LES FL ED R S
peur, qui ne demandait pas mieux que de naître dans les esprits ; ils jasèrent terriblement en chaire à ce sujet, et donnèrent ces insectes innocents comme un signe $e h colère et un avant-coureur de la vengeance divine.
Les esprits furent tellement frappés, que quelques personnes firent des confessions publiques. De gros legs, appelés pieux, firent dépouiller des enfants pour enrichir des églises. Un curé fit une terrible homéjie, qu’on peut lire encore dans le Mercure de France de cette époque.
Læs plus incrédules s’attendaient à une peste.
Cela alla si loin, que le gouvernement dçjnapda ane consultation à i’Àcadémie des sciences. L’Académie répondit, par l'organe de Réaumur, ce vrai savant, qu'il y avait beaucoup de sphinx atropos, parce qu’il y avait eu, l’année précédente, beaucoup de grandes chenilles jaunes et vertes de ce papillon qui n'avaient pas été mangés par les oiseaux ; que cela ne voulait dire que cela ; que le prétendu gémissement était produit par le frottement de la trompe que. le papillon déroule et insinue dans le nectaire des fleurs nocturnes contre les parois qui la renferme.
Les Pères de Trévoux blâmèrent vigoureusement l’Académie et Réaumur. C'était à tort, disaient-ils, que la science, cette invention du démon, ce fruit malsain de l’arbre défendu, venait désabuser les gens d’une terreur salutaire ; que le public doit toujours s’alarmer, parce
qu’fl est toujours coupable. ïtéaumur, malmené par les bons Pères, les battit assez brillamment.
M. de Gasparin explique, à propos de pommes de terre, une loi économique que je vais reproduire ici.
C’est là un grand principe d'agriculture, et de f agriculture vue de haut.
t Pour que la subsistance d’une nation soit assurée, dit-il ,à peu près, car je cite de mémoire, elle doit repo* ser sur deux substances alimentaires : l’une consacrée à la nourriture de l’homme, comme le blé ; l’autre, qui, consacrée à la nourriture des animaux, puisse en môme temps passer à la nourriture de ITioflame, en cas de disette, comme la pomme de terré.
» Ceci établi, supposez une disette de blé, et l’homme trouve alors une double ressource : il tue et mange une partie des bestiaux, et en même temps les pommes de terre destinées à leur nourriture. »
•Comme, en France, il n’y a que des modes po,ur la politique, comme pour les mœûrs, comme pour les vices, comme pour les vertus, eomme pour les jupes ej, les gilets, quand la pomme de terre étaij. à la mpdje, on en mettait partout. .Sou? Coyis XYj, Jors de la lutte de Parxorydier, Jes fejnme? portèrent dps fleurs de parçoentièrp ,en çp.i %«. Parmentier invita ri ne commission de ^vants à Au, dîner où tout, depuis Je pain jusqu’au café et à l'eau-de-vie» £tait tir£ de la ponjme (Je terre; je ne sais s’il connaissait et fit faire, pour ce repas, un cer-
tain fromage assez bon, qu’on fabrique en Allemagne avec ce tubercule écrasé et du lait caillé. Il aurait pu aussi faire peindre la salle à manger avec une peinture économique, composée depuis peu, par Cadet de Vaux, avec une bouillie de pomme de terre.
Résumé :
Donc, accueillons bien la fève, mais n’abandonnons pas la pomme de terre. Loin de là, donnons-lui des soins intelligents; adoptons et recherchons les espèces précoces ; asseyons et perfectionnons la plantation d’au* lomne; cultivons la parmentière seulement dans les terrains qui lui conviennent et avec des fumures très-modérées, et ayant déjà servi à une récolte préalable.
Donnons aux fèves les terres un peu humides, les terres fortes, qui ne conviennent pas à la parmentière.
Parlons maintenant de la fève, et parlons-en le mieux possible.
Pourquoi les anciens Égyptiens, ou, du moins, certains dévots de ce temps-là, s’abstenaient-ils des fèves? Cicéron prétend qu’elles causent un sommeil pesant, qui empêche de faire des songes divinatoires, conseils des dieux. D’autres prétendent que c’était un principe d’hygiène, les fèves étant réputées malsaines.
On dit encore, dans certaines parties de la France, que l’odeur des fèves en fleurs rend fous ceux qui s’y exposent. Dans le Voyage autour de mon jardin, j’ai cherché ce que j’avais fait toute ma vie dans le mois de
juin, époque de la floraison des fèves dans le pays que j’habitais alors. J’y ai trouvé passablement d’extravagances, ou, du moins, d’actes qui ont du paraître tels aux faux sages et aux soi-disanL sérieux. Mais, pour établir tout à fait l’influence pernicieuse de la fève, il faudrait en môme temps établir qu’on n’en pourrait pas trouver autant dans les autres mois.
Pythagore, initié aux mystères des prêtres égyptiens, comme l’avait été Moïse, défendait également les fèves à ses disciples.
* Le chevalier de Jaucourt, dit le savant Poiret, explique autrement, dans l’ancienne Encyclopédie, les idées de Pythagore au sujet des fèves. La fève était née en même temps que l’homme et du même limon; elle devait donc avoir, comme les animaux, une âme sujette aux vicissitudes de la transmigration. »
Horace, qui voulait plaisanter le côté extérieur et vulgaire de la métempsycose, avait adopté celte opinion. Il appelle la fève une cousine de Pythagore :
O quaudo faba Pjtliagoræ cogoata...
« Les Flamines, dit Varron, ne mangeaient pas de fèves, parce qu’ils croyaient voir des lettres infernales dans les taches noires de leurs fleurs. »
Pour moi, j’aime assez la version qui traduit la pensée de Pythagore par un conseil à ses disciples de s’abstenir des débats politiques, soit que la fève servît à don-
ner et à compter les suffrages potrr les élections, soit parce que les candidats faisaient parfois att peuple des distributions de légumes secs, pois, fèves, lentilles, etc., pour capter les suffrages.
« Tu dépenses tou bien en pois et fôvesef enrupins r » dit Horace à un ambitieux r
la cic*re aUja* basa tu perdas htptals.
Ce qui me fait penser, comme je le disais il y a cinquante lignes, que c'étaient seulement certains dévots égyptiens qui s’abstenaient des fèves, c’est qu’il est évident que les Égyptiens en cultivaient beaucoup, et je crois qu'on a eu tort, comme ont fait plusieurs auteurs, d’étendre cette horreur des fèves au peuple égyptien tout entier. J’ignore, à ce sujet, l'opinion du peuple juif, qui, outre les vases d’or de ses maîtres, emporta beaucoup de choses d’Éuypte.
On pense que la fève est originaire de la Perse et des environs de la mer Caspienne. Les Romains cultivaient beaucoup de fèves, et en savaient aussi long que nous à leur sujet; ils connaissaient les facultés améliorantes des fèves, des lupins, delà vesce, etc.
4 Ces légumes, dît Vairon, sucent moins la terre. »
« Ils fument le sot, disait Caton : Segetem stercorant. »
Virgile le dit également dans les Géorgiques. On
pense que la fève tire de l'atmosphère une grande partie de sa nourriture en absorbant les gaz ammoniacaux, de sorte que la fumure qu’on leur donne en les plantant, non-seulement ne se trouve pas diminuée après la récolte des fèves, mais est augmentée si I'oq enfouit une partie de la tige et des feuilles.
En Piémont, les fèves récoltées, on sème des haricots et du maïs, sans nouvelle fumure, dans les sillons mêmes où ont crû les fèves.
M. de Gasparin dit que les Bolonais font précéder le chanvre par l'enfouissement des fèves en fleurs ; c’est ce que j’ai vu faire pour le lupin dans les environs de Bordeaux.
Certes, le noir anîmalisê, le güano, ta poudrette grasse, contiennent ubô puissance fécondante ou excitante incontestable. Cette faculté a été préconisée par de savants chimistes. M. Payen a fait des dithyrambes sur le noir animalisô; mais M* Payen est orfèvre... en fumiers. Il existe à Paris une fabrique de noir animalisé, sous la raison sociale : t Salmon, Payen et Lupé. >
Ce ne serait rien, ou presque rien. M. Payen est un homme trop honorablement placé dans la science pour préconiser un engrais qui ne serait pas un engrais. Tout au plus peut-on penser qu’il se laisserait entraîner à en étendre l’usage à certains cas douteux pour quelques agriculteurs; mais, à coup sûr, il ne sortira d’un établissement patronné par M. Payen rien qui soit le moins du
inonde altéré ou mélangé d’autres matières que celles annoncées.
Pour ce qui est de la poudrette, du guano, etc., et autres engrais pulvérulents, qui seraient certainement très-puissants à divers degrés, surtout dans certains cas, on sait, certes, dans quelles proportions hardies on y môle très-fréquemment de la cendre, de la terre noire de Picardie, du brasier de forge, du résidu de bleu de Prusse ; on sait, certes, et je ne l’ai pas caché, pour ma part, à quel misérable et honteux degré de perfectionnement est arrivée la fraude commerciale
La terre — aima parensl — est mère de tout lucre:
Brune, elle est du café ; mais, jaune, elle est du sucre.
Il faudrait que le commerce des engrîiis fût surveillé, et qu’il y eût partout un contrôle et un essayage des engrais, comme il y a un contrôle et un essayage des monnaies. La monnaie est une richesse de convention, et l'agriculture, la seule vraie et solide richesse.
Il serait temps, non plus de discourir sur l’agriculture pour obéir à une mode et placer quelques phrases toutes faites, mais de s’y cramponner de bonne foi, comme à une arche de salut. Dans les circonstances où nous nous trouvons, d’une part, et, d’autre part, en vue de l’ardeur excessive, la soif de l’argent, qui pousse tout le monde aux chances aléatoires, il serait sage de s’attacher à la vraie, à la seule richesse. Les autres, comme l’or fait
par Midas, peuvent, dans un temps donné, ne pas vous défendre de la faim. Un journal patronné par le gouvernement l’a dit; je le répète, et n'aurais osé le dire le premier : « La cherté des subsistances est peut-être un bien; celte heureuse calamité va obliger les esprits à s’occuper sérieusement des substances alimentaires. »
L’Europe a un peu faim en ce moment; il lui sera plus facile de remettre en leur place beaucoup de choses qui n’y sont plus.
L’agriculture doit être la vraie noblesse, comme elle est la vraie richesse; c’est une vérité que je crie depuis vingt ans, pour ma part, sur les toits et dans les caves, et que je développerai encore une fois un de ces jours.
Pour le moment, revenons au sujet de cet article.
En agriculture, l’art et la pratique, qui devraient marcher ensemble enlacés, confondus, comme un bon mari et une bonne femme, font, au contraire, assez mauvais ménage, et marchent sur deux lignes parallèles très-éloignées l’une de l’autre.
La science de l’agriculture finit par perdre la terre de vue, et se contente du papier; elle se complaît dans des calculs, des chiffres, des analyses minutieuses, des théories, des systèmes et dévolutions aussi absolues que prématurées.
La pratique, après avoir été jetée parla science dans deux ou trois ravins et bourbiers, est en trop grande défiance, et se fait gloire d’obéir à la routine.
LES FLKUBS.
D’une part, il est évident qu’un hectare de pépier chargé d’analyses et de calculs, et arrosé d’encre, ne produira pas autant de blé qu’un centiare de terre fécondée par une petite pluie.
D’autre part, il est impossible que l’intelligence humaine, qui a, de nos jour», créé la très-belle science de la chimie, n’amène pas des progrès immenses dans l’agriculture. Malheureusement, comme le dit M. de Gasparin, « nous sommes en présence de ces problèmes, mais nous n’en avons pas la solution, > ce que M . Gasparin, dont les livres sont fort beaux, paraît quelquefois oublier dan» la façon absolue dont il pose certains principes. Ainsi M. de Gasparin ramène tout à l'azote; les légumes mangent l’azote de la terre ; l’homme et les animaux mangent l’azote des légumes; la terre mange l’azote que lui rendent les animaux et l’homme. Il faudrait alors changer le nom de l’azote, qui est formé de Va privatif grec etdezoe (la vie). Eh bien, qui prouve suffisamment qu’il ne faut pas tenir compte de beaucoup d’autres éléments dans l’appréciation des engrais? Un Anglais n’a-t-il pas fait récemment un gros livre pour établir, au contraire, qu’il ne faut tenir compte que de l’acide... j’ai oublié le nom? Certes, la jeune chimie agricole se pose des questions intéressantes.
Voici des graines confiées à la terre.
Jusqu’à ce que la plante en germe dans les grains ait acquis tout son développement, et ni) -donné à son tour
LES FLEURS. tti
des grains qui la reproduiront, qu’empruntcra-t-elle au - . sol, c’est-à-dire après une récolte? quels éléments faudra-t-il rendre au sol avant de lui demander une nouvelle récolte? Très-belle, très-utile, très-riche question; mais on se hâte trop de la résoudre. On fait des analyses qui sont nécessairement fausses dans leur précision.
Vous dites : Pour arriver à son développement, la plante a dû manger du chlorure de potassium, du chlorure de sodium, du nitrate de chaux, du sulfate de soude, du chlorhydrate d’ammoniaque, de l’acétate de chaux, du sulfate de cuivre, de la gomme, du sucre, de l’extrait de terreau, de l’acide carbonique, etc., etc. Cherchons combien chaque plante a mangé de ces éléments, et rendons à la terre ce qui lui a manqué.
Ce serait très-bien ; mais ôtes-vous sûr de connaître tous les éléments qui composent à la fois le sol et l’atmosphère dans lesquels se nourrit la plante par la tête et par les pieds? savez-vous bien toutes les combinaisons qui peuvent servir à l’absorption de ces éléments? savez-vous la différence que pout amener un nuage qui passe chargé d’électricité, une pluie saturée de tels ou tels sels, certains détritus arrivés dans le sol précisément a certains moments, à un certain état de décomposition et de combinaison?
Vos analyses risquent encore de vous égarer en ceci s vous regardez dîner un homme; vous constatez qu’il a mangé un potage à la bisque d’écrevisse, du saumon grillé,
Üli! LES FL EU US.
des haricots verts, des cailles et une crème à la vanille; direz-vous: « L’homme doit manger, pour vivre, de la crème à la vanille, des cailles, etc. ? »
Chaque homme choisit, sur la grande table mise et servie par la nature, ce qu’il veut et ce qu’il peut manger. Laissez, jusqu’à nouvel ordre, la même latitude aux plantes.
Mettez donc dans la cour, au tas de fumier, tout ce qui n’a pas d’autre emploi dans la ferme : fumiers des chevaux, des vaches, des moutons, des lapins, des poules, des pigeons, herbes sèches, jonc des ruisseaux, vase des étangs, sangdes animaux tués, chiffons, plumes, poils, cendre, et fumez vos terres avec ce mélange : les plantes choisiront elles-mêmes ce qui leur convient, et vous ne serez plus exposé à une erreur de calcul.
Le fumier de ferme ne contient-il pas, de votre aveu, tous, ou à peu près tous les éléments que vous voulez rendre à la terre séparément? Continuez ainsi jusqu’à ce que la science ait fait toutes. ses expériences et refait toutes ses additions ; profitez de ce qu’elle découvre, et aidez-la de ce que vous savez.
Posez-lui des questions, et ensuite examinez ses solutions, et criliquez-les par des essais pratiques. Mais, selon M. Boussingaull, M.de Gasparin, M. Braconnât, etc., voici la composition de mille parties de fumier de ferme : eau, carbone, hydrogène, oxygène, azote, acide carbonique, acide phosphorique. acide sulfurique, chlore.
silice, sable, argile, chaux, magnésie, oxyde de fer, alumine, potasse, soude.
11 semble que la carte est assez fournie et assez variée.
Ne droguons pas la terre.
Quelques-uns des nouveaux engrais préconisés sont nuis, insuffisants ou sophistiqués. Ceux qui sont excitants laissent le plus souvent le sol dans un grave état de fatigue et d'épuisement.
Les nouveaux engrais, surtout les engrais spéciaux, c’est-à-dire apportant au sol tel ou tel sel, tel ou tel élément, doivent être employés avec défiance.
Voici qu’on vante en ce moment la tangue (sable de mer) comme un engrais pouvant remplacer les autres.
C’est une erreur. Ouvrons ici une parenthèse à propos de la tangue.
J’ai vu, pendant bien des années, faire usage de la tangue en Normandie.
Certes, elle produit de bons résultats, et, si l’emploi n’en est pas plus général, c’est a cause du prix énorme qu’en coûterait le transport.
Cependant, il me semble utile de ramènera certaines proportions les éloges que l’on en fait en ce moment au prolit d’une entreprise commerciale qu’il est bon d’encourager, tout en réduisant quelque peu son enthousiasme. Je n’examinerai pas ici si le chemin de fer de Rennes à la mer, desservi par des chevaux, diminuera suffisamment le prix du transport de la tangue. En ce
cas, la Société Tanguière aura rendu un vrai service.
La tangue est d’un utile emploi pour l’agriculture, même après que j’aurai dit ici ce que je crois la vérité.
« La tangue, dit M. Ange Jumelais, est un sablon de mer composé de chaux, de phosphate et de sel ; c’est l’engrais le plus productif qui soit. »
La tangue n’est pas précisément un engrais. Ou la classe dans les amendements stimulaires, lorsqu’elle est composée autrement que ne l’annonce M. Ange Jumelais, c’est-à-dire lorsqu’elle contient des détritus végé* taux et animaux; et, comme e’est ee qui arrive le plus souvent, M Jumelais est resté, sous ce rapport, audessous de la vérité; mais il est un tant soit peu audessus, lorsqu’il signale la tangue comme * l’engrais le plus productif qui soit. »
En Normandie, on mêle toujours du fumier à la tangue.
Donc, pour les Normands, elle ne constitue pas tout à fait un engrais.
La tangue a plus ou moins de valeur, selon la distance de la mer et la localité où on la prend.
Trop loin de la mer, et ne renfermant pas de débris organiques, ce n’est plus du tout un engrais, ce n’est plus qu’un amendement.
En théorie et en pratique, quand on le peut, on emploie 30,000 kilogrammes de fumier de terre pour fumer
un hectare; on emploie d'ordinaire 40,000 kilogrammes de tangue par hectare.
Ces 40,000 kilogrammes de tangue prise dans de bonnes conditions, analysée paa» MM. Payenet BoussiUgault, ne fournissent, selon M. de Gasparin, que l'équivalent de 43,000 kilogrammes de fumier de ferme.
La tangue, fût-elle employée efficacement, sans mélange de fumier, ce que je n’ai pas vu, ft’aùrait doue, à poids égal, que tout au plus le tiers de la valeur du fumier de ferme. Il faudrait donc transporter 06,000 kigrammes de tangue par hectare; mois alors il y aurait trop de certains éléments et point assez d'autres. Je n’ai certes aucune malveillance contre la Société Tanguière. Loin- de là, je pense que son exploita tien peut rendre un service à l’agriculture.
Mais pourra-belle transporter les masses de langue nécessaires à un prix qui n’en fesse pas « te plan cher des engrais, en môme temps qu’il est loin d’en être te plus productif. »
Je suis prêt à applaudir à ce résultat, si elle (‘obtient.
Mais je crois devoir, après avoir dit ce que C’est eu réalité que la tangue, ajouter que, môme comme amendement stimulant, ce qui est le seul titre auquel je crois qu’elle ait des droits, elle est loin de convenir à tous les terrains. — Nous fermerons ici- te parenthèse ouverte à- propos de la tangue.
Conclusion. —Ne droguons pas la terre.
LES F LE U HS.
Ne raffinons pas trop, si ce n’est pournous amuser.
*M. Liéby, un savant allemand, reproche amèrement, après analyse, aux soldats de Hesse-Darmstadt, de ne rendre à l’agriculture que 30 pour 100 de l’azote qu’ils
mangent.
M. Barrai constate qu’une femme française, plus honnête, restitue à la terre 56 pour 100 de l'azote qu’elle consomme.
M. Boussingault établit qu’une tourterelle en rend 64 pour 100.
Tirons-en, si vous voulez, la conséquence qu’il faudrait qu’il y eût, dans le duché de Hesse-Darmstadt et peut-être ailleurs, plus de tourterelles que de femmes, et plus de femmes que de soldats, au point de vue de l’agriculture.
Je cite ceci, pour montrer quelles distractions les savants peuvent trouver dans la science. Attendons d’abord que les savants soient d’accord, pour que leurs opinions puissent s’appeler l’opinion de la science, et puis alors nous attendrons que l’opinion de la science soit spprouvée par l’expérience, etd’accord avec la pratique.
Eu attendant, fumons la terre avec le fumier composé du plus grand nombre d’éléments possible; que les propriétaires exigent de leurs fermiers, quelque petites que soient les fermes, qu’ils y entretiennent des bestiaux ou des animaux autant qu’un assolement intelligent le permettra.
Si vous ne pouvez avoir un cheval, ayez un âne; si vous ne pouvez avoir une vache, ayez deux chèvres ou deux moutons ; ayez des lapins, ayez des pigeons; vous donnerez ainsi une valeur importante à l’herbe des sarclages, transformée en litière et en fumier.
Enfin, cultivez des fèves, mais n’abandonnez pas la parmentière.
S'il est de? eôtés par lesquels l’homme se montre le plus stupide des animaux en jnéme temps que le pins cruel, il en est d'autres par où l’on reconnaît le roi de la terre. La navigation est une grande chose, et la mécanique, la physique, la chimie ont étendu leurs progrès et leurs conquêtes au delà de ce qu’il paraissait destiné et permis à l’homme d’atteindre. — Quand j'entends parler de quelque grande découverte dans ces sciences, je me demande parfois si le monde 11e serait pas un grand problème, un immense rébus que Dieu aurait donné à l'homme à résoudre, à déchiffrer, à expliquer, et s’il n’est pas à craindre que,
du jour où l’homme aura deviné le mot, Dieu lui dira : C’est cela, — c'est fini; et le monde finira.
Mais quand j’ai roulé cette idée dans ma tête, il m’en vient assez facilement une autre : c’est que les efforts de l’homme pour s’élever sans cesse, pour étendre ses conquêtes, sortir de sa sphère et devenir une sorte de demi-dieu, sont et seront sans cesse déjoués comme les efforts de Svsiphe, dont le rocher retombe sans cesse, comme l’entreprise des géants contre l’Olympe, comme la tour de Babel.
En effet, pendant que l’intelligence de l’homme conquiert, de certains côtés, des domaines nouveaux, il est d’autres côtés par lesquels, loin de gagner, il semble, au contraire, singulièrement perdre. Si je voulais ici parler politique, je ne manquerais pas d’arguments irréfutables à l’appui de cette opinion ; mais je ne veux chercher de sujets de crainte que dans l’ordre physique. Voici que l’homme a asservi le feu et l’eau et la foudre, et que des sujets de la terreur de nos pères il a fait des esclaves obéissants; il sait ce qui se passe dans la lune et dans les autres planètes, etc. — Mais on lit un jour dans les journaux : Maladie des pommes de terre, maladie des bettevaves, maladie du blé, maladie du raisin, etc. En même temps que ces maladies, il se présente tant
de médecins que, les uns venant en aide aux autres, le cas pourrait devenir grave. Et alors à quoi serviraient à l’homme ses nouvelles conquêtes, si les pommes de terre, le blé et le raisin venaient à mourir?
O mon Dieul s’écrieraient les hommes affamés, altérés et épouvantés, ayez pitié de nous; repreneznous nos sciences et nos savants, et rendez-nous vos anciens bienfaits; reprenez -nous l’astronomie, et rendez-nous le blé, dont le besoin, surtout pour les Français, est poussé jusqu’au préjugé et à la superstition. — En effet, je suis sûr que, si le blé venait un jour à manquer en France, les Français, sans tenir compte des pommes de terre, des fruits et des légumes farineux, et de la viande, et quelle que lût l’abondance de ces aliments, se déclareraient en famine et mourraient de faim.
Reprenez-nous la vapeur, mon Dieu, et rendeznous les pommes de terre, ces excellents petits pains qui poussaient tout faits dans la terre.
Reprenez-nous nos grands hommes politiques, qui appellent l’art de conserver leurs places — sauvegarder la société, sauver la famille et la propriété, etc., et rendez-nous le raisin qu’ils ont laissé mourir, le raisin dont le jus nous faisait parfois oublier et eux et leurs bienfaits.
222 LfiS FLEURS.*
Mais nOus tt‘éri sommes pas encore Ht, Dieu merci; le blé, le Mifeih; la poftfmê dé tetre Me sortit pas morts, — et j’ai quelque sotiptoh que certains Rôdeurs ès friiitS et ès légiirftes agissent à l’exetriple d'un chirurgien dont je fie sais plus quel auteur a raconté l’histoire. Ge ffater, reçu p'ar l’Académie; n’dtait pas tardé â remarqtîef què, Si l'Académie donne les diplOmeS, elle ne fournit pas les malades. Après atofr cherché vainement toutes sortes de moyens de se mettre êfi évidence et dé se former une CHefliètè,- il s était arrêté il celui-ci : sdti logis étalv tt seul IdgiS de ihédêciii ddtis un quartier asâéfc déseft; le Sbif, enveloppé d’urt Vaste tnAntèad, il attendait të premier passdHt bieft fois, llii dbhftait utl cotip de poignard, et s’ehfoyfift Vite attendre qu’on le lui apportât. Sa porte à cet effet était ornée d’utte lanterne sur laquelle On Voyait briller ert transparent Soft nom et sa prOfOSsioit ;
Il y a quelqlidS Rodées déjà, dans Üil fecfleil qtli s’appelait Iké Gnêpê$, j’ai flënortCê, après ravoir pris en’ flagrant délit, un tnédééîtt Üé Cé' gèftfe; 11 avait annoncé dans les journaux que la colère célëstè vô 1 fiait de déeliSîfiër UH eHnéfiii contre lé fcàSsiS, — Hbès Myrttïï I; — SülVfiit (tife déSèriptiofi feciëiitifïqüë du redoutable animal et des procédés poüt lüttër êbri-
LES FLEURS, tre ses déprédations. Je constatai qu'il s’agissait d’une variété de puceron qui a dé tout temps vécu sur lë cassis, que l’on y trouve toujours, qui a dû être créé le même jour que le cassis, — soit qu’il ait été fait pour le cassis ouqite leeassis ait été fait pour lui. Ce qui fut causé que notre homme ne put s’intituler) comme il en avait eü l’intention et l’espoir, sauveur du cassis et vainqueur de ses ennemis.
Sérieusement j’ai déjà plusieurs fois f)arlé des maladies et des dégénérescences qui peuvent se remarquer dans certains végétaux. L’hoidme fait produire à tout ce qû’il a Soumis à sa puissance au delà des desseins de la nature ; dé plus, sa recherche inces» saute de nouvelles espèces, tbut en lui faisant fairé des découvertes et des conquêtes précieuses, doit de temps en temps produire également des espèces médiocres, mauvaises* maladives: Le bien-être suspect qui doit Ressortir des théories politiques ne devrait pas 1’empofter sur les intérêts réels et sérieux dans l’esprit de éeu.x qui gouvernent ou sont censés gouverner) et ne sont en réalité frappés que d’une idée, ne eroiènt qu’à an devoir : conserver leurs placeO et empêcher d’aüères de les prendre.
Si l’on était ministre de l’agricnlture pour l’agrH cultitré, par exemple) âu Heu d’êtré ministre de l’a-»
LES FLEURS, griculturepour la révision de la Constitution ou pour l’abrogation de l’article, 45, il est un projet que j’ai déjà laissé entrevoir et que je proposerais sérieusement.
On a créé des haras dans les départements pour la propagation des belles races de chevaux, de bœufs, etc.; pourquoi ne créerait-on pas dans chaque chef-lieu d’arrondissement une sorte de haras de fruits et de légumes pour propager les bonnes et les nouvelles espèces, et remplacer graduellement les espèces médiocres, mauvaises ou dégénérées qui occupent la plus grande partie dés cultures? Nos marchés sont encombrés de mauvaises espèces de fruits et de légumes; les semences sont achetées et vendues avec une parfaite incertitude.
On pourrait, dans ces cultures-modèles, donner à bas prix aux cultivateurs des greffes et des semences . des meilleures espèces ; on pourrait faire des essais et des expériences que ne peut se permettre l’industrie privée ; en peu d’années toutes les bonnes espèces auraient remplacé les autres ; une nouveauté utile, expérimentée, une découverte constatée, &oh en fruits ou en légumes, soit en procédés de culture ou en engrais, par le moyen de ces jardins, serait propagée en quelques mois. On y donnerait des le-
LES FLEURS, çons pour taille des arbres, la greffe, etc. ; ce serait une sorte d’école normale de jardinage, et le produit. en greffe, en semences, en fruits, en légumes, ne tarderait pas à couvrir les frais de pareils établissements. Mais, je le répète, il faudrait, pour commencer à penser à cela, que la politique ne consistât pas à se battre sans cesse dans les coulisses à qui remplira les beaux rôles, les rôles à oripeaux, et qu’on commençât une pièce pour laquelle le pays paye depuis longtemps sa place.
Ces établissements horticoles, outre les avantages que j'ai énumérés et beaucoup d’autres encore, auraient celui de pouvoir correspondre avec un comité central au ministère de l’agriculture — nous supposons un ministère de l’agriculture. Quand une maladie, une dégénérescence, se manifesterait dans une contrée, on saurait si elle a paru également dans les autres; on pourrait demander pour les pays attaqués des semences saines à ceux qui auraient été préservés. Les observations simultanées dans des sols, des expositions, sous des températures différentes, amèneraient bien vite la découverte de la vérité. — Citons encore un des services que de pareils établissements auraient rendus depuis quelques années, cfne des causes de la maladie des pommes de terre est que,
226 LES f LÉÜttS.
depuis vingt ans et plus, on multiplie les ponwies dé terre de boiiture siins recourir au semis, si ce n’est pour chercher des espèces nouvelles. L’Industrie privée n’ose pas semer des pommes de terre, parce que la graine ne produit la première année que de petits tubercules grok comme les billes qui servent de jouets aux enfants; lesquels, remis en terre, produiraient de vraies pommes de terre l’année suivante, maià feraient perdre ime aiinéè. Lés établissements dont je parle, en fournissant aux agriculteurs de ceà petits tubercules d'un an, auraient probablement beaucoup contribué à résister à la maladie qui envahit ce légume précieux.
Lesjournaux. et lesjotirnaux spéciaux, ontannoncé au commencement de cette année avec emphase une nouvelle fraise, sous le uom de fraise Crémont. C’était la vraie, la seule fraise. Jusqu’ici on n’avait mangé que des espèces de rudiments informes de fraises.
La fraise était découverte. La fraise Crémont, grosse entre les grosses fraises, égaie à ia fraise Mammouth, à la fraise Goliath par ses dimensions, remontait comme la fraise des Alpes. Beaucoup de gens en ont acheté, et entre autres quelques jardiniers normands.
Dieu sait avec quels soins fut cultivée cette merveille, * * quelles espérances on faisait reposer sur ses produits.
LES FLEfJftS. ni
Eh bléh ! la Mise dréitiont ti’a donné que des fruits dé nidyëiinë gro^étif êt h’à pitë feflettrl. Il Sëttlt blèii temps tjhë leS jëliHiatifc dx^!!c|tiassëttt eMi^feiiIëfît àu {ntblié qtle îfeui* tjttâtrlèfilë pàgë ëst tih ititfr Stfr letjlicl lié pefitièltént d’àfllChéf Ü qidbonqué lfettr piiÿë litl pfix fcotttfeflü; Màlé il fetidfiili atissi prêlhdHIf colitfe là WcthiHe étâus§î éontre lë fHlt-Püriè; Ht foltt Céla Sé Vënd, hiêihè dârts flëè jôilfHàüit qtil rtë dévieraieîit pas dé iHit ll^nê pdlitiijue dë lâ lafgèiir d'tiri bliéteu polir dë§ iflilliénS.
Si on hle dëfhdttdait cé Qiié iil'ont fdlt lëfc drtliliaâ, rë âei'àis fort éliibaffàssé de frêpôndfre. LcpëHdaiit la vérité ëét <jüë je lié lëé âltiie ^llèfë. Cdftfcs, âucüfië flëüf* n’d défi fcdiiieiirS plitè î'iélifek èt plttë tarléë§, et.... l’âvbiiëfâi-jëî j’ai tliil par prendre cette année üii parti vioieut : j ai cessé dé les admettre dans mon jardin.
î) abord mon jardin ii’est pas grand; eiisuité il est cultive dbiiie façon particulière. La culture n’y ést pas apparente ; lès gazons, émriillés de crocus et de violettes au printemps, de sârïans et de colchiques h l’automne, oiit l’âir de gazon S sauvages et venus d’eux-mêmes. Les magnolia y sont traités sans plus de façon que les ormes. Les ronces à fleurs doubles blanches et roses y croissent comme croissent les
ronces sauvages dans les haies. Le muguet, les primevères, les cyclamens fleurissent sous les arbres sans demander aucun soin, si bien qu’on les oublie et qu’on les trouve chaque année. Eh bien! par la faute du jardin, ou par la faute des dahlias, les dahlias font un très-mauvais effet dans mon jardin. Ils ne veulent absolument pas avoir l’air d’avoir été jetés là par un oiseau ou par le vent. Tout en étalant leurs riches corolles, ils vous parlent du jardinier; ils montrent leurs tuteurs, ils laissent voir leurs liens, ils sont gourmés, empesés, haut cravatés ; enfin nous nous sommes brouillés, ils sont partis. Peut-être aussi y a-t-il une autre raison. Les primevères, les roses, le muguet, l’aubépine, la pervenche, la violette ont été mêlés à notre jeunesse et à nos premières sensations ; nous voyons chaque année refleurir avec eux toutes nos croyances, toutes nos illusions fanées; ils nous racontent les jours passés et les rêves finis. Le dahlia n’a rien à raconter aux gens de mon âge. J’ai quarante-deux ans, et il n’y avait pas de dahlia quand j’étais enfant. Il n’y en avait pas dans le jardin où mon âme s’épanouissait au soleil, à la pensée, à l’amour.
Quoi qu’il en soit, j’ai proscrit les dahlias, mais je les ai proscrits sans haine. D/ms ce jardin tout
peuplé (Tarais, ils étaient des messieurs, des étrangers, des intrus, presque des indiscrets; ils me gênaient, moi et mes souvenirs et mes rêveries. Mais je n'ai pas renoncé à les voir quelquefois. J’ai un voisin qui en a une très-riche et très-belle collection, parfaitement soignée; outre que ce voisin est un homme de bon cœur et de bon accueil, j’aime aussi à aller visiter ses dahlias et leurs fleurs si splendidement éclatantes. Peut-être dans ma brouille avec les dahlias est-ce moi qui ai tort, peut-être est-ce au défaut de mon caractère qu'il faut attribuer notre rupture ; je ne le regrette pas, mais je ne conseille à personne de m’imiter.
Je vais, aux premières gelées, faire l’essai d’un procédé que j’ai déjà vu recommander par plusieurs jardiniers. On sait que les héliotropes passent difficilement l’hiver, même dans une orangerie; on sait aussi quel développement ils prennent livrés à la - pleine terre; il s’agit de leur faire passer l'hiver dehors, et voici comment on doit s’y prendre :
Dès la première gelée, les branches de l’héliotrope deviennent noires ; il faut alors les couper toutes au ras du sol, puis avec les débris de ces branches, du sable, des balles de blé, etc., on forme au-dessus de la touffe une butte un peu plus grosse qu’une taupi-
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nièré, et qui doit écarter l’humidité du pied de Héliotrope. Cé h est qu’a moitié d’hvril, c’est-à-dirë lorsqu’on ri’à plus de gelées a craindre, qu'il faut ilétrüiré ceitë butte.
Un journal flamand vient de publier des Recettes curieuses pour teindre et parfumer les fleurs, et leur donner la couleur et l’odeur qu’elles n’ont pas natureilebent. Il s’agit tout simplement de teindre les fleurs blanches en bleii, en noir ou en vert, en mettant aux pieds deé plantes une composition de
vinaigre, de sel, de fumier de mouton, à laquelle on mêie une poudre faite de fleurs de muets desséchées, /le baies noires, ou du suc de rue.
Pour ies odeurs, on fait tremper lés semences dans du vinaigre, auquel on mêie ou de i’ambre, ou dé l’essence de rose, ou du benjoin, selon Codeur qu’on veut obtenir.
Comme beaucoup de journaux français ont reproduit la notice du journal flamand, et que ia chose est dite avec un merveilleux aplomb, il n’est pas hors de propos d’avertir que c’est tout simplement une mystification semblable au moyen indiqué par madame de Genlis pour se procurer des roses vertes ou noires, en greffant des rosiers sur des houx et des cassis, ou pour se procurer des œillets bleus enplan-
tant la graine dans une racine de chicorée, sauvage.
Il y a cependant une façon de changer ou de modifier la couleur de certaines fleurs. — J’ai vu quelqu’un déjà employer ce moyen à l’égard des dahlias, et il réussissait complètement à tromper, émouvoir et ébahir pendant quelque temps les plus fermes amateurs de cette plante. — Promenez-vous dans un jardin en fumant un bon cigare; ne laissez pas tomber la cendre blanche qui conserve la forme du cigare ; prenez le moment où il reste au bout du cigare deux ou trois centimètres de cette cendre; passez-la alors légèrementsur les pétales des dahlias;
— les parties que vous aurez touchées changeront * de couleur. — J’ai vu faire l’expérience sur deux fleurs seulement, sur un dahlia jaune et sur un rose.
Les pointes des pétales du premier, touchées par la cendre du cigare, devinrent rouge-brique; les pointes du second devinrent vertes.