‹ Œuvres complètes d'Alphonse Karr Encore les femmes (volume 2)Chapitre 18 sur 32 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Quoil sous prétexte qu’un homme vous aime pas<^ sionnément, et que vous l’aimez vous-même, vous prétendez que vous ne voulez être aimée, adorée, regardée que par lui I Vous vous figurez qu’on va au théâtre pour voir les décors, pour écouter la musique, pour admirer les beaux versl

Que l’on va au spectacle pour voir le spectacle! non. On va au spectacle pour être vue et pour être le spectacle.

Si l’on a l’air de rechercher les théâtres où les meilleures pièces sont jouées par les meilleurs acteurs, ce n’est pas qu’on se soucie beaucoup de ces conditions, c’est qu’on pense qu’il va là plus de spectateurs pour la figure et les robes que l’on y compte livrer à l’admiration. Les pièces et les acteurs sont un prétexte.

Jouez et chantez les chefs-d’œuvre de la poésie et de la musique, et répandez le bruit que, grâce aa mauvais goût de l’époque, vos salles sont désertes, qu’il y pousse de l’herbe, et qu’on va être forcé de les louer pour y mener paître des chèvres^ vous- n’aurez personne.

Dites, au contraire : « Telle pièce est absurde, les acteurs qui hi représenteut n'ont aucun talent, mais

la foule, par uu caprice étrange, envahit le théâtre tous les soirs; on a renvoyé hier 4,500 personnes. » Et ce qui n'était pas vrai hier le sera après-demain, on finira par renvoyer 4 ,500 personnes.

— Non, madame, votre jolie petite écriture irrégulière, et votre papier rose, ne me jetteront pas dans un tel danger. Je ne fais pas la proposition de dimi- Ruer la lumière de la salle et d’augmenter celle de 1» scène

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