SCÈNE XIX
M™® LOCARD, PLACIDE, assis auprès de la cheminée; AUGUSTE, entrant par le fond.
AUGUSTE, accourant, bas à madame Locard.
Eh I venez donc, madame ; votre fils m'envoie vous chercher, car il perd la te te.
M^^ LOCARD.
Qu'y a-t-il donc ?
LA CHARGE A PAYER
AUGUSTE
Il est au milieu de quatre ou cinq demoiselles dont il ignore le nom ; et comme vous ne lui avez rien dit, il ne sait pas encore définitivement...
M^^ LOCARD.
AIR du vaudeville du Piège.
N'est-il pas aimable et galant?
AUGUSTE
Il s'en fait vraiment une étude.
M^^ LOCARD.
Alors, d'où provient son tourment?
AUGUSTE
Il flotte dans Tincertitude.
Son cœur, plein de vagues désirs, Ne sait où fixer sa tendresse ; Et dans l'envoi de ses soupirs.
Il craint de se tromper d'adresse.
M^® LOCARD, à part.
Allons veiller sur lui... (Haut.) Auguste, voulez-vous avoir la bonté d'écrire les cartes pour le dîner?
AUGUSTE, allant s'asseoir auprès de la table.
C'est juste, ça rentre dans les fonctions de troisième clerc; c'est comme pour découper à table.
M'"^ LOCARD, à part.
Grâce au ciel, tout est réparé, je puis maintenant choisir. (a Auguste.) Vous mettrez à table M. Placide à côté de moi. (a part, regardant Placide.) Demain, à dix heurcs, tout scra signé ; et je pourrai alors rompre avec M. Durand, (a placide,
qui est toujours auprès de la cheminée.) VouS VCUCZ, n'cst-il paS
vrai?
PLACIDE
Oui, madame, je vous suis : je vais seulement me chauffer
les pieds, parce que, dans le salon, à cause des dames, on ne peut pas approcher de la cheminée.
(Madame Locard sort par le fond.)