SCÈNE III
Les mêmes ; SIR COKNEY.
LIONEL
Quel est donc ce monsieur?
ARTHUR
Cela se devine à sa mise : un de ces aimables gentlemen qui encombrent les rues de Boston.
sir COKNEY, entrant par le fond.
Hé! garçon! Pardon, messieurs... un événement... une jeune dame que je conduisais à la ville...
LIONEL
Une jeune dame !
sir COKNEY.
C'est-à-dire une jeune personne et sa mère qui... je ne peux pas dire... une mission secrète... vous comprenez. En passant devant la porte de cette auberge, elle s'est sentie prise tout à coup d'un éblouissement, d'une faiblesse... impossible d'aller plus loin. C'est d'autant plus alarmant, qu'elle se portait à merveille il n'y a pas cinq minutes ; et maintenant elle m'envoie chercher le docteur, des sels... j'en perdrai la tête. Est-ce qu'il y a de tout ça en Amérique?
ARTHUR, à part.
Le fat ! je ne sais ce qui me retient...
LIONEL
Mistress Williams, notre hôtesse, monsieur, vous indiquera un médecin, ici près.
LA BOHÉMIENNE
SIR COKNEY
Mille grâces, monsieur... (Apercevant Bathilde.) Une dame.
(n la salue. Reconnaissant Zambaro.) Tiens, le Bohémien 1 LIONEL.
Le Bohémien !
Que dites-vous ?
ZAMBARO, à part.
Au diable l'étourdi !
BATHILDE, à part.
C'est fait de nous 1
LIONEL, à Zambaro.
Un Bohémien !
ZAMBARO, bas à Lionel.
Ne dites pas le contraire ! je vous en prie.
LIONEL, à sir Cokney.
Vous connaissez donc monsieur ?
SIR COKNEY
Si je le connais I je le crois bien ; et le gouverneur aussi.
LIONEL et ARTHUR, regardant Zambaro.
Le gouverneur !
BATHILDE, à part.
Nous sommes perdus !
SIR COKNEY
Puisque c'est moi qui étais chargé... Mais ce sont des affaires d'État ; je ne peux pas parler là-dessus, parce que nous autres diplomates... la discrétion... Vous dites mistress Williams... le médecin... En vous remerciant, messieurs, je cours rejoindre mon aimable malade.
(ll sort. Lionel et Arthur remontent le théâtre, et suivent des yeux sir Cokney.)