‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 23 sur 199 · I-ii · texte numérisé non relu

I-ii

LIONEL

De quelle part? (Jak regarde de tous côtés arec précaution, et met le doigt sur sa bouche. Lionel le regardant.) Pourquoi CCt air mystérieux? tu peux parler sans crainte devant madame.

JAK

C'est de la part d'une jeune et jolie lady.

BATHILDE, avec émotioQ.

Une femme !

JAK

Que je ne connais point, mais qui vient d'arriver avec ce gentleman qui a un air si suffisant.

LIONEL

Le secrétaire du gouverneur.

JAK

Moi, qui suis de l'hôtel, j'entrais dans son appartement pour demander ses ordres... « A votre accent, me dit-elle, je vois que vous êtes un compatriote, un Américain. — Je m'en vante. — On peut se fier à vous. Le colonel Lincoln est-il dans cette auberge? — Depuis ce matin. — Je vous prie en grâce de lui remettre ce billet, à lui seul. »

LIONEL

Qu'est-ce que cela signifie?

JAK

En cet instant est entrée une dame d'une figure noble, mais pâle et souffrante, à qui elle a dit vivement : « Ma mère, je me sens mieux, on peut repartir, on peut demander les chevaux. »

LIONEL

Il suffit. (Lui offrant de l'argent.) Tiens, mon garçon.

JAK

A moi, mon colonel... à un patriote I

I,A BOHÉMIENNE

LIONEL

Tu ns raison. (Lui serrant la main.) Je te remercie ; mais laissenous.

(Jak sort. Lionel remonte le théâtre et ouvre la lettre.)

Page 1