‹ Œuvres complètes: comédies, vaudevillesChapitre 163 sur 165 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

Les mêmes; M. VERMONT et M«^« VERMONT, M«^« DE GERNAY, M^' RAYMOND.

TOUTES LES DAMES

AIH : Vive un bal champêtre. Le bal nous appelle; Au plaisir fidèle, Venez-y, ma belle,

Jamais un bal N'a fait mal.

ROSELYN.

Mais surtout, mesdames, pas d'anglaises, pas de ronds d'entrechats, soyons rentrées à trois heures du matin, làdessus je suis inflexible.

TOUTES LES DAMES

Oui, docteur.

M^^ DE LIMEUIL

Mais vous venez avec nous?

ROSELYN.

Sans doute, (a part.) C'est étonnant comme j'ai envie de danser!

AIR nouveau de M. Adam M. VERMONT.

De votre cher docteur je conçois la méthode. Et près de vous, madame, il doit être à la mode;

Car, je le dis tout bas :

Fait-on vos volontés... vous vous trouvez guérie. Mais dès que l'ordonnance, hélas ! vous contrarie, Vous ne guérissez pas.

j^me YERMONT.

Vous qui, dans le printemps, brillez, jeunes coquettes. L'automne voit bientôt s'éloigner vos conquêtes,

Et l'amour fuit vos pas; De le revoir jamais n'ayez plus l'espérance, Et que vos quarante ans soient pris en patience,

Car on n'en guérit pas.

RAMSAY

Le pauvre attend de l'or; le riche veut des places; L'une espère un mari, l'autre espère des grâces;

Chacun rêve ici-bas ; A chaque vœu trompé l'on répète à la ronde ;

LE MÉDECIN DE DAMES

L'espérance est un mal... par bonheur, en ce monde, On n'en guérira pas.

LOLOTTE

On guérit les chagrins, on guérit de l'absence; Et même de l'amour comme de la constance

On guérit ici-bas ; Mais nous avons des maux que l'on ne peut détruire, C'est l'amour du pouvoir, l'amour du cachemire;

Nous n'en guérissons pas.

ROSELYN.

Il est d'honnêtes gens, pâles de jalousie, Que l'aspect de nos arts et de notre industrie

Fait souffrir ici-bas ; 0 vous dont nos succès causent la maladie, Espérons que pour nous et pour notre patrie

Vous ne guérirez pas.

M"^« DE LIMEUIL, au public.

0 vous dont les auteurs implorent les suffrages, Médecins redoutés, qui donnez aux ouvrages

La vie ou le trépas, Pour sauver celui-ci venez tous en personne; Car lorsque le docteur, hélas! nous abandonne,

Nous ne guérissons pas!

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