SCÈNE XIV
ADÈLE, seule, puis RODOLPHE.
ADÈLE
Quelle horreur! quelle indignité !... Pouvais-je jamais m'attendre à un affront aussi sanglant ? Je m'en vengerai !
RODOLPHE, entrant, un bouquet à la main.
Eh bien! où sont donc ces dames?
Dieu ! monsieur Rodolphe !... partez... éloignez-vous.
RODOLPHE
Et pourquoi donc?
ADÈLE
Mon mari est de retour.
RODOLPHE
Et que m'importe ?
ADÈLE
Il vient de nous faire une scène affreuse.
RODOLPHE, gaiement.
C'est comme cela que je les aime, les maris 1
ADÈLE
Mais pour moi, monsieur, pour moi, de grâce, partez !
RODOLPHE
Pour vous, c'est différent, il n'y a rien que je ne fasse ; mais mon respect, ma soumission me priveront-ils de votre présence? Dois-je renoncer désormais à ce bonheur?
ADÈLE
Il le faut, je ne puis plus vous voir.
Chez vous, je le comprends ; mais dans le monde, mais chez vos amies...
ADELE, avec crainte.
Monsieur, vous me faites mourir.
RODOLPHE
Un mot de consentement, un seul mot, et je pars; sinon, je reste.
ADÈLE
Partez!... partez!... je vous en supplie!...
RODOLPHE, lui baisant la main.
Ah 1 que je vous remercie !
(il s'enfuit par le fond du jardin.)
DIX ANS DE LA VIE d'uNE FExMME 199