TRAGÉDIE ES TROIS ACTES ET ES VERS
Représentée pour la première fois sur le théâtra .... le
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bruns, — fil» de Mirrba.
Don Fernandés, — colon espagnol, — père de Zornde* Diego, confident de dtai Fernandès,
MidOüA, — vieil esclave.
llncAS,
Skawo, \
MiRRHA.
esclaves.
ZoRAÏDE, — blanche, — élevée par Mbcrbat Loyse, — confidente de Zoraïde.
CoBA, — . esclave,, — fonuna de Uncas.
Esclaves des deux sexes.
Domestiques blancs.
TYoupcs espagnoles.
Md RAOUL
(La scène se passe, — au premier acte, au milieu d’une forêt, dans les deux autres, sur l’habitation de Fernandès.)
Raoul avait fait de la couleur locale, — au moyen d’une trentaine de mots retenus au hasard, — palmiers, bananes, savanes, bambous, etc. ; — mais il ne savait pas plus les mœurs de ces pauvres arbres que les mœurs des Espagnols et des Américains. — Il jouait lui-même tous les rôles, — comme le directeur des théâtres de marionnettes, en changeant sa voix de son mieux , — c’est-à-dire que tous ses personnages n’étaient que des personnifications de ses idées à lui. — De môme son paysage était pris sur quelque paysage normand ; — il remplaçait les pommiers par des palmiers, — les roseaux des mares par des bambous, etc.
Il n’y avait au fond de tout cela de vrai que les deux amours, l’un pour Marguerite, l’autre pour la liberté. — Fernandès était peint d’après son professeur de quatrième, qui l’avait en son temps écrasé de pensums. — Marguerite avait posé pour Zoraïde ; — mais Raoul ne connaissait pas plus Marguerite que Zoraïde. — Marguerite était pour lui — ce chêne auquel les Gaulois attachaient tant de riches dépouilles et d’offrandes précieuses, qu’il finissait par mériter une partie des hommages qu’on lui avait rendus d’abord. — Certes, Marguerite était une ravissante et poétique créature, — mais c’était par hasard qu’elle était telle que Raoul la voyait ; — elle eût été tout autre, — qu’il l’eût vue néanmoins comme il la voyait. — Cependant il fallait
RAOUL iOf
qu’elle réuûît les quelques conditions nécessaires pour ne pas rendre impossible le rôle idéal qu’elle avait à jouer ; — il fallait une grande douceur dans le visage, — quelque chose de frêle et de chaste dans les formes.
— Ainsi Esther, qui était une charmante fille également, — ne pouvait cependant jouer ce rôle, — tout en étant très-capable d’en jouer un autre aussi ravissant.
— Elle avait des formes trop développées, — trop de vivacité mutine dans le regard et dans les gestes. — Et, de plus, elle avait sur la lèvre supérieure l’ombre à peine visible d’un léger duvet.
Revenons à la tragédie.