A THÉOPHILE GAUTIER
Il est un livre très-répandu en France depuis bien longtemps, et qui a pour titre le Bon Jardinier. Ce livre est la grammaire et le dictionnaire à la fois de tout ce qui a un grand ou un petit jardin à la campagne ou à la ville, — ou quelques pots de Ileurs sur sa fenêtre.
Le Bon Jardinier doit son succès constant h ce qu’il est à la fois le livre le plus élémentaire, et le plus complet, et le moins cher, et le moins volumineux. Je ne prétends pas dire qu’il n’y en a pas de plus complet : ce serait une grave erreur ; mais ceux qui l’emportent sur lui sous ce rapport sont en
plusieurs volumes, et s’adressent à des gens déjà instruits dans les pratiques du jardinage.
Longtemps le Bon Jardinier a eu une petite prétention assez incommode : au lieu d’être un gros bonhomme de livre, tout simple et tout rond, il a voulu faire le bouquin respectable, il a voulu faire le savant. II a classé par familles botaniques les plantes dont il faisait la description et dont il enseignait la culture. — De sorte que ses lecteurs, dont peu sont bacheliers et botanistes, avaient besoin d’avoir recours à la table des matières pour savoir où trouver la plante qui leur inspirait de la curiosité, de l’intérêt ou des doutes. De sorte qu’il leur fallait chercher deux fois cliaqùè mot : une fois à la table, uhe foî§ dans tè livffe.
J'ai qiielqSüés raisons de pénsêr qué j’ai un peu contribué à lhirë revenir le tàoii Jardinier a des al-
lumes plus simples, li un langage moins recherché et plus à la portée de ses lecteurs. Le bon Jardinier, depuis qtiélques aimées, a adopté l’ordre alphabétique, dti moins pour une partie du volume Je vieiifc de recevoir celui de cfetîë aiinee, et je l’ai parcouru.' L’aihëliorâtidri, qiié je loué en éîlë ihémc, est loin • d’àvoif lès bons resültàts qiie j’en alterfdais. î.ë Soit Jardinier ri a pu se défaire franchériiëiït du ton pé-
LES F LEO ItS. *35
sâmment scientifique dont je îè croyais dégoûté : il ne se contente pas ffinslfuife et d'ectairer, ii vëül étonner et ébloiiîr. Il craint dé sé familiariser avëti ses disciples, et il ne leur permet pas dé Rapprocher de trop près. Il ne s’est pas résigné à metirè lés sabots du jardinier ; il a Conservé les souliers claquants et cirés «à i’oéuf dii professeur. Üvà m'aiictiéltés sont de toile grosse et jaune, mais cepéndtini il â des manchettes cbmme 5t. de Bunori.
C’est ainsi qu’il a laissé sans résultât ce qiiî devait être une notable amélioration.
Quei était le but qu’on devait se proposer et qu’on pouvait atteindre en adoptant l'ordre alphabétique? Ün but bien simple : faciliter ët abréger lés recherches.
Pour cela, que fallait-il faire ?
Renoncer à la division par familles botahiques; mais, pour ceux qui sont savants ou pour ceux qui veulent le devenir, inscrire entre parenthèses, après chaque plante, la famille à laquelle elle appartient;
Former le dictionnaire des noms vulgaireà, et, entre les noms vulgaires , choisir pout* chaque plante le plus généralement adopté, en ajoutant à l’ article les autres noms vulgaires et les noms scien lifiques.
?3fi LES FLEURS.
Le Bon Jardinier a fait tout le contraire, et le moindre inconvénient qu’ait cette lubie pédante est qu’il faut chercher deux fois chaque mot, comme avant l'adoption de l’ordre alphabétique. D’autres fois on ne trouve pas du tout certains mots. Ainsi, le pyms, cognassier du Japon, cet arbuste de forme irrégulière qui, au moment où j’écris, est chargé d’une si grande quantité de fleurs rouges, n’y est pas indiqué, même par.un renvoi. Je suppose cependant qu’il est dans le livre, mais sous quel nom nouveau ou inconnu s’y cache-t-il ?
Donnons quelques exemples de ces inconvénients. Quand le Bon Jardinier a adopté l’ordre alphabétique, c’était pour satisfaire les réclamations qui devaient se formuler ainsi : « Mais, monsieur, je suis jardinier ; je sais à peine lire ; je n’ai pas appris la botanique, » ou « Monsieur, il y a beaucoup de plantes dont je ne sais pas du tout le nom, d’autres dont je ne sais que le nom vulgaire ; rappelez-vous, ô Bon Jardinier! que vjus vous adressez h des gens qui, pour la plupart, ne sont que tout au plus de mauvais jardiniers, » etc., etc.
Voici donc nos gens très-satisfaits. Désormais leur livre chéri va répondre, h toutes leurs demandes, et à la première question.
Cherchons un peu l’article Chêne. Le voici :
c’est bien plus commode ; à la bonne heure : c’est là ce que nous demandions : Chêne , voyez Quercus.
« Ah I il faut chercher une seconde fois !
— C’est votre faute, répond le Bon Jardinier d’un air capable ; il fallait chercher d’abord Quercus.
— Mais, mon bon monsieur, je vous ai dit que je ne sais pas la botanique ; vous avez eu l’air d’avoir pitié de moi ; j’en ai été plein de reconnaissance ; et maintenant voilà que vous exigez que je sache le latin. »
Honx, voyez llex. — Hêtre, voyez Fagus. — Châtaignier , voyez Cajtanea. — Lilas , voyez Syrinya.
«Ah! monsieur, ah! méchant Bon Jardinier que vous êtes, vous nous avez trompés ; vous nous avez sacrifiés aux savants. Mais, si vous aviez rais les noms vulgaires et chrétiens des plantes, les savants les savent comme nous, et personne n’aurait cherché deux fois, au risque parfois de ue pas trouver. Vous auriez pu, au besoin, pour leur faire plaisir renverser l’ordre que vous avez adopté, et mettre : Quercus, voyez Chêne ; — Il ex, voyez Houx; — *
Fckjus, voyez Hêtre, et tout le monde aurait été content. »
Mais ce n’est pas tout : outre que le Bon Jardi nier a été à l’inverse de ses bonnes intentions eu adoptant les noms latins et scientifiques des plantes, il a encore adopté des noms scientifiques nouveaux, qui ont succédé aux anciens, sans que j ? y voie, pour ma part, de raison extrêmement triomphante; mais, en tout eas, ces noms devaient venir après les autres. K
Ainsi , cette jolie petite fleur, humble et brillante, qui passe du rose au violet, que l’on a appelée si longtemps giroflée ou julienne de MahoB, en savait bien que les savants 1- appelaient cheirmthw» maritima; on commençait même à s-’habituer à ce mot, au point de le reconnaître quand on le rencontrait. Il paraît que messieurs les botanistes veulent qu'on apprenne toujours et qu’on ne sache jamais ; leur science est la nuée qu’embrassait sans cesse ce damné de Fenfer païen. La julienne de Ma lion ne s’appelle plus julienne de Mahoe, elle ne s’appelle plus cheiranthus maritima; elle s’appelle cette année malcomia. Comment s'appellera-t-elle l’année prochaine ?
Le liseron, aux belles cloches blanehes, violettes
LES FLEURS, pt poses, s’appelait aussi -volubilis ; on lui a imposé, du moins à quelques-uns, le nom d ’ipoméçs ; c’était $fps doux, moins joli, mais un s’y accoutumait, qp le prononçait epeqre assez facilement. Le liseron s’appelle maintenant phqvkUisl Jamais je ne sèmerai des pharbitis dans mon jardin. J’ai fait autrefois des vers sur certains liserons qui grimpaient après une baie d’un jardin où j’avais vingt ans : faites donc des vers sur les pharbitis !
Et cette calme et riche fleur de l’automne , la peinfi-marguerite, on avait déjà essayé de l’appeler astçr de la Chine , on n’avait pas réussi à lui ôter s, op pop) aimé.’ La science est furieuse f Ah! vous n’ayez pas voulu admettre aster siuensi eh bien! la rejpe-margp.erite s’appellera désormais ccllisfetthus.
Effeuillez dqne des callistepkus, ô bergère! pour savoir si votre amant vous aime un pou, passionnément ou pas du tout.
O Uosipe ! envoyez donc le comte Almaviva vous attendre à l'omis des
Qu’il fora beau cc soir sous les erands œsculus
lit la pervenche, ô Rousseau I tu t’écrierais : Une vinca major ?
Et l’œillet, ô mademoiselle de Scudéri ! faites donc entrer le nom botanique de l’œillet dans vos vers pour le grand Condé :
En voyant ces dianthus (caryophyllus) qu’un illustre guerrier Arrose de la main qui gagna des batailles, etc.
Tenez, voici la saison où les arbres de Judée commencent à se couvrir de si nombreuses fleurs tout le long de leurs branches, qu’il semble de loin que ce soient des arbres à feuillage rose ; je savais bien que da»s les livres ça s’appelait yaînier; mais, dans ma mémoire, dans mes regrets, dans mes désirs de printemps, c’était toujours le bois ou l’arbre de Judée. Gaînier est rejeté. Ouvrez le Bon Jardinier :
Gainier de Judée , voir Cereis siliquaxtrum
Et les belles grappes jaunes des faux ébéniers?
Dans les fleurs des lilas et des ébéniers jaunes.
De mes doux souvenirs, cachés comme des faunea, La troupe joue et rit.
Lisez : Dans les fleurs des syringas et des cytisus laburnum.
Et l’aubépine, donc, croyez-vous la débaptiser? — Allons donc ! Tous les ans nos jeunes années refleurissent avec elle. Non, non, ce n’est pas à un cratcegus oxyacantha que je me suis écorché les doigts un jour de mai, quand j’avais vingt ans; c’est à une aubépine dont je savais alors où porter les branches parfumées.
Et cette giroflée des murailles, dont les étoiles jaunes s’épanouissaient dans les fentes des pierres du clocher de ***? Je veux bien quelquefois l’appeler ravenelle avec mes Normands, parmi lesquels je suis aujourd’hui ; mais je ne consens pas à l’appeler cheiranthus cheiri.
Et le bleuet des blés, tressé en couronnes pour de si souples cheveux? Tout conspire contre lui : les iui primeurs veulent absolument l’appeler bluet ; et le Bon Jardinier, demandez-lui ce que c’est que le bleuet ; il vous dit d’un air dédaigneux : « Je ne connais pas, voyez Centaurea cyanus. »
Et le muguet? croyez-vous que vous remplacerez
son nom par celui de convallaria? Non; ce n’est pas
du convallaria que nous allions cueillir dans les bois
de Vaujours- c’était du muguet. Ce nom est une mu-
sique qui me raconte ce temps-là ; de même que tous les noms de ces fleurs avec lesquelles nous avons vécu étant enfants ; ce sont les noms de baptême, les petits noms, les noms sous lesquels on aime. Donnez des uoms ambitieux aux plantes nouvelles, si vous le voulez absolument. J'ai quarante ans, je les admirerai, mais je ne les aimerai pas. Mais ne changez pas les noms de nos cfières fleurs ; les doux et cruels souvenirs, aussi précieux les uns que les autres, ne les reconnaîtraient plus pour voltiger autour d’elles comme des papillons à l’époque où elles refleurissent.
Voilà pourquoi tant de belles fleurs, découvertes depuis trente ans, ne se mêlent pas à notre vie, à nos souvenirs, à nos amours : c’est qu’on a fait de ces belles habitantes des bois et des campagnes une tribu de parvenues prétentieuses, qui portent maladroitement des noms difficiles à prononcer, qui ne peuvent entrer ni dans un vers ni dans un souvenir.
Cette belle glycine, dont les grappes bleues et parfumées couvrent ma maison, a été aussi débaptisée par ce faux bonhomme de Bon Jardinier : il l’appelle wisteria. Pourquoi?
Le corchorus, chargé de ses petites roses jaunes,
appelé corète il y a quelques années, a pris le nom de kerria. Pourquoi ?
Le jasmin de Virginie {bitjhoriià ràdîcàris ) ne s’est pas contenté de ces deux noms : il à pris celui de tecoma. Pourquoi?
Le coréopsis s’appelle calliopsis ; — la giroflée rouge, mathioia; — le mandevillea s’appelle echites. — Le cahjcanthus précoce, dont les fleurs doucement parfumées sont la consolation des jardins au mois de janvier, pendant lequel ellès son! seules épanouies, avait été appelé mêralià. J’y avais consenti ; mais on a changé ce ftotti éfi cëllfi de bltitnonanthus. Pourquoi chittiôh plutôt qfie caîyc ?
L 'immortelle, bouqiiet des fnOrté, à passé par lés noms de gnajiHàliüm èt d’HeUvhrljsürà.
La vigne vierge, qui s’était déjà appelée ampélopsis, se nomme aujourd’hui cissus.
Les chrysanthèmes, la couronne de l’automne, ne sont plus connus du Bon Jardinier. Vous lui demandez ce que c'est que les chi’ysanthèmes, il vous répond : « Voyez Pyrelhrüm. »
Quel est le but de ce carnaval des fleurs ? Je l’ignore. Quel en est le résultat? Le voici :
C’est de décourager les amateurs, en leur rendant
la première et la plus naïve des sciences de plus en plus âpre, difficile et rebutante.
Ces noms nouveaux ont l’air de gros mots et d’injures adressées aux fleurs. On dirait qu’ils veulent les cacher, comme cette belle princesse cachait ses attraits sous une peau d’âne.
Outre ce reproche que j'adresse au Bon Jardinier, je vais noter ici une ou deux légères erreurs qui m'onj, frappé en ouvrant le livre au hasard.
La veronica speciosa, indiquée comme ayant des fleurs bleues, les a violettes ou roses.
L’aponogéton dystachion, pour lequel on recommande la serre chaude ou tempérée, végète mal en
serre chaude et y reste malingre et dans des propor-
tions plus petites des deux tiers que dans les bassins d’un jardin où je le conserve depuis dix ans sans abri, et où il est plus beau qu’en serre tempérée.
Il n'est pas exact de dire que les balisiers {canna) ont besoin de la serre chaude pour mûrir leurs graines ; j'en récolte tous les ans en plein air.
L’aznlea UHiflora , indiquée comme de serre tempérée, se porte aussi bien à l’air libre qu’un orme ou qu’un chêne.
Le ciste ladanifère n’a pas le centre de sa fleur
brunâtre, mais bien d'un beau rouge foncé, qui s’éclaircit en se fondant dans du jaune.
C’est à tort qu’on recommande de semer de préférence la commelyne tubéreuse tous les ans ; les tubercules se conservent très-bien dans de la terre sèche ; on les replante au printemps, et, au lieu d’avoir des plantes grêles d’un pied de haut, on a de magnifiques buissons vigoureux, et à proportions plus opulentes en tous" sens, qui s’élèvent jusqu’à trois pieds.
Le cratœgus corallina (épine corail) n’a pas les plus grandes fleurs du genre; il faut au contraire les mettre au rang des plus petites ; elLs sont très-tardives, et le fruit rouge porte un point noir qui lui donne l’apparence des graines d’Amérique, dont il a ^a grosseur.
La fleur du budleia globosa n’est pas d’un jaune doré, mais d’un orange vif.
La leycesteria formosa n’a pas ses fleurs et ses fruits en épi, mais en grappes.
Le daphné lauréole, au contraire, ne forme pas des grappes, mais des épis; sa fleur n’est pas verdâtre, mais elle est d’un vert pAle appelé vulgairement vert-pomme.
Le cyclamen de Cos n’a pas la fleur rouge, mais
bien d’un rosé vif ; il vit eri plein air comme les cyclamens d’Europe.
l)ans l'article des ronces, on a omis ünë variété de ronce double rose ; à celle qui a les pétales intérieurs * linéaires, comme les anémones doublés, il faut ajouter celle qui est entièrement semblable à la rôneé â fleurs doubles bîahches, sauf là couleur, c’est-à-dire dont la forme est celle d’une rôse. Chez M. Armand GoiUier, à Fontenay-aux-Roses, il y en a un pied qui couvre tout un pignon. Etc., etc., etc.
On ne doit pas ménager les avis h un livre aussi utile, aussi répandu, aussi estimable à beaucoup d’égards que le Bon Jardinier. Il est à désirer que de plus habiles que moi imitent mon exemple, et, par leurs critiques consciencieuses , aident l’éditeur k perfectionner chaque année un ouvrage réellement classique* et qui se trouve dans toutes les mains.
Deux mots encore.
Les camellias dont je vous ai parlé ont subi huit degrés de froid et sont en fleurs en cé moment,
23 avril, dans mon jardin.
Les héliotropes, enterrés de la façon que je vous ai expliquée, Câpres une note de la Flore de M. Van Houtte, ont presque tous résisté a l’hiver en pleine terre, et monirent déjà des pousses nouvelles.
Une expérience de cette année seulement ne peut ■ permettre de jugement définitif; je veux cependant dire que des primevères de la Chine ont passé l'hiver sans abri dans le jardin d’un de mes voisins, et ne paraissent pas en avoir souffert/
P. S.- -Je savais bien que le cognassier du Japon se cachait sous un faux nom dans quelque coin du Bon Jardinier. Le hasard me le fait rencontrer ; il se fait appeler chœnomeles. A-t-il quelque mauvais dessein, qu’il conserve ainsi l’incognito? Se veut-il faire passer pour un arbuste nouvellement découvert? Veut il se faire acheter sous ce nouveau nom par ceux qui le possèdent déjà sous ceux de pyrus , de cognassier, de qjdonia?Ce déguisement m’est suspect; je le lui dis franchement, quoiqu’il soit en ce moment bien beau et bien fleuri.
A DDTILLF.T
Les habitants des villes qui honorent la campagne de leur présence pendant quelques mois de l’été et qui veulent bien se rappeler, avec un touchant sentiment de pitié, les amis qui passent toute l’année aux
champs, me semblent pareils h des gens qui, au théâtre, s’en vont au troisième acte, et disent, si on leur demande leur avis sur la pièce : «Ça ne finit pas.» L’hiver n’existe pas tel qu'on se le représente vulgairement; cette torpeur complète de la nature, ce sommeil si ressemblant à la mort des plantes, ne sont pas aussi absolus qu’on le croit généralement.
Le vent aigu de l’hiver a balayé les feuilles, mais
les jardins n’ont pas perdu tous leurs charmes. Je ne parle pas d’un hiver tardif comme celui-ci, qui tient à la fois de l’automne et du printemps, et pendant lequel nous cueillons ici tous les jours des violettes de Parme au pied des murailles. Je parle d’un véritable hiver comme il va peut-être nous arriver demain.
Les troncs et les branches dépouillés de certains arbres meurtris par le froid, extravasant leur sève, offrent aux yeux des couleurs brillantes ; le bois du cornouiller sanguin est d’un beau rouge violet. J’ai planté ici et j’ai acheté chez Armand Gontier, à Fontenay-aux-Roses, un autre cornouiller appelé cornouiller de Sibérie, dont le bois est d’un rouge carmin très-éclatant. Le bois du frêne doré et de certains osiers est d’un beau jaune. Un autre saule est violet. Le genêt d’Espagne est du vert de l’émefaùde. Les branches qui ont poussé sur les filleuls, pendant l’été, sont, l’hiver, d’un riche amarante.
Mais ce ne sont pas, seulement ces arbres endormis qui charment les yeux ; il est des plantes, et assez nombreuses, qui fleurissent naturellement l’hiver et épanouissent leurs corolles pendant les plus durs mois de l’année.
Vôicî la rose de Noël, Yellébore noir , qui étale
ail pied d’un buisson ses grandes fleurs blanches el roses ; — l ’ héliotrope d’hiver, le tussilage odorant, élève 4e son ample feuillage des thyrses de houppes grises et roses qui répandent au loin une douce odeur de vanille et d’amande amère.
Les lauriers-thés étalent leur§ ombelles d’uq blanp rosé.
Le daphne des pois, dophné-fauréofe , cache sous son feuplage persistant des épis serpés de {leurs vertes, prpéesj domines jaunes qui e^ljtjfept, q la fin du jour surtout, pnp odeur tpès-sqavp et qui ne rçjs- ^ aucqpe aufrp.
jbe cqfyçM^he du {dppv, çahjçppthe précoce ou rppithier pdoraut , a perdu .sps lpngqeg fepillgs ; majs ses branches se couvrent de petjlps fleurs jaunâtres et violettes qui répandent une odeur qui semble féunir les parfums du jasmin d’Espagne et de la jacinthe.
Les coudr\çrs laissent pepdrp en longs chatons jaunes leurs fleurs mâles, au-dessous desquelles paraissent bientôt les fleurs femelles sous la forpae de petits pinceaux d’un riche carmin.
les mousses, si variées, si intéressantes. sont alors dans topt leur éclat et étalent des tapis c}e velours vert ail pied des arbres, sur les vieilles murailles et sur les toits de chaume.
> Le roitelet troglodyte court sur les murailles, le rouge-gorge s'approche familièrement des maisons, et accepte volontiers l’hospitalité que vous lui offrez en laissant une grange ouverte ; les mésanges à la tête bleue ou noire sautillent sur les branches nues en faisant entendre leurs voix stridentes.
Les merles se réfugient dans les houx, qui par • sèment leur feuillage luisant de fruits plus brillants que le corail, qu’ils respectent encore, tandis qu’ils ont déjà dépouillé les sorbiers et les aubépines. J’ai ici au moins dix variétés de houx verts ou panachés de blanc et de jaune ; rien n’est plus splendide.
Sous les arbres, le houx frelon , fragon ou verglandier , forme des touffes d’un vert sombre semblables à des myrtes et porte sur ses feuilles des fruits rouges aussi gros et aussi éclatants que des cerises mûres.
L'iris fétide entrouvre du sein de ses longues feuilles en lame d’épée de grosses gousses dans lesquelles on voit briller en grand nombre des grains orange symétriquement pressés.
Au moindre rayon de soleil, les pâquerettes et les primevères émaillent les pelouses, et les pervenches ouvrent leurs yeux bleus au pied des murs.
il fa .t savoir se préparer ces fêtes pour les yeux,
i! faut planter ces divers végétaux à la place et dans le sol qui leur convient ; il faut surtout appliquer à certaines plantes vigoureuses ce que Diderot disait des enfants avec tant de bon sens : « Il ne faut pas trop élever les garçons.» Ne tourmentez pasces chères plantes, laissez-les se développer et s’étendre d’ellesmêmes. N’écoutez pas votre jardinier qui vous dira, comme le mien, que vous empestez votre jardin de tussilages et que vous l’empoisonnez de muguet.
A ces plantes précieuses qui viennent orner nos jardi. pendant l’hiver, un écrivain célèbre, M. Eugène je, vient d’ajouter une conquête inappréciable : il parle dans un nouveau roman, la Bonne Aventure, d’un cactus qui fleurit à l’air libre pendant l’hiver, en même temps que le tussilage odorant, héliotrope d’hiver.
Ce cactus est entièrement nouveau, et m’est particulièrement inconnu.
Les cactus qu'on connaissait viennent des contrées les plus chaudes de l’Amérique et de l’Afrique, et ont besoin ici de l’abri des meilleures serres.
Si ce cactus n’est pas nommé, je propose de lui donner le nom de son inventeur.
Ce n’est pas la seule plante que l’on doive aux écrivains de ce temps-ci. J’ai établi, il y a longtemps
LES FLEUaS.
déjà, le jardin des romanciers, tout planté de fleuri et de. végétaux dus à leur féconde imagination,.
Op doit à, madame Sa«p up chrysanthèwp fleurs blmes.
A M. Bolle, Ip camellm à oçfpyç qnijuaftte.
A M. l’qilfet tffa.
A M. Victor Hugo, le rosier de Bengale sans épines et sans odeur-
Dans un vers, dont je suis tout honteux de ne me rappeler que le sens, tant j’en sais de lui qui sont un charmant ornement pour la mémoire, il dit du rosipr de Bengale à peu près :
Comme elle est sans épine, elle n’a pas d'odeur.
Les roses du Bengale que nous connaissions jusqu’ici noorseuiemenj. exhaiqnt une odoutt très-douce et très-distinguée, mais de plus te rosier du Bengale
LES FLKUI1S. 255
a, de tous les rosiers, les plus gros et les plus larges aiguillons.
Disons en passant, car tout intéresse chez un grand poëte, que la fleur de prédilection de M. Victor Hugo est ce ravissant petit liseron des haies blanc et rose, qui répand une si délicieuse odeur d’amande amère. Glissons ici humblement et sournoisement quatre vers à propos des roses et de leurs épines ; Fauteur désire avoir Fair de désirer garder Fanonyme :
De leur meilleur côté tâchons de voir les choses : Vous vous plaignez de voir les rosiers épineux; Moi je me réjoqis et rends grâces aui dieux Que les épines aient des roses.
4 M. P mil Féval, on doit une variété de mélèze qui, garde ses feuilles l'hiver.
A Baux ac, à ce grand écrivain qui vient de mourir dans toute la force de son génie, et dont le dernier livre est peut-être le plus beau, les ’arduis doivent Y azalée grimpante’
A propos de Balzac, je saisis cette occasion de me justifier. On a publié il y a quelque temps un volume sur Balzac; dans ce volume, l’auteur a cru devoir rapporter assez en détail une petite querelle littéraire que j’ai eue avec l’auteur des Parents pauvres, querelle à la suite de laquelle nous nous étions brouillés. Balzac avait depuis quitté la France, moi j’avais quitté Paris. Les occasions nous ont manqué pour nous réconcilier. Ce que l’auteur de la Vie de Balxac m’aurait fait grand plaisird’ajouter. c’est que ni mon admiration pour Balzac, ni l’expression de cette, admiration, n’ont jamais eu d’intermittence ; on trouverait dans les Guêpes , peu de temps après notre brouille, à propos d’un remplissage de l’Académie : « L’Académie ne nommera pas Balzac ; l’Académie de ce temps-ci veut avoir aussi son Molière a ne pas nommer. » Vingt fois j’ai eu l’honneur de rendre une justice aussi entière à ce grand écrivain, et à propos des Parents pauvres, son dernier ouvrage, j’écrivais : « Je remercie bien sincèrement M. de Balzac de s’étre rappelé le nom de mon cher père , en citant un certain nombre de célèbres musiciens allemands ; avoir son nom placé dans un des beaux livres de M. de Balzac, c’est avoir une glorieuse épitaphe. »
Je n’ai que quarante-deux ans ; mais je suis o* du
LES FLEURS, temps ou l’on savait encore admirer : je crois, par exemple, que je suis né tout à fait à la fin dece temps là.
Les gens qui lisent savent tout ce que l’on doit à la féconde imagination de M. Dumas de récits curieux, attachants, dramatiques, spirituels. Cette imagination, dont la puissance n’a pas encore montré ses limites, n’avait encore rien créé dans l’empire des fleurs; elle ne pouvait se contenter des richesses acquises : elle nous a donné des richesses noüvelles.
Si mes autres lecteurs veulent bien me le permettre, j’appellerai spécialement sur ce qui va suivre l’attention de M. Bachelet, du Havre, célèbre amateur de tulipes, qui sème des géraniums à ses moments perdus, et a bien voulu donner mon no r a à un de ses gains de l’année dernière.
M. Alexandre Dumas vient de trouver une tulipe noire !
Dans un roman publié par lui dernièrement, sous ce titre, la Tulipe noire, M. A. Dumas nous montre deux amateurs de tulipes s’efforçant par tous les moyens d’o'/enir une tulipe noire, pour laquelle la Société tulipière de Harlem proposa, dit M. Dumas, l’an 1672, un prix de cent mille florins. Le récit des
LES i-UsUUb.
efforts des lieux jardiniers renferme des circonstances qui ne .«eront pas sans intérêt pour les autres rtrWvatems. Ainsi Van-Baërle se met h aimer les tulipes. Un an après, ii avait trouvé cinq espèces nouvelles de tulipes. Probablement l’atïtewr a voulu dire cinq tulipes nouvelles. Il est fâcheux que M. A. Dumas ne nous donne pas avec détails les procédés de Van- Baërle ; car dans les procédés de culture connus jusqu’à nos jours, la semence d’une tulipe né produit dé fleurs qu'au bout de quatre ou cinq ans. Ges fleurs ensuite n’ont tout à fait fixé leur coloris et leurs panachures qu’après un espace de temps 'qüi varie dé deux à quinze ans. G’est donc an moins six ans qu’il faut à tout autre amateur que ledit Van-Baëite pour pouvoir classer et faire admettre une tulipe dans les plates-bandes considérables; en moyenne, on compte dix ans. G’est un immense progrès qui est dà à M. Dumas, et qui portera à semer des tulipes bien de# gens découragés jusqu’ici par U lenteur des résultats.
Un peu plus loin, Van-Baërle donae à ses couches $ tulipes une chaleur convenable. Nous ne connais^ sons guère que la petite tulipe rouge, appelée tulipe du duc de Thol, que les autres jardiniers chauffent pour les avoir l’hiyer. Personne autre que Van-Baërle ne plante les tulipes d'amateur sur couche ; sans doute
LES FLEURS, il en obtient de bons résultats, mais Vaûtèur néglige de nous les faire connaître, ainsi que les avantages d'd lever tes udïpes en pot, Singulière fantaisie qu’il attribue a son héros. Encouragé, comme ort le pense bien, par ces merveilleux résultats, cinq tulipes nouvelles en un an, Van-Baërle continue ses efforts, èft en deux années il couvrit ses plates-banfteb'fe ÿùjcfs nouveaux tdierhent merveilleux, que jtititatis personne, excepté peut-être Shakspearé -et Rubens, n’avaient tout créé après Dieü.
Mais voici bien autre chose ; Van-Baërle à obtenu un oignon, cet oignon n’a pas fleuri, dt pourtant fl à des caïeux, les oignons que nous connaissons n’ont de caïeux qu’après avoir fleuri ; mais Ce qui est plus étrange, c’est que cet oignon qui n’a pas fleuri, Van- Baërle le (fraise en trois caïeux, et fl n'y â plus d'oignon ; cès caïeux doivent fleurir l’année suivante : c'est possible, quoique la plupart des eaïe'Ox rte donnent’ pas des fleurs si vite-, mais en tout cas, d'après les anciens préjugés, l’oignon aurait fleuri plus sûrement et plus promptement que ses caïeux. L'oignôh vient de la semence d’une tulipe couleur café : il y a mille chances contre une pour que sa fleur soit couleur café plus ou moins sombre; cependant Van- Baërle sait qu'un des trois caïeux produira la tulipe
260 ÏÆSFLLUUS.
noire : « Ils ont cet air mélancolique qui promet Se noir d’ébène. »
Voyez comme on apprend! Jusqu’ici il était réputé incontestable que tout caïeu donne une fleur identique à celle dont il tire son origine. — Mais il était temps de changer cette vieille routine où s endormaient des caïeux rétrogrades.
Une autre modification apportée par M. A. Dumas dans la culture des tulipes , c’est qu’il ne les plante qu’au mois d’avril. — Tandis que, dans l’ancienne méthode, c’est du 10 au 25 novembre qu’on les confie à la terre.
Au milieu de tant d’intéressantes révélations, fruits sans doute d’études longues et consciencieuses sur une plante si aimée, il est à regretter qu’il se glisse quelques erreurs. Van-Baërle a tort de croire qu’en 1072 il n’existait pas dans la nature de tulipes couleur bistre. Ceux qui sèment savent qu’on n« trouve que trop de plantes brunes dans les semis. — 11 est singulier également que la Société tulipière de Harlem ait proposé un prix pour une tulipe unieolore : de tout temps le grand mérite des tulipes aux yeux des amateurs a été dans leur panachure. Les tulipes unicotores s’appellent baguettes , et on attend qu’elles se panachent ; si elles ne s’y décident pas,
LES FLEURS, on les jette dehors, et cela alors comme aujourd'hui. J’ai entre les mains un catalogue de tulipes hollandaises à la date de 1667, ce qui n’est pas loin de 1672. — Très-peu n’ont que deux couleurs. — Le catalogue n’en cite pas une seule qui n’ait qu’une couleur.
En échange de toutes ces belles choses que nous avons apprises dans le dernier roman de M. Dumas, nous pouvons lui témoigner notre reconnaissance en lui enlevant un souci. — « Les tulipes , dit-il , frileuses comme de vraies filles de l'Orient, ne se cultivent pas dans la tene en hiver, elles ont besoin de l'intérieur de la maison et des douces caresses du poêle. » M. Alex. Dumas sera bien heureux d’apprendre que les tulipes sont bien plus robustes qu’il ne le croit. — Il n’a qu’à en planter dans son petit jardin de l’avenue Frochot dans le mois de novembre, et il les verra sortir de terre et fleurir au printemps suivant. — Les tulipes les plus précieuses passent l’hiver dans la terre des jardins, — et jamais on n’en a vu être même enrhumées. — Pour ce qui est des caresses du poêle, M. Dumas a confondu ici l’oignon des tulipes avec l’oignon allium cepa, vulgairement oignon de cuisine, que l’on approche du feu, mais pour 1* métamorphoser en soupe dite à l’oignon, ou en ^rée dite à la soubise.
Toujours est-il que Van-baërle obtient une tftftpe noire, et touclie les cent mille florins. L’auteur rte nous dit pas commeiït a péri ladite tulipe, car un n’en a jamais entendu parler depuis ni auparavant, ce qui n’empêche pas que M. Dumas est un charmant et spirituel conteur, un des plus féconds et des plus, beaux esprits de ce temps; que je l’aime beaucoup, et que j'ai été fort reconnaissant de la visite qu’lia bien voulu faire cet été à ma cabane du bord de la mer.
Le même Alex. Dumas, dans Balsamo, a découvert Une nouvelle variété de tournesol. — C’est un tournesol qui « s'ouvre aux premiers rayons dé soleil, et conséquemment se ferme le soir. » M. Élie Berthet a enrichi les jardins d’un pêcher qui fleurit dans le mois de mai. — Il connaît aussi un rossignol qui chante au soleil.
•Janio, non content de Son oeillet bien, qui est une jolie découverte , parle d’un chaume parfumé de fleurs bleues et vermeilles. S’agit-il d’un toit de châlWne où d’an champ où le grain coupé n’â laissé que du chaume? Si c’est d’ün toit de chaume, il vêtit parler des iris qui sont violets et qni exhalent d>ns d’antres variétés seulement une si douce et si faible odeur, qu’on ne la distingue que de fort prés. Je n’ai jamais vu de fleurs rouges sur les toits de rlutumn.
S’il s’agit d’un champ de Wé ou de seigle, il y a les Muets qui sont bien Meus, et les coquelicots qwi sont rouges, mais qui n om pas d’odeur, et qui, d’ailleurs, sont coupés par la faucille en même temps que le grain, et ne subsistent plus dans le chaume. Je le chicanerai également sur èè mot vermeilles : vermeil vient de vermillon , qui est écarlate ; mais comme rose vient de rouge, vermeil s’est de tout temps appliqué au vin et aux premières teintes de i’aurore; le coquelicot vermeil à odeur serait donc une nouvelle plante à mettre dans la guirlande des fleurs fabuleuses que tressait les écrivains contemporains.
J’ai encore à vous apprendre que l’éditeur Curme* a publié un gros livre de moi qt*i s’appelle Voyage autour de mon jardin. Malgré le luxe dont il l’a entouré, malgré le soin qu’il y a mis, il se trouve quelques fautes d’impression dans l’ouvrage t
Telles que oponogehns ponr aponogeton. Cet aponogeton dystochidh est une charmante plante aquatique blanche aveedes étamines noires et sentant une suave odeur de vanille ; elfe fleurit à la Un de l'atttomne jt derechef au printemps ; c’est-à-dire que le froid ne fait qu’interrompre la floraison, et qu’en réalité elle ue se repose que pendant És grosses tira-
leurs et le grand froid. Elle est en fleurs ici, en ce moment, comme un grand nombre de primevères.
Je vois k la page 109 bluet pour bleuet, mais, depuis que j’écris, je n’ai pu réussir à faire imprimer le mot bleuet ; anagallis morellé pour moueïlé; plumbago carpentœ pour larpentæ. L’auteur a bien assez de ses fautes.
— Préparez donc votre hiver pour l’année prochaine, et plantez dès à présent celles des plantes qui sont en cette saison l'ornement des jardins, et que vous n’avez pas encore.
11 n’y a pas à faine beaucoup d’autres travaux : vos oignons de toutes sortes, vos pattes d’anémones, vos griffes de renoncules sont en place.
A propos d'oignons, il en est un de la plus grande magnificence, qui se cultive très-bien en pleine terre avec quelques soins, c’est le liliurn lancifolium.'Ftiles un trou de deux pieds, à moitié de terre de bruyère grossièrement concassée, en y laissant les racines ; ajoutez quatre pouces de terre de bruyère fine, placez votre oignon , recouvrez - le ensuite de terre de bruyère : parce moyen il ne souffrira pas de l’humidité.
Revenons un instant sur les plantes que je vous ai indiquées et sur les soins qu’elles exigent. Le cor nouiller de Sibérie s’arrange de toute exposition,
LUS FLHURS.
pourvu qu’il ne soit pas tout à fait sous les arbres , Y ellébore noir se contente d’une exposition à moitié soleil ; le tussilage préfère un sol frais, mais vient partout.
Les daphnés-lauréoles, les verglundiers et les iris fétides doivent être placés sous les grands arbres. On dit dans les livres de mettre le calycanthus précoce en terre de bruyère, mais il s’en passe très-bien. J’en ai un au levant et l’autre au midi, ils végètent tous deux parfaitement Si vous le plantez à présent, achetez-le en pot, car l’hiver n'est pas l’hiver pour