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adonné, il ya deux ans, sa dernière poupée. Pour elle, elle s’occupe sérieusement de tenir la maison de son père. — Elle est sérieuse sans être triste; son père, qui ne la- menait dans le monde qu’en s’en imposant à .lui-même le devoir, n’a pas beaucoup insisté quand elle lui a dit que le monde la fatiguait sans l’amuser. Ses grands plaisirs sont d’attendre et de voir la tante Clémence. Félix, qui a fait des amis et des connai.ssances, ne reste pas bien souvent le dimanche à la maison. La tante Clémence a pensé qu’il n’était pas convenable que Raoul y vînt quand Félix n’y était pas; d’ailleurs son amour constant pour le jeu de loto commençait à manquer de vraisemblance. Il ne vient -plus que de temps à autre, — mais il va voir la tante Clémence deux ou trois fois par semaine. — Tous deux parlent de Marguerite ; — mais il s’en faut de beaucoup ique l’-avenir se présente aussi beau à mesure qu’il devient le présent. — Quand Raoul était au collège, il di- -sait : — En sortant du collège, je ferai mon droit ou j’apprendrai la médecine. — Mais la mort de son père 'iluia enlevé les ressources sur lesquelles il comptait •peur commencer cette nouvelle éducation ; — il ne lui I veste que la carrière de l’instruction ; — mais il ne peut •encore admettre les dépenses et les lenteu***^ de l’école ■ normale — et des grades de bachelier et de docteur. —
>il est des difficultés de sa vie qu’il cache à la tante Clémence, et qu’en effet il est obligé de lui cacher. 11 ne • peut parler de ses affaires d’argent qu’au, degré où ce >in^est plus l’aveu d’un besoin matériel qui entraîne l’offre d’un secours.
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Sa pauvreté lui ferme les deux ou trois catriêrès au terme desquelles le travail, trouve une récompense, dans un travail plus facile et enfin dans le repos, les dqux ou trois carrières que l’on suit en ligne droite.
— Ului faut rester une sorte d’ouvrier, travaillant à la journée, —jl’étant pas plus avaqcé aujourd’hui qu’il ne l’était hier et qu’il ne le sera demain. Il donne des l^ons, — de ce qu’il a appris, ■— de latin et de grec.' — Son seul espoir avoué est un hasard qui lui donnera un bon écolier, c’est-à-dire l’éducation de quelque enfant de famille, — pour que le produit de son travail dépasse quelquepeu ses plus stricts besoins.
,.AJors il pourra recopûmencer- à 'tfavailler, ~ ac-V . quérir dans la seule carrière qui lui reste un grade qui ' soit un titre et une propriété. Il ne parle à la tante^é* mence que <lu but, sans dire qu’il n’a pas jpû-enbore se mettre en route. — U a revu Marguerite une fois chez la tante Clémence, c’est lorsque son père est mort; elle a voulu lui montrer ses yeux rouges des larmes qu’elle avait versées de la douleur de son fiancé; et la tante a consenti à celte entrevue. — - Marguerite vit dans la retraite, avec ses trésprs, — la lettre de Baoul,' la petite fleur cueillie dans l’ile Saint-Denis, et sa foi,, que ne vient jamais obscurcir le doute le plus léger. .Elle s’est enveloppée si chastement de* son amour, que par un instinct secret, et sans comprendre pourquoi, aucun homme ne songe à s’occuper d’elle, toute jolie et charmante qu’on la trouve avec raison. Elle a réalisé la figure de la vestale efitretenant religieusement le feu sacré, que sa tante lui a donnée pour modèle.