‹ Œuvres complètes: comédies, vaudevillesChapitre 59 sur 165 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

PLACIDE, M«^« LOCARD, DURAND.

M^® LOCARD.

J'étais là dans une position très-fausse et très-désagréable, (a Durand.) C'est ccttc dame dont je vous parlais ce matin. Forcée de refuser son alliance, je lui ai écrit la lettre la plus aimable, la plus polie, la suppliant de ne pas m'en vouloir ; et pour me le prouver, de venir aujourd'hui, sans façon et en amie, dîner avec nous ; elle n'a pas encore reçu ma lettre. Nous avons des domestiques et des clercs si négligents!... de sorte que, tout à l'heure, il faudra lui dire de vive voix... Mais voyons, messieurs, ce que vous avez à me demander.

DURA WD.

Voici madame de Beaumont hors de cause. C'est trèsbien.

PLACIDE

Mais ça ne suffit pas.

LA CHARGE A PAYER

M^® LOCARD, d'un air étonné.

Qu*est-ce que cela veut dire ?

Ne m'avez-vous pas proposé pour ma nièce la main de votre fils?

M^^ LOCARD.

C'est vrai.

PLACIDE

Ne m'avez-vous pas donné votre parole pour ma fille ?

LOCARD.

J'en conviens.

DURAND

Eh bien! madame, comment arrangez-vous cela, s'il vous plaît?

M^® LOCARD.

De la manière la plus simple, et un mot va vous répondre. J'ai deux fils : l'un est notaire, et l'autre, agent de change.

DURAND et PLACIDE .

Que dites-vous ?

M^^ LOCARD.

Il m'est permis, je pense, de m'occuper en même temps de leur avenir et de leur établissement, (a Durand.) Vous savez quelles sont nos conventions, (a placide.) quels sont nos arrangements ; tout est convenu avec chacun de vous ; ainsi, je vous en prie, que ce soir il ne soit plus question d'affaires. (Montrant Durand.) Monsieur nous quitte à l'instant même, et malheureusement il ne peut dîner avec nous ; mais demain, de grand matin, nous en causerons, (a Placide.) Si monsieur veut me faire le plaisir de passer chez moi à dix heures, (a Durand.) et monsieur à midi, nous terminerons tout.

DURAND et PLACIDE.

A la bonne heure !

M^^ LOCARD.

Aujourd'hui ne pensons qu'à notre dîner et à notre soirée. J'espère que vous ne m'en voulez pas, vous n'êtes plus ennemis.

PLACIDE

Comment donc ! puisque nos enfants vont entrer dans la même famille.

DURAND

Puisque nous allons être alliés.

PLACIDE. j

Je vous demande votre amitié.

DURAND

Moi, la vôtre.

PLACIDE

De tout mon cœur.

(ils se donnent une poignée de main.) DURAND.

Adieu, madame; je m'en vais faire avancer une voiture, et reprendre ma nièce au salon.

(Durand sort par la porte à gauche, et Placide va s'asseoir auprès de la cheminée.)

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