SCÈNE IV
CHRISTINE, seule, marchant avec agitation.
Oui!... Je dirai la vérité, je dirai qu'il n'est pas coupable; je publierai tout haut qu'il s'est accusé lui-même pour ne pas me compromettre, pour sauver ma réputation. Et moi... (s'arrêtant.) Oti ! moi... pcrdue, déshonorée à jamais... Eh bien!... eh bien! quand je penserai' à tout cela... à quoi bon?... Il le faut, je ne peux pas le laisser mourir. C'est par amour qu'il me donnait sa vie... et moi, par amour... je lui donnerai plus encore, (se mettant à la table.) Oui, oui, écrivons; mais à qui me confier? à mon père?... oh! non; à Struensée ? encore moins ; il a dit devant moi qu'il ne pardonnerait jamais ; mais à la reine ! à Mathilde ! elle est femme, elle me comprendra; et puis, je ne voulais pas le croire, mais si, comme on l'assure, elle est aimée, si elle aime !... 0 mon Dieu! fais que ce soit vrai!... elle aura pitié d* moi, et ne me condamnera pas. (Écrivant rapidement.) Hâtons-nous ; cette déclaration solennelle ne laissera pas de doute sur son innocence... Signé :■ Christine de Falkenskield... (Laissant tomber la plume.) Ah!... c'cst ma hontc, mon déshonneur, que je
signe... (Pliant vivement la lettre.) N'y pCUSOUS paS, ne pcnSOUS
à rien... Les moments sont précieux... et comment, à une heure pareille... ? ah!.,, par madame de Linsberg, la première femme de chambre de la reine... en lui envoyant Joseph, qui m'est dévoué... Oui, c'est le seul moyen de faire parvenir à l'instant cette lettre...