‹ Œuvres complétes d'Alfred de Musset Œuvres posthumesChapitre 58 sur 106 · LA COMTESSE, MARGUERITE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, MARGUERITE

Je ne saurai donc pas ce qui vous afflige?

LA COMTESSE

Mais je te dis que ce n'est rien. Ce monde, ce bruit, que sais-je? Un peu île migraine. .l'avais cru me distraire, et je me fatiguais.

Bile s'assied.

MARGUERITE

Savez-vons, ma bonne cousine, que je ne vous reconnais plus! Vous qui n'aviez jamais un moment d'ennui, vous qui étiez la bonté même, je vous trouve maintenant...

LA COMTESSE

Sais-tu, ma chère Marguerite, que tu débutes justement comme une scène de tragédie ! Vous qui étiez jadis... je vous trouve maintenant. ..Et quoi donc?

MARGUERITE

Eh bien ! comme on dit... triste. . . languissante . . .

LA COMTESSE

Ah! languissante! Parles-tu déjà comme ton bien-aimé M. de Prévannes I

MARGUERITE

Mon hien-aimé ! Cela vous plaît ainsi. Vous vous moquez de moi; mais vous soupirez, vous êtes inquiète. Je n'y comprends rien, car vous êtes si hellel et yous êtes jeune, veuve et riche, vous allez épouser le baron.

Ah! Marguerite, que dis-tu!

MARGUERITE

Vous voyez, bien que vous soupirez. Il est vrai que M. de Valbrun est quelquefois de bien 'mauvaise humeur; c'est un caractère singulier. Est-ce que vous avez, à vous plaindre de lui ?

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