‹ Œuvres complètes: comédies, dramesChapitre 82 sur 199 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DARCEY, seul d'abord, occupé à arranger sa bibliothèque ; puis

VALDÉJA et MOURAVIEF.

DARCEY, à Valdéja.

Déjà éveillé, mon ami ! Es-tu un peu remis des fatigues de ton long voyage ?

VALDÉJA.

Je commence à croire que les membres me tiennent au corps, et j'en doutais hier soir quand je suis arrivé, (a Mouravief.) Tiens, Mouravief, ces papiers au ministère des affaires étrangères ; on t'en donnera un reçu, et tu reviendras, car

j'ai d'autres commissions à te donner. (Mouravief porte la main

à son chapeau et sort.) Un joli sujet, u'est-il pas vrai ? un pur Kalmouk que j'ai pris à mon service et ramené avec moi.

Enfin, te voilà de retour de ta maudite Russie. Depuis six mois que tu ne m'écrivais plus, j'ai cru que quelque belle Moscovite avait gelé tes souvenirs.

VALDÉJA.

Ils ne couraient aucun risque... tu étais là pour les réchauffer. Mais, vois-tu, si je ne t'ai pas écrit, c'est que je souffrais trop. Maintenant je ne souffre plus ; je suis heu-

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