‹ Œuvres complètes: comédies, vaudevillesChapitre 119 sur 165 · GASPARD, PÉDRILLE · texte numérisé non relu

GASPARD, PÉDRILLE

Nous allons le suivre dans l'instant, car je pars avec vous.

GASPARD

Il se pourrait ! Vous avez donc revu celle que vous aimiez?

PÉDRILLE

Non, mais n'en parlons plus. Vous aviez raison; il vaut mieux l'oublier.

GASPARD

Elle est donc mariée?

PÉDRILLE

Pas encore, mais c'est aujourd'hui, à ce que m'a raconté Alonzo, cet ami chez lequel j'étais logé, et ce qui m'a le plus indigné, c'est que, malgré les serments qu'elle m'avait faits, elle en aime un autre.

GASPARD

Vous en êtes bien sûr ?

PÉDRILLE

Oui, sans doute, puisque d'elle-même, et sans y être forcée, elle a consenti à épouser un fermier du pays, un nommé Gregorio.

GASPARD

Que dites-vous ! celle que vous aimez ne se nomme-t-elle pas Estelle ?

LES EMPIRIQUES d'AUTREFOIS

PÉDRILLE

Oui, vraiment.

GASPARD

N'est-elle pas votre cousine ?

PÉDRILLE

Oui, sans doute.

GASPARD

Voilà six ans que vous aviez quitté le pays ?

PÉDRILLE

Oui, monsieur.

GASPARD

Vous êtes donc Pédrille ?

PÉDRILLE

C'est moi-même.

GASPARD, lui sautant au cou.

Ah ! mon ami! mon cher, que je vous embrasse! vous êtes sauvé; et nous aussi.

PÉDRILLE

Qu'y a-t-il donc ?

GASPARD

Elle vous aime, elle vous adore, et donnerait sa fortune pour vous rappeler à la vie ; car elle vous croit mort, tout le monde le croit. Ces cliers enfants ! combien je suis content ! quel bonheur pour eux, et surtout pour moi !

Mais expliquez-vous mieux, qu'au moins je puisse comprendre.

GASPARD

Ça n'est pas nécessaire, je vous promets que vous l'épouserez; cachez-vous là, dans ces ruines, taisez-vous; écoutez, et paraissez quand il faudra.

(Pédrille sort par la gauche.)

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