‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 109 sur 199 · AMÉLIE ET ADÈLE · texte numérisé non relu

AMÉLIE ET ADÈLE

Explique-toi...

Plus tard... Achève ce billet.

ADÈLE, continuant.

« Vous saurez qu'au ministère des finances on n'aura rien « à me refuser tant qu'il y aura des emprunts à faire, et que « j'aurai de l'argent à donner. Eh bien ! ma belle dame, « dans une demi-heure votre cousin sera réintégré dans sa « place, et dans une heure son mariage aura lieu. Pour cela (( je ne vous demande qu'un mot, un seul mot, qui me perce mette d'espérer et me donne le droit de mettre à vos « pieds mes hommages et ma fortune. Pour mon cœur, vous « savez qu'il y est, et depuis longtemps. — Signé Rialto. » (Parlant.) Quelle extravagance !

AMÉLIE

Une extravagance?

ADÈLE

Eh ! oui, sans doute, à laquelle il n'y a pas même de réponse à faire.

SOPHIE

Tu aurais donc un bien mauvais cœur ? quand il y va du bonheur de ta sœur, de son mariage ?

AMÉLIE

De la fortune et de l'avenir d'Albert, ton cousin.

SOPHIE

Et mieux encore, de la réussite de nos projets, de la certitude de notre vengeance contre cé Valdéja.

Et tu pourrais hésiter ?

ADÈLE

Permettez donc, vous n'avez pas lu...

AMÉLIE

Qu'il t'offre ses hommages ? où est le mal ? Tu n'es pas la première à qui il les ait adressés !

SOPHIE

Bien d'autres grandes dames te les envieraient et te les disputeraient.

DIX ANS DE LA VIE d'uNE FEMME 265

AMÉLIE

Et cependant ne seraient pas dans la même position que toi, car c'est à la fois une bonne affaire...

SOPHIE

Une vengeance...

AMÉLIE

Et une bonne action.

SOPHIE

Donne, donne.

ADÈLE

Que veux-tu faire ?

SOPHIE

Deux mots seulement.

(Elle va écrire.)

ADÈLE

Je m'y oppose.

SOPHIE

Aussi, ce n'est pas toi qui écris, c'est moi. Tiens, Créponne, porte cette lettre au domestique ; qu'elle soit remise à l'instant, il n'y a pas de temps à perdre.

(Créponne sort.)

ADÈLE

Mais, encore une fois, je veux savoir... Dieu ! que vois-je I

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