‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 110 sur 199 · ADÈLE, SOPHIE, AMÉLIE · texte numérisé non relu

ADÈLE, SOPHIE, AMÉLIE

Valdéja !

VALDEJA s'incline et salue, puis les regarde attentivement.

D'où vient donc, mesdames, le trouble où vous jette ma

présence? Aurais-je, par hasard, dérangé quelques combinaisons nouvelles ?

Non, monsieur, rassurez-vous.

VALDÉJA.

En effet, à votre joie mal déguisée, à votre physionomie radieuse, je vois que je n'ai rien empêché.

SOPHIE, ironiquement.

Pourquoi ne supposez-vous pas que cette joie nous vient de votre présence, monsieur?

AMELIE, avec ironie.

Et du plaisir que nous avons à vous voir?

VALDÉJA, froidement.

J'en doute, on n'aime guère l'aspect d'un ennemi et d'un ennemi vainqueur.

ADÈLE, avec fierté.

Est-ce pour me braver, monsieur, que vous êtes venu chez moi?

VALDÉJA.

Non, madame; un tout autre motif m'y amène, et c'est au nom de M. Darcey que je viens vous parler.

ADÈLE

Au nom de mon mari !

AMÉLIE, bas et avec joie.

Quand je le disais !

ADÈLE

Que me veut-il ?

C'est à vous seule que je puis le dire.

AMÉLIE

Nous renvoyer de chez toi ; le souffrirais-tu?

VALDÉJA.

Je viens pour éloigner le mal.

DIX ANS DE LA VIE d'uNE FEMME 267

SOPHIE

Et vous restez avec elle?

AMÉLIE, riant.

Ah ! monsieur croit se venger en nous privant de l'entendre ; mais cette vengeance-là ressemble à une grâce.

SOPHIE

Moi... je serai moins généreuse, et bientôt, je l'espère, il nous entendra ; je l'y forcerai bien.

VALDÉJA.

Quand donc ?

SOPHIE

Le jour, et il n'est pas éloigné, où je vous apporterai des paroles qui vous frapperont à mort.

VALDEJA, lui tendant la main.

Soit. Touchez là, et maintenant que c'est une affaire convenue et que nous sommes gens à nous tenir parole...

SOPHIE

Sans adieu 1 sans adieu 1

(Elle sort avec Amélie.)

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