SCÈNE IX
Les mêmes; de SAINT-ANDRÉ, M DE SAINT- ANDRÉ, JULES.
DE SAINT-ANDRÉ, avec indignation.
Déjà!... et tu pleures!
JULES
Ma cousine qui pleure ! qu'est-ce qu elle a donc? •
ANTONINE, pleurant.
C'est monsieur.
BONNEMAIN
C'est madame.
M. DE SAINT- ANDRÉ, à Bonnemrin.
Gomment, mes enfants ! vous commencez votre bonheur par une querelle?
BONNEMAIN
Mais, beau-père!
M. DE SAINT-ANDRÉ
Y pensez- vous, mon gendre? le premier jour? ce n'est pas l'usage.
ANTONINE
C'est monsieur qui, au lieu de m'offrir sa main pour la première contredanse, m'a laissée toute seule; moi, qui avais refusé trente invitations !
M^^ DE SAINT-ANDRÉ
C'est affreux!
JULES
C'est indigne ! ^
M""^ DË SAINT- ANDRÉ.
Ma pauvre fille ! devais- tu t'attendre à ce manque d'égards?
BONNEMAIN
Mais permettez donc ! j'ai couru dans tous les salons.
M. DE SAINT-ANDRÉ
Fi! mon gendre, cela ne se fait pas.
ANTONINE
Et quand je suis assez bonne pour lui pardonner, monsieur a des procédés affreux ; il prétend voir un billet qu'on vient de me remettre.
M"^^ DE SAINT- ANDRÉ
J'espère que lu n'as pas cédé.
ANTONINE
Oh! non, maman.
M^^ DE SAINT-ANDRÉ
C'est bien, il ne faut pas compromettre son avenir; mais moi, c'est différent, tu vas me confier cette lettre.
ANTONINE
Non, maman; je ne puis la donner qu'à ma sœur.
M"^^ DE SAINT-ANDRÉ
C'est la même chose, allons la trouver. Pauvre enfant! c'est un ange de douceur I et quelle tenue ! quels principes! (A Bonnemain.) Et VOUS avcz eu le CŒur de la chagriner? (Pleurant.) Dieu! quel avenir pour une mère!
LE PLUS BEAU JOUR DE LA VIE
ANTONINE, pleurant aussi.
Maman, calmez-vous.
BONNE MAIN
Ma belle-mère, si vous ne pleuriez qu'après...
M^^ DE SAINT-ANDRÉ
Fi ! monsieur, vous êtes un tyran.
BONNEMAIN
Allons, la voilà partie !
j^me SAINT-ANDRÉ.
Viens, ma chère Antonine; certainement, si j'avais pu prévoir... mais il te reste l'amitié et les conseils d'une mère.
(Elle emmène Antonine; elles entrent ensemble dans l'appartement à droite.)
BONNEMAIN, les regardant sortir.
Ses conseils! c'est fini, elle va tout brouiller, (a m. de Saint-André.) J'cspère au moins, beau-père, que vous me rendrez justice.
m. DE SAINT-ANDRÉ.
Écoutez, mon gendre, je suis là-dedans tout à fait désintéressé ; mais franchement vous avez tort, je dirai même plus, tous les torts sont de votre côté.
(U rentre dans l'appartement.)