SCÈNE XII
RAMSAY, puis LOLOTTE.
LOLOTTE, sortant de l'appartement à droite.
Eh bien ! elle s'éloigne.
RAMSAY
Je suis le plus heureux et le plus misérable des hommes ; elle m'aime, elle me l'avoue, et elle ne peut être à moi.
Je le sais, j'écoutais. Eh bien! vous ne devinez pas? cela vient du docteur, (yii, je le parierais maintenant, est amoureux de ma cousine.
RAMSAY
Lui! je m'en doutais... c'est un moyen d'éloigner ses ru vaux; mais nous nous verrons, et je vais sur-le-champ..*
LE MÉDECIN DE DAMES
LOLOTTE
Vous allez toiil gâler, la violence ne peut rien ici, et vous appelleriez en duel toute la Faculté, que vous n'ôteriez pas de l'esprit de ma cousine cette idée, cette conviction intime qui est Touvrage du docteur, et que lui seul peut détruire.
RAMSAY
Comment faire?
LOLOTTE
Je ne sais, notre adversaire est aîialin; il se doute déjà que vous êtes son rival; et l'essentiel est d'abord de le convaincre du contraire.
RAMSAY
Oui, mais comment?
LOLOTTE, frappée d'une idée.
Un mot seulement. Léon aura-t-il une lieutenance?
RAMSAY
Je vous le jure.
Bientôt?
RAMSAY
Avant un mois.
LOLOTTE
Eh bien! ce soir vous serez marié... J'entends le docteur.
AIR du vaudeville de Voltaire chez Ninon.
Allons, monsieur, vite, à genoux, Et pour mieux seconder mon zèle.
L'air bien épris...
RAMSAY
Que dites-vous?
Quoi! vous voulez, mademoiselle...
LOLOTTE
Craignez d'exciter mon courroux, Je veux surtout qu'on soit docile...
VAUD E VILLES
Allons, monsieur, vite, à genoux ; Mais est-ce donc si difficile?
RAMSAY, à genoux.
Non, sans doute, et m'y voilà de confiance.