SCÈNE IL
JOSSELIN,^, KERB2NNEC, HORTENSE.
JOSSKLINE, on'rant du fond, effrayée, à la cantonade.
Foiinoz les fenêires !... fermez donc les fenêtres !...
(eHo ferme celle de gauche.) KERBENNEC.
Eli ! mon Dieu ! Josseline, quel effroi !...
JOSSELINE
Une pluie épouvantable... qui déjà tombe à torrents.*, et un vent qui menace de briser toutes les croisées de la manufacture.
HORTEXSE, regardant par la croisée à droite.
Et là-bas... là-ba^... à l'extrémité de la grande avenue... un cabriolet qui arrive contre vent et marée... celui de M. de Paimpol, notre voisin !
KERBENNEC.
Tu en es sûre ?
HORTENSE, avec humeur.
Je le reconnais.
KERBENNEC.
Et moi je ne reconnais pas là sa prudence accoutumée... se mettre en route par un temps pareil...
HORTENSE, de même.
Vous allez recevoir sa visite... car moi je suis en négligé du matin.
KERBENNEC.
Du tout... j'ai à écrire à Paris... pour mon pourvoi...
HORTENSE, de même.
Votre pourvoi?
KERBENNEG.
Cela demande du temps... tandis tjuc ta toilette.
nORTENSE, de même.
Sera extrêmement longue...
KERBENNEC.
Josseline priera alors M. de Paimpol d'attendre queli|uc\s instants.
^Oii eatand à gauche le son d'une clociit.) JOSSELINE.
On sonne à la porte du château.
HORTENSE, avec humeur.
C'est le jour aux visites.
JOSSELINE, regardant par la fenêtre à gauche.
Un étranger qui vient ici... bien malgré lui... un jeune homme, à pied... qui est trempé... et qui demande un abri... on vient de lui ouvrir.
KERBENNEC, se levant.
De lui ouvrir ? très-bien !
HORTENSE, avec ironie.
Les devoirs de l'hospitalité.,, cela vous regarde, mon père... moi je m'enfuis...
(EUc sort p.'ir la première porte è droite.) KERBENNEC, à sa fille, avec impatience.
Écoute-moi donc... Au diable les toilettes 1... (a Josseiine.) Fais entrer ce monsieur... fais- le se chauffer... se sécher... et s'il a faim... ou soif...
JOSSELINE
Oui, monsieur... comme toujours... on sait ça dans le pays, c'est ici la maison du bon Dieu...
KERBENNEC, avec colère.
Eh non !... car je suis d'une humeur. .
JOSSELINE
El contre qui, notre maître ?
KEllBENNEC.
Contre toi... contre moi... contre tout le monde... les visites... les affaires. . . je donnerais volontiers tout au diable... il suffit... je rentre dans mon cabinet.
(il sort pur le fond, à droite.)