !...

OLGA, avec hésitation et baissant les yeux.

Oui... sire...

LE CZAR, à Sapîeha.

Et vous,' monsieur?...

SAPIEHA, vivement et avec chaleur.

Moi!... je le demande à Votre Majesté... comment être insensible à tant de grâces et de jeunesse... comment ne pas éprouver un sentiment d'admiration... de reconnaissance... d'amour... devant tant de dévouement...

LE CZAR, brasqueinent.

Il suffit ! (a part.) On croirait, Dieu me damne ! qu'il dit

vrai... (Regardant Olga qui baisse les yeux.) et elle aUSSi... Et

pourtant! je sens autour de moi la trahison... Villerbeck n'a pas tout dit.

VILLERRECK.

Ainsi Votre Majesté n'en veut plus... à personne ?...

LE CZAR, le regardant avec colère.

Qu'à toi seul qui es cause de tout, à toi qui as osé t'introduire la nuit dans ce pavillon,

VILLERRECK.

Dans un moment d'ivresse... Votre Majesté le sait bien...

LE CZAR

Ivresse d'autant plus coupable. .. qu'elle t'a empêché de distinguer... de reconnaître...

VILLERRECK.

Mais hier déjà Votre Majesté m'avait pardonné...

LK CZAU.

A tort... Mon pardon était une injustice... et quand je suis injuste je le reconnais... aussi nous reviserons Tarrêt !

VILLERBECK.

Mais pour quelles raisons?...

LE CZAR

Je n'en ai pas à te donner... et je te trouve bien hardi d'en demander.

VILLERBECK, à part,

Sapieha disait vrai... le grand homme n'est pas agréable tous les jours !

LE CZAR

Éloigne-toi ! (prenant le milieu et s'adressant à Sapieha et à Olga pendant que Villerbeck s'éloigne.) Je SUis hcurCUX que CC mariage

ordonné par moi... soit décidément un mariage d'amour... Je vous laisse, monsieur le comte... je vous laisse avec votre femme !

(il sort pnr le fond à droite.)

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