‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 136 sur 199 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les MÊMES î CLARISSE, en costume de veuve et suivie de deux domestiques en livrée.

CLARISSE

Où est madame Laurencin ?

GRÉPONNE, d'un air confus, lui montrant Adèl«.

Là, madame.

ADELE, poussant un cri.

Dieu ! Clarisse 1

(Elle s'évanouit.) CLARISSE, la reconnaissant et se jetant dans ses bras.

Adèle ! ma sœur ! c'est elle que je retrouve ainsi ! 0 Dieu

vengeur ! vous l'avez trop punie, (courant à l'un des domestiqués •t prenant un flacon.) Donuez, donueZ. (Se mettant à genoux près

d'Adèle.) Ma sŒur, ma sœur ! reviens à toi ; c'est moi qui suis près de toi, c'est moi qui t'appelle !

ADELE, revenant à ell«*

Où suis-je?

CLARISSE

Dans les bras de ta sœur.

ADÈLE, pleurant.

Clarisse ! Dieu a donc pitié de moi ; je ne suis donc pas tout à fait une maudite, une réprouvée, puisqu'il m'envoie

un de ses anges ! (Remarquant que Clarisse est en deuil.) Ah mon

Dieu ! cette robe, Albert?...

n n'est plus.

CLARISSE

DIX ANS DE LA VIE d'uNE FEMME 317

ADÈLE, se levant avec effort.

Je ne suis pas coupable, je te le jure ; que son sang retombe sur moi si jamais j'ai eu la pensée...

(Elle tombe de nouveau sur son siège.) CLARISSE.

Je te crois, je te crois ; Albert lui-même t'a pardonné.

ADÈLE

Et toi, ma sœur, depuis ce temps qu' as-tu fait?

J'ai prié pour toi.

ADÈLE

Ah ! je n'en suis pas digne ; si je n'avais écouté que ta voix, si j'avais repoussé loin de moi les indignes conseils qui m'ont perdue... (Bruit au dehors.) Ah ! qui vient là? l'on monte l'escalier.

SOPHIE, qui a remonté la scène et la redescend à ce moment. A part.

Dieu ! Amélie !

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